Le marché de l'art porté par des musées avides d'oeuvres

Le marché de l'art porté par des musées avides d'oeuvres

Publié le :

Vendredi 03 Août 2018 - 10:14

Mise à jour :

Vendredi 03 Août 2018 - 10:16
© FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives
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Par Aurélie MAYEMBO - Paris (AFP)

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Fini les achats de milliardaires, ce sont désormais les musées qui acquièrent la majeure partie des oeuvres mises aux enchères, selon le rapport semestriel d'Artprice, faisant état de la très bonne santé du marché de l'art.

Avec un bond de 18% au premier semestre, ce marché est au beau fixe: le produit des ventes aux enchères de "Fine Art" (peinture, sculpture, dessin, photographie, estampe, installation) s'est établi à 8,45 milliards de dollars dans le monde, indique vendredi le rapport transmis à l'AFP du leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art.

Fait notable: "environ trois quarts (72%) des achats supérieurs à un million de dollars sont aujourd'hui le fait de musées", souligne le président-fondateur d'Artprice, Thierry Ehrmann, avec des ouvertures de musées qui ne cessent d'augmenter. "Il y a plus de créations de musées depuis 2000 que durant tout le 19e et 20e siècles. Et il s'en crée 700 par an en Chine", une des plaques tournantes du marché.

Début 2018, ce sont les Etats-Unis (3,3 milliards de dollars de ventes, 40% du marché) qui ont tiré la croissance, devant la Chine (2 milliards, 24%) avec qui ils sont souvent au coude à coude, et le Royaume-Uni (1,9 milliard de ventes, 22%).

- Vente Rockefeller -

Une prouesse réalisée sans vente exceptionnelle comme celle du "Salvator Mundi" de Leonard de Vinci en 2017, une transaction à 450 millions de dollars qui représentait à elle seule 3% du chiffre d'affaires mondial.

En début d'année, le marché a été soutenu outre-Atlantique par la dispersion de la collection Rockfeller, forte de chefs d'oeuvres de Picasso, Matisse et Monet. "La vente du 8 mai a totalisé à elle seule 646 millions de dollars", avec une toile de Picasso, période bleue, qui s'est envolée à 115 millions, souligne Artprice.

Point fort du marché américain: sa concentration en ventes haut de gamme (plus de 5 millions de dollars). "Les six plus belles adjudications du premier semestre ont eu lieu au mois de mai à Manhattan", souligne le rapport.

Résistant aux craintes suscitées par le Brexit, le marché britannique est également en bonne position sur ce créneau, notamment pour les grandes signatures européennes comme l'Allemand Gerhard Richter, "l'artiste vivant le plus performant du marché" et Picasso, écrasant numéro un des ventes mondiales.

En Chine, les ventes se sont en revanche repliées de 7% au 1er semestre, période traditionnellement défavorable, les enchères les plus prestigieuses se déroulant en décembre à Pékin. La situation devrait s'inverser dans la seconde partie de l'année. Et une réorganisation du marché, visant à limiter les invendus (à hauteur de 57% actuellement), pourrait encore renforcer la position de Pékin.

La France conserve la quatrième position (4% des ventes) devant l'Allemagne (1,5%), l'Italie (1,4%) et la Suisse (0,9%), des places moins tournées vers le haut de gamme.

- 20e siècle à l'honneur -

Cette santé éclatante du marché de l'art s'accompagne d'une domination des oeuvres du 20e siècle (représentant 80% du produit des ventes au 1er semestre), avec un intérêt marqué pour la période comprise entre 1900 et 1940, rassemblant à la fois "les derniers chefs d'oeuvre impressionnistes et l'avènement de l'art moderne".

Parmi les dix oeuvres les plus chères de ce début d'année, huit appartiennent à ces décennies, dont une composition du Russe Malevitch vendue en mai dernier à 85,8 millions de dollars chez Christie's à New York, soit 25 millions de plus que lors de son acquisition dix ans plus tôt.

Mais l'engouement des investisseurs se porte surtout sur les oeuvres contemporaines, notamment celles de Warhol et Basquiat, qui figurent parmi les cinq artistes les plus cotés au monde, devant le peintre chinois Zao Wou-Ki (en 6e position), qui fait actuellement l'objet d'une rétrospective à Paris.

A la traine pendant plusieurs années, la Chine a acquis aujourd'hui une place considérable sur le marché de l'art, et compte désormais 128 artistes parmi les 500 les plus cotés au monde, dont Zhang Daqian, Qi Baishi, Fu Baoshi, loin devant les Etats-Unis (82) et la Grande-Bretagne (27).

Fini les achats de milliardaires, ce sont désormais les musées qui acquièrent la majeure partie des oeuvres mises aux enchères, selon le rapport semestriel d'Artprice


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