Incendies dans le Gard: les feux maîtrisés, l'enquête se poursuit

Incendies dans le Gard: les feux maîtrisés, l'enquête se poursuit

Publié le :

Samedi 03 Août 2019 - 14:35

Mise à jour :

Samedi 03 Août 2019 - 22:10
© Pascal GUYOT / AFP
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Par Estelle EMONET, Ysis Pecq - Générac (France) (AFP)

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L'enquête s'est poursuivie samedi après la libération de deux personnes interpellées le veille à propos de l'incendie qui a brûlé plus de 300 hectares de forêt vendredi à Générac dans le Gard et coûté la vie à un pilote de bombardier d'eau.

"Les deux personnes qui ont été interpellées hier et placées en garde à vue à Générac ont été remises en liberté" vers midi, a précisé le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel à un correspondant de l'AFP.

Un peu plus tôt, lors d'une conférence de presse à la base aérienne de la sécurité civile à Nîmes, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait indiqué que vendredi "au moment du deuxième incendie de Générac" deux personnes avaient été placées en garde à vue. "Il y a eu le signalement de trois personnes qui auraient pu être incendiaires: deux personnes ont été interpellées et des éléments de l'enquête semblent laisser penser qu'elles peuvent être responsables", avait-il détaillé.

"Nous avons des suspicions, mais nous n’avions pas assez d’éléments pour les garder. Nous avons besoin de temps pour enquêter davantage. L’avancée de l'enquête nous dira s’il faut les interpeller à nouveau ou pas", a précisé à l'AFP le lieutenant colonel de gendarmerie Didier Ressayre.

Mardi et mercredi un premier incendie avait déjà frappé Générac ravageant 500 hectares de forêt. En tout plus de 800 hectares sont ainsi partis en fumée dans la commune au cours des deux incendies. "Nous avons retrouvé sur site des éléments qui semblent caractériser l'intentionnalité, le caractère criminel de l'incendie", a annoncé M. Castaner.

Pour le maire de la commune Frédéric Touzellier, il ne faisait aucun doute vendredi que le feu était d'origine criminelle. Vendredi entre huit et dix départs de feu quasi simultanés, entre 14h30 et 15h00, ont été recensés par les secours au sud de Nîmes, entre Saint-Gilles et Vauvert. Parmi eux, ce nouveau départ à Générac, encore au bord de la D14, comme pour l'incendie de mardi, incendie pour lequel le procureur de Nîmes avait clairement privilégié la piste criminelle.

"Nous ne laisserons passer aucune enquête et nous mettrons tous les moyens à chaque fois qu'il y a un incendie pour que ceux qui de façon irresponsable font courir des risques à la vie de celles et ceux qui combattent les feux et ceux qui vivent sur ce territoire (...) soient systématiquement appréhendés et mis à disposition de la justice", a ajouté le ministre.

Le feu qui a été maîtrisé samedi matin est toujours sous surveillance. Un dispositif est maintenu pour la nuit et jusqu'à dimanche pour "poursuivre les travaux de surveillance et de traitement des lisières",a précisé à 21H30 le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Gard.

A Vauvert, où un autre feu s'était déclenché vendredi, brûlant 170 hectares, le feu était "en très bonne voie d’extinction", a également ajouté le Sdis samedi soir.

"La situation météorologique reste particulièrement défavorable et toutes les conditions sont réunies pour que de nouveaux feux puissent survenir", mettent néanmoins en garde les pompiers .

- Pilote expérimenté -

Le pilote du bombardier d'eau qui est décédé dans la chute de son appareil vendredi en tentant d'éteindre le feu de Générac aurait "perdu ses repères". "Le pilote, qui était en phase descendante, est entré dans une colonne de fumée très épaisse et a percuté la cime des arbres", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP. "C'est un problème d'estimation du pilote qui est entré dans un nuage très sombre et a perdu ses repères".

Le responsable de la flotte Tracker était juste au-dessus de lui et a assisté à l’accident, a aussi précisé le ministre. La victime, âgée d'une cinquantaine d'années et père de deux enfants, était un homme expérimenté qui avait piloté "un Mirage 2.000", a ajouté M. Castaner

Une enquête a été ouverte sous l'autorité du parquet et confiée à la section de recherches de gendarmerie de Nîmes, ainsi que du côté du Bureau enquêtes accidents.

De tels accidents sont rarissimes. Le dernier drame similaire date de 2005 lorsqu'un Canadair s'était abîmé en mer, avec son pilote et son copilote, à Calvi en Haute-Corse.

Un pompier déverse de l'eau le 3 août 2019 dans un jardin brûlé de Générac (Gard) où un feu a détruit près de 800 hectares


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