Rémunération des conseillers : Griveaux dénonce un "tir au pigeon", admet une hausse de 27%

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Rémunération des conseillers : Griveaux dénonce un "tir au pigeon", admet une hausse de 27%

Publié le 12/11/2018 à 12:25 - Mise à jour à 20:20
© ludovic MARIN / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP - Paris

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Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dénoncé lundi un "tir au pigeon" contre la classe politique, dénonçant de fausses informations sur la rémunération des conseillers ministériels mais admettant une hausse de 27% de la rémunération brute de son cabinet.

Selon l'annexe au projet de loi de finances 2019 consultée par l'AFP, la rémunération brute totale des cinq membres du cabinet du porte-parole du gouvernement est passée de 295.530 euros en 2017 à 550.782 euros en 2018, soit une augmentation de 86,4%.

"C'est faux", avait réagi lundi matin Benjamin Griveaux sur Europe 1, interrogé sur ces chiffres, que le magazine Capital avait repris avant de reconnaître son erreur. Le vrai chiffre, "c'est 27%", a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Le chiffre de la ligne "rémunération brute totale" pour 2017 est "erroné" car il inclut la rémunération de seulement quatre conseillers, et non des cinq du cabinet, ce qui crée une base de comparaison défavorable dans le document en l'état, a expliqué le cabinet de M. Griveaux.

La rémunération pour 2017 est de 431.580 euros, et non de 295.530 euros, a-t-on précisé, ce qui ramène la hausse en 2018 à 27,6% par rapport à 2017.

Benjamin Griveaux a également justifié cette progression par le fait que ses conseillers "sont plus expérimentés et plus âgés" que les précédents.

Si la rémunération totale de son cabinet est "2,2% au-dessus de la moyenne des cabinets", le quinquennat Macron compte 311 conseillers de cabinet, contre 596 sous Sarkozy ou 522 sous Hollande, a-t-il aussi fait valoir.

Il a critiqué "des gens qui lisent [l'annexe du PL] manifestement avec un parti pris", et indiqué qu'il allait "demander un droit de réponse par voie d'avocat". "Car j'en ai assez que la classe politique soit en permanence victime d'un tir au pigeon", a-t-il ajouté, en assurant que Capital n'avait pas contacté son cabinet.

Dimanche, la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, également citée par Capital, avait souligné sur France 3 que les chiffres n'étaient pas "exacts".

Selon l'annexe au PLF, la rémunération brute totale de ses quatre conseillers en 2018 était de 435.784 euros, en hausse de 25,9% par rapport aux 346.046 euros de 2017 (pour cinq conseillers).

"Mon ancienne directrice de cabinet venait de l'administration donc c'était sur un autre compte", s'est-elle défendue, et "j'ai une nouvelle directrice de cabinet qui n'est pas rémunérée sur la base de l'administration donc ce sont des jeux (d'écriture, NDLR), mais il n'y a pas d'augmentation de salaire", a-t-elle plaidé, avant de reconnaître que "des conseillers ont été augmentés".

"De 10% ou 15%, je trouve pas ça déraisonnable après 18 mois à travailler sept jours sur sept d'arrache-pied", a-t-elle expliqué.

Pour l'ex-député PS René Dosière, qui passe régulièrement au crible les comptes publics, si l'augmentation globale des rémunérations des conseillers ministériels n'excède pas 2,6%, "la rémunération moyenne d'un conseiller ministériel augmente dans 12 ministères dans des proportions choquantes voire scandaleuses".

"Ce n'est peut-être plus les mêmes personnes mais les ministres doivent faire attention. Ils doivent être exemplaires", exhorte l'ex-députés dans son blog repris par plusieurs médias.

Et ce, "compte tenu du contexte économique et financier de l'année 2018 et en particulier de l'évolution des rémunérations dans la fonction publique". Cet été le gouvernement a annoncé la poursuite en 2019 du gel du point d'indice servant de base à la rémunération des fonctionnaires.

Mais là encore, les chiffres avancés par Mr Dosière, qui évoque une augmentation de la rémunération moyenne de "49%", "de 6.000 à 9.000 euros", sont "totalement faux", affirme le cabinet de Mr Griveaux. Selon lui, l'équipe n'était pas la même et la base de calcul est fausse : la moyenne des rémunérations étaient de 7.193 euros en 2017 et non 6.000 euros.

Auteur(s): Par AFP - Paris


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Le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux à l'Elysée, le 25 juillet 2018

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