VTC: trêve des blocages, le gouvernement somme Uber de dialoguer

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VTC: trêve des blocages, le gouvernement somme Uber de dialoguer

Publié le 16/12/2016 à 20:32 - Mise à jour à 20:33
©Kai Pfaffenbach/Reuters
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Les représentants de chauffeurs VTC en colère ont décidé une "trêve" des blocages pendant 24 heures pour permettre à Uber de les recevoir, a annoncé ce vendredi le gouvernement, sans réussir à mettre totalement fin à la mobilisation entamée jeudi .

Les organisateurs ont convenu "d'une pause jusqu'à demain (samedi) midi", mais ils "reprendront les opérations" s'ils ne sont pas reçus d'ici là, a confirmé à l'AFP Sayah Baaroun de l'Unsa-VTC. En attendant, "on a appelé les chauffeurs à venir grossir les rangs" devant le siège d'Uber (nord-est de Paris), où une centaine de manifestants étaient rassemblés en fin de journée, a ajouté Helmi Mamlouk de CAPA-VTC.

Les représentants des chauffeurs se sont engagés à ne pas perturber l'accès aux aéroports, ciblés par des barrages filtrants ce vendredi 16 à la veille des départs en vacances. Ils "ont décidé une trêve des blocages de la voie publique pendant 24 heures pour permettre à la société Uber de les recevoir dans ces délais", a indiqué le secrétariat d'Etat aux Transports après avoir reçu une délégation.

Celle-ci a pu "exprimer les difficultés rencontrées par les chauffeurs dans leurs relations avec les plates-formes" de réservation des VTC, a remarqué le ministère dans un communiqué, en mentionnant les problématiques des revenus et de la couverture sociale.

Le gouvernement a "demandé à la société Uber d'engager des discussions avec l'ensemble des organisations syndicales, conformément à la pratique des autres plates-formes françaises et au bon fonctionnement des relations sociales", a-t-il ajouté. Plus tôt vendredi, la filiale française d'Uber avait dénoncé des "actes de violence, menaces et blocages" liés à un mouvement "pas représentatif" de la profession et estimé que "les conditions d'une discussion n'étaient en aucun cas réunies".

Elle n'a pas réagi dans l'immédiat aux injonctions du gouvernement, qui a aussi dit condamner "fermement toutes les formes de violence constatées dans ces manifestations". Les manifestants dénoncent "l'humiliation" que leur feraient subir les plates-formes de réservation, en pratiquant notamment une politique tarifaire jugée défavorable aux chauffeurs et décidée sans concertation.

Après avoir bloqué jeudi la porte Maillot, axe de circulation très fréquenté de l'ouest parisien, les manifestants ont organisé vendredi matin des barrages aux accès de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly, qu'ils ont levés en milieu de matinée pour regagner la capitale.

Les policiers ont signalé des "fumigènes, jets d'œufs et de farine" par des manifestants, pour "certains cagoulés". Le préfet délégué aux aéroports Philippe Riffault a mis en cause "le comportement de certains chauffeurs de VTC obligeant des clients de VTC ou taxis à descendre du véhicule, parfois brutalement, provoquant la peur des passagers". Ces comportements sont "inadmissibles et discréditent leurs auteurs", a-t-il déploré.

Récemment, Uber a fait un geste en augmentant de 10 à 15% les prix de son service classique UberX. Mais elle a dans le même temps relevé de 20 à 25% la commission prélevée sur chaque course. L'entreprise a répété vendredi que le mouvement de protestation était "sans rapport avec les récents changements tarifaires" qui ont permis une hausse du revenu des chauffeurs partenaires "d'environ 5%".

Les associations de chauffeurs avaient qualifié ces annonces de "fumisterie". Selon elles, l'évolution tarifaire ne comble pas les pertes enregistrées depuis la baisse de 20% décrétée par Uber à Paris en octobre 2015.

L'Assemblée nationale examinera lundi en seconde lecture le projet de loi du député PS Laurent Grandguillaume qui vise à "pacifier" les relations dans le transport public de la personne, notamment entre taxis et VTC, lutter contre l'emprise des plateformes sur les chauffeurs et durcir l'accès à cette dernière profession. Le texte, adopté en première lecture au Sénat le 3 novembre, reviendra devant la Chambre haute en janvier pour un vote définitif.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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