Retraite: une baisse des pensions de ceux qui refusent de travailler plus longtemps?

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La rédaction de France-Soir
Publié le 23 janvier 2019 - 11:06
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La réforme des retraites vers un système universel par points, piste privilégiée par le gouvernement, va "changer le système social français", selon Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
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© PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives
Les retraites vont-elles être réduites pour ceux qui partent pourtant à l'âge légal?
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Selon le journal "Le Parisien", le gouvernement travaille sur une hypothèse particulièrement délicate pour la future réforme des retraites, celle d'imposer un malus aux salariés qui décident de liquider leurs droits à 62 ans même en ayant tous leurs trimestres.

Il ne s'agit encore que de projets. Mais l'une des hypothèses est potentiellement explosive et promet de mobiliser les colères contre la volonté du gouvernement de réformer le système des retraites. Le journal Le Parisien dévoile le contenu d'un document de 14 pages adressés aux partenaires sociaux par Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites.

L'idée principale des différents scénarios serait, sans grande surprise, de majorer via un système de points et de surcote le niveau des pensions pour un salarié liquidant ses droits au-delà de l'âge légal auquel il aurait pu le faire. Chaque année travaillée rapporterait des points, dont la valeur serait la même pour tous, et chaque année au-delà de l'âge légal permettent à la fois de gagner plus de points, et d'augmenter la valeur desdits points (de 3% à 5% selon les projections).

Mais c'est un autre scénario assez proche qui apparaît plus sulfureux. Il prévoirait en effet de créer une décote, un "malus", pour les salariés qui, tout en ayant atteint l'âge de partir à la retraite, n'atteindrait pas un "âge de référence" qui serait lui calculé pour chaque salarié selon des critères liés à la carrière, ou selon la génération à laquelle appartient le futur retraité. Exemple: si un salarié atteint l'âge de la retraite à taux plein (62 ans) mais si la réforme a défini que son "âge de référence" est de 64 ans, il pourra certes liquider ses droits à 62 ans, mais ceux-ci seront minorés. Une manière, discutable, d'inciter les futurs pensionnés à retarder leur départ sans toucher sur le plan formel à l'âge de la retraite, Macron s'était engagé à ne pas revenir sur la barre symbolique des 62 ans.

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Cette hypothèse serait assez proche, dans l'esprit, du bonus-malus (appelé "coefficient de solidarité") rentré en vigueur le 1er janvier pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco et qui impose une retenue pour ceux qui ne retarde pas leur âge de départ à la retraite.

Précision: le dispositif n'est encore qu'à l'état de projet et rien n'indique qu'il sera retenu dans le dispositif de loi que présentera le gouvernement… après les élections européennes.

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