Décès de Georges Courtois, preneur d'otages aux assises de Nantes

Décès de Georges Courtois, preneur d'otages aux assises de Nantes

Publié le :

Mardi 19 Mars 2019 - 19:47

Mise à jour :

Mardi 19 Mars 2019 - 20:04
© GEORGES GOBET / AFP/Archives
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Par Sandra FERRER - Quimper (AFP)

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Auteur d'une spectaculaire prise d'otages en 1985 à la cour d'assises de Nantes, Georges Courtois qui se définissait comme un "malfaiteur professionnel", est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à Quimperlé. Son corps, retrouvé dans un appartement en feu, a été identifié mardi.

"Il a été identifié (...) Par contre, son décès n'est pas consécutif à l'incendie", a indiqué à l'AFP Marie-Noëlle Collobert, vice-procureure de la République de Quimper. Les causes de la mort ne sont pas déterminées mais toute intervention d'un tiers est exclue, selon Mme Collobert, qui a précisé ne pas disposer encore du rapport complet de l'autopsie, pratiquée dans la matinée.

L'incendie s'était déclaré dans un appartement dont Georges Courtois, âgé de 71 ans, était locataire. L'ex-braqueur était en voie d'expulsion, selon la gendarmerie de Quimperlé.

Georges Courtois avait eu son "quart d'heure de célébrité" le 19 décembre 1985 lorsqu'avec deux complices il avait pris en otage une trentaine de personnes --magistrats, jurés, journalistes... -- dans la salle d'assises du palais de justice de Nantes, alors même qu'il était jugé pour un hold-up.

Un fait d'armes très médiatisé que Courtois avait raconté dans ses mémoires, "Aux marches du Palais", parues en novembre 2015 aux éditions du Nouvel Attila.

L'un de ses complices, Abdelkarim Khalki, qui s'était dit membre du groupe palestinien Abou Nidal, était parvenu à introduire des armes dans la salle. Il était entré "par la grande porte". Avec, cousus dans sa veste, "huit calibres, six grenades, deux paires de menottes, une chaîne d'un mètre de long avec cadenas, une cartouche de Gitanes, des cigares, une radio...", détaillait Courtois dans son livre.

Le 20 décembre, dans l'après-midi, irrité de ne pas voir arriver les voitures réclamées aux policiers pour sa fuite, il s'affiche, enchaîné au président de la cour d'assises sur les marches du palais. Un pistolet dans chaque main, une cigarette aux lèvres, il tire en direction de la foule amassée sur la place du palais de justice. L'image fera le tour du monde.

- première intervention du Raid -

La spectaculaire prise d'otages n'avait pris fin que 34 heures plus tard sur la piste de l'aéroport de Nantes, après la reddition, sans effusion de sang, des trois malfrats. C'était alors la première intervention des hommes du Raid, l'unité d'élite de la police tout juste créée à l'initiative de Robert Broussard.

Depuis la voiture des policiers, vitre baissée, le braqueur avait lancé aux micros et caméras: "Je vous annonce que nous considérons cette affaire comme un demi-échec, c'est-à-dire comme un demi-succès".

"Ils allaient me mettre 20 ans de toute façon (pour les braquages). Pour moi, c'était gratuit", témoignait-il en décembre 2015, attablé à son "QG" nantais, un verre de Muscadet et un paquet de Gitanes toujours à portée de main.

"On était dans une pièce de théâtre. Il voulait parler à la télévision, avoir son quart d'heure de célébrité. C'était un coup d'éclat, sa manière de dire merde à la justice", avait témoigné Bernard Dussol. A l'époque rédacteur en chef à France 3 Nantes, il avait été convoqué par le trio pour filmer avec son équipe la prise d'otages, mais "pas du tout le pistolet sur la tempe".

Pour ces faits, Georges Courtois avait été condamné en 1988 à vingt ans de réclusion. En 2006, il avait été condamné par la cour d'assises de Loire-Atlantique à douze ans pour deux braquages à l'automne 2000. Il avait été libéré en 2014, après 34 ans passés en prison, assurant quelques mois plus tard avoir "raccroché". "J'ai 68 ans, j'ai commencé ma carrière à 14 ans, c'est 54 ans de cotisations!" avait-il lancé en décembre 2015.

L'ancien preneur Georges Courtois le 9 décembre 2015 à Nantes


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