Scandale des œufs contaminés: les autorités belges au courant depuis juin

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Scandale des œufs contaminés: les autorités belges au courant depuis juin

Publié le 09/08/2017 à 11:06 - Mise à jour à 11:16
© KRISTOF VAN ACCOM / Belga/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Le scandale des œufs contaminés ne cesse de prendre de l'ampleur depuis début août. Si les risques pour la santé semblent modérés, l'affaire met en évidence la difficulté à éviter une dissémination rapide des produits, alors que l'existence d'une contamination était connue depuis plus d'un mois.

Les œufs contaminés au Fipronil ont été distribués dans plus d'entreprises basées en France que ce qui avait été dévoilé à l'origine. Après celui de la viande de cheval, il s'agit d'un nouveau scandale sanitaire dont les proportions semblent s'amplifier au fil des jours, et marqué par une révélation tardive.

Les premières informations n'ont en effet été dévoilées que le 1er août par les autorités néerlandaises, soit près d'un mois et demi après que les premiers cas ont été détectés, le 19 juin dans une exploitation belge.

Ce n'est qu'un mois plus tard que la Commission européenne a été informée de la situation. L'Autorité fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a précisé que la Belgique avait procédé à des retraits préventifs et discrets dès le mois de juillet.

Une discrétion qui n'aurait donc pas empêcher de prendre les mesures qui s'imposaient mais qui ajoute à la méfiance des consommateurs. De même que la difficulté à tracer les produits concernés. En effet, la France était encore considéré samedi 5 comme épargnée par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation  qui restait toutefois prudent, à raison.

Dès lundi, il annonçait que "treize lots d'œufs contaminés en provenance des Pays-Bas" avaient été livrés en juillet à des entreprises de transformation alimentaire situées dans l'ouest de la France. Ces œufs ont été livrés "entre le 11 et le 26 juillet", c'est à dire alors que les autorités belges puis européennes étaient au courant de l'existence d'un problème. Un élevage de poules pondeuses a également été bloqué dans le Pas-de-Calais.

Mardi 8, cinq entreprises françaises avaient été repérées dans la Vienne, le Maine-et-Loire, le Pas-de-Calais, le Nord et le Morbihan.

A l'origine de ce scandale se trouverait un insecticide falsifié, commercialisé sous l'appellation DEGA, destiné à lutter contre le pou rouge, parasite très néfaste pour les poules pondeuses. Celui-ci contenait du Fipronil, produit dont l'utilisation sur les animaux destinés à la consommation est interdite au sein de l'Union européenne. Le ministre allemand de l'Agriculture a dénoncé "une énergie criminelle quasiment organisée en réseau".

Une autre question se pose désormais: le Fipronil a-t-il également contaminé la viande de poulet? Des analyses sont actuellement menés aux Pays-Bas. Les risques seraient cependant faibles car les poulets destinés à finir dans les assiettes ne sont pas exposés aux pou rouge, contrairement aux poules pondeuses.

L'OMS classe le Fipronil parmi les pesticides ayant une "dangerosité modérée" pour l'homme, à partir de tests chez l'animal.

Il n'a pas d'effet cancérogène prouvé, mais peut, à haute dose, provoquer des troubles neurologiques et des vomissements, notamment en cas d'ingestion volontaire (tentative de suicide).

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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La Belgique avait procédé à des retraits préventifs et discrets dès le mois de juillet.

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