Les Noirs continuent d'être fortement discriminés en France

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Les Noirs continuent d'être fortement discriminés en France

Publié le 18/06/2020 à 13:39 - Mise à jour à 19:24
© Thomas SAMSON / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Karine PERRET - Paris (AFP)

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Les personnes noires continuent de subir des "discriminations nombreuses" en France, selon le rapport d'un organisme officiel publié jeudi, qui prône la "décolonisation des esprits", au moment où des manifestations contre le racisme ont rassemblé des milliers de personnes ces dernières semaines.

Il faut "décoloniser les esprits", assène le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) remis au Premier ministre Édouard Philippe.

Si le document de quelque 350 pages a été bouclé en mars, il fait écho à l'actualité de ces dernières semaines et aux manifestations contre le racisme et les violences policières.

Samedi, des milliers de personnes ont défilé dans les rues, à l'appel de la famille d'Adama Traoré, un jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes.

"Il s'agit bien d'une actualité immédiate", a souligné Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH.

La commission relève un paradoxe: "Alors que la minorité noire est avec la minorité juive celle qui a la meilleure image", selon son baromètre sur la tolérance des Français, "elle est en butte au quotidien à des préjugés offensants et des discriminations nombreuses".

"Sur les réseaux sociaux ou dans les stades, s'exprime un racisme antinoirs extrêmement cru, animalisant et violent, construit par opposition à une norme blanche", constate-t-elle.

Selon la Commission, "c'est tout à la fois une histoire, une culture et un ensemble de préjugés qui sont à la racine du racisme antinoirs".

"Comme la lutte pour l'égalité femme-homme, le combat contre le racisme envers la minorité noire nécessite une prise de conscience du phénomène par la société dans son ensemble, une décolonisation des esprits", écrit-elle.

La CNCDH pointe aussi "la surreprésentation des personnes noires dans des métiers peu qualifiés" comme femmes de ménage, nourrices, aides-soignantes pour les femmes; éboueurs, vigiles, tâches très physiques pour les hommes.

- Pas de statistiques ethniques -

Elle rappelle en outre une enquête du Défenseur des droits (2016) selon laquelle, lors d'un contrôle d'identité, les personnes "qui se considèrent comme noires" sont "davantage victimes de comportements non conformes à la déontologie policière et courent davantage le risque d'être tutoyées, insultées, voire brutalisées".

La commission presse donc les pouvoirs publics "de développer des enquêtes permettant de mieux connaitre les discriminations", de développer les outils comme les testings, "en particulier dans les services publics, les commissariats et les gendarmeries", sans pour autant franchir le cap des statistiques ethniques, interdites en France.

Le président Emmanuel Macron n'est de toute façon guère favorable à leur mise en place, malgré un débat au sein de son gouvernement sur la question. Il a écarté cette semaine cette idée, préférant "des actions concrètes de lutte contre les discriminations".

Son Premier ministre a de son côté estimé jeudi que les constats de la Commission "commandent une prise de conscience collective".

La CNCDH conseille également de lancer des "campagnes de communication contre les stéréotypes envers les personnes noires, notamment en montrant leur diversité sociale, économique et professionnelle".

Elle préconise enfin d'axer davantage les programmes scolaires sur "les racines multiculturelles de la France et leurs apports à la culture nationale".

Auteur(s): Par Karine PERRET - Paris (AFP)


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Assa Traoré, la sœur d'Adama Traoré, lors d'un rassemblement contre le racisme et les violences policières, place de la République à Paris le 13 juin 2020

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