Adecco voit sa croissance ralentir en Europe malgré un bond de son bénéfice

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Par Nathalie OLOF-ORS - Zurich (AFP)
Publié le 06 novembre 2018 - 14:10
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Adecco, numéro un mondial du travail temporaire, lance une plateforme pour les auto-entrepreneurs
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Logo d'une agence Adecco à Nantes, le 16 mars 2017
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Le groupe suisse Adecco, numéro un mondial du travail temporaire, a comme attendu fait état d'un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre, malgré un bond de son bénéfice, face à la décélération des embauches en Europe.

Pour la période allant de début juillet à fin septembre, la progression de ses revenus s'est limitée à 2% à 5,9 milliards d'euros, contre 4% au trimestre précédent, a indiqué le groupe dans un communiqué. Et cette décélération s'est poursuivie, la croissance combinée pour les mois de septembre et octobre atteignant seulement 1%, a ajouté Adecco qui donnait un premier aperçu de la tendance pour l'automne.

Son bénéfice a toutefois plus que doublé, bondissant de 119%, à 270 millions d'euros, en grande partie grâce à un gain sur la cession de ses parts dans Beeline, une plateforme qui propose des outils de gestion du personnel temporaire aux entreprises. Le gain sur cette cession s'est monté à 113 millions d'euros, a-t-il quantifié.

Ce bénéfice dépasse toutefois nettement les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP, qui l'attendaient en moyenne à 220 millions, soutenant l'action qui s'adjugeait 2,33% à 13H21 GMT, atteignant 49,15 francs suisses. Par comparaison, le SMI, l'indice des valeurs phares de la Bourse suisse, perdait 0,41%.

Cette décélération des revenus avait été largement anticipée. Mi-septembre, lors d'une journée pour les investisseurs, Adecco avait déjà fait savoir que le rythme des embauches pour les postes temporaires s'était essoufflé pendant l'été.

-Troisième trimestre "difficile"-

De surcroît, ses grands concurrents, l'Américain Manpower et le Néerlandais Randstad, ont, eux aussi, récemment fait état d'un ralentissement similaire dans le placement de personnels en Europe.

Ce troisième trimestre a été "difficile, avec un ralentissement de la croissance dans un certain nombre de marchés européens", a reconnu Alain Dehaze, son directeur général, cité dans le communiqué.

En France, son plus gros marché, ses recettes ont suivi une trajectoire descendante, progressant de 5% durant le troisième trimestre, après une croissance de 8% au deuxième trimestre et de 10% au premier.

"Le marché a ralenti un peu partout, dans la logistique, dans la construction ou encore dans le commerce de détail", a expliqué M. Dehaze lors d'un entretien avec l'AFP.

La demande de personnel temporaire reste néanmoins portée par l'industrie et l'automobile. Le placement permanent y a également progressé de 30%, a-t-il souligné.

Tous les grands marchés européens ont été touchés par ce ralentissement, ses revenus se contractant de 2% en Allemagne, Autriche et Suisse et de 1% dans la Péninsule ibérique, après une longue phase de croissance à deux chiffres en Espagne et au Portugal.

Sa croissance s'est également fortement tassée en Italie, un autre marché où Adecco avait connu une forte expansion, ses recettes n'y progressant plus que de 6%, contre 17% au trimestre précédent.

"Les résultats d'Adecco révèlent un ralentissement clair et prononcé de l'emploi temporaire sur tous les marchés européens", a réagi Michael Foeth, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier, notant cependant que le groupe suisse a mieux tiré son épingle du jeu que ses concurrents en France, son marché clé en Europe.

Christian Weiz, analyste chez Baader Helvea, a pour sa part jugé ces résultats "solides", notant que le groupe semble s'être adapté "rapidement" et avoir procédé aux ajustements nécessaires sur ses coûts afin de protéger ses marges.

Adecco a notamment maintenu son objectif de gains de productivité de 50 millions d'euros cette année. En France, la réforme du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui sera transformé en baisses de charges pérennes en 2019, devrait toutefois avoir un impact ponctuel sur ses marges au dernier trimestre, a précisé le groupe.

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