Les créations d'emploi faiblissent mais résistent au ralentissement européen

Les créations d'emploi faiblissent mais résistent au ralentissement européen

Publié le :

Mardi 10 Septembre 2019 - 12:55

Mise à jour :

Mardi 10 Septembre 2019 - 14:16
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Par Fabrice RANDOUX - Paris (AFP)

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Les créations d'emploi ont ralenti au second trimestre en France, progressant moins vite qu'au premier, mais elles restent néanmoins sur une tendance de long terme positive dans un environnement économique européen difficile.

D'avril à juin, le secteur privé a enregistré 45.800 créations nettes de postes, soit une hausse de 0,2%, après +0,4% au trimestre précédent, selon l'estimation définitive de l'Insee. Ces créations sont deux fois plus faibles que celles du premier trimestre, qui étaient particulièrement élevées avec 100.400 emplois.

Sur un an, l'emploi privé s'est cependant accru de plus de 250.000 postes (+1,1%).

"Ce qui compte c'est la tendance sur le long terme. Chaque trimestre, on crée des emplois. Depuis deux ans on a créé un demi-million d'emplois. On est bien dans une dynamique", a réagi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL.

Au total, l'emploi salarié compte 19,6 millions de postes et augmente de manière continue depuis le 2e trimestre 2015.

"Ce n'est pas une confirmation de l'accélération du premier trimestre mais ce n'est pas non plus une mauvaise nouvelle. On est sur la tendance moyenne favorable qu'on connaît depuis 2016", a commenté à l'AFP Yannick L'Horty, professeur d'économie à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

"Eu égard au modeste niveau de croissance (+0,3% au deuxième trimestre), ce rythme reste satisfaisant et illustre l'enrichissement de la croissance français en emplois", juge-t-il.

Même sentiment de Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.

"Cela ralentit, mais pas tant que ça vu l'environnement européen franchement préoccupant. On n'a pas de rupture contrairement à l'Allemagne ou au Royaume-Uni", estime-t-il.

Face au ralentissement de l'activité au sein de la zone euro (+0,2% au deuxième trimestre, avec -0,1% en Allemagne), l'économie française fait de la résistance, portée par une demande intérieure supérieure à celle de ses voisins. Et le gouvernement table toujours sur une croissance de 1,4% en 2019.

- "On en a encore sous le pied" -

Par secteur, les effectifs restent stables dans l'industrie (+1.400 après +7.900 au 1er trimestre) et les créations ralentissent dans la construction (6.400 après +17.400).

Ce sont toujours les services marchands qui tirent l'essentiel de l'emploi, avec une hausse de 33.900, même si elle est deux fois plus faible qu'au premier trimestre et si l'intérim est en léger recul (- 1.700). L'hébergement et la restauration restent les plus dynamiques (+1,1%), ainsi que les activités informatiques, selon des données publiées mardi par l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss).

Plus surprenant, l'emploi connaît une légère accélération dans la fonction publique (+10.500).

"Globalement, La situation reste robuste, y compris dans l'industrie, et traduit la perception par les chefs d'entreprise d'un environnement moins fragile que nos voisins", selon M. Waechter.

Pour M. L'Horty, ce chiffre de créations d'emploi présente aussi "une évolution cohérente" avec la diminution, lente mais continue, du chômage.

Mme Pénicaud estime même "qu'on en a encore sous le pied, car une entreprise sur deux dit qu'elle n'arrive pas à recruter". Elle compte sur la mise en oeuvre de la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage pour rapprocher les compétences des besoins des entreprises.

Au second trimestre, le taux de chômage a diminué de 8,7 à 8,5% selon les normes du Bureau international du travail (BIT). Il a retrouvé son niveau de début 2009 et reculé de 0,6 point sur un an.

Interrogée dimanche sur l'objectif du gouvernement d'un taux de chômage à 7% en 2022, Mme Pénicaud avait estimé que "cet ordre de grandeur est possible s'il n'y a pas de changement macroéconomique, géopolitique mondial qui abîmerait la croissance", faisant référence au risque de "guerre commerciale" et en particulier aux tensions entre les États-Unis et la Chine.

far/lum/nth

France-Soir


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