Législatives en Italie : journée de pause avant le saut dans l'inconnu

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Par Franck IOVENE - Rome (AFP)
Publié le 02 mars 2018 - 13:59
Mis à jour le 03 mars 2018 - 12:12
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(g-d): Giorgia Meloni, leader de Fratelli d'Italia (FdI, extrême droite), Silvio Berlusconi leader de Forza Italia et Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), le 1er mars 2018 lors d'un
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© Alberto PIZZOLI / AFP
(g-d): Giorgia Meloni, leader de Fratelli d'Italia (FdI, extrême droite), Silvio Berlusconi leader de Forza Italia et Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), le 1er
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Le "silence électoral" est tombé samedi sur l'Italie à la veille de législatives qui devraient voir une nouvelle poussée des partis populiste et d'extrême droite et risquent de déboucher sur un Parlement sans majorité stable.

Après deux mois d'une campagne dominée par les questions liées aux migrants, à l'insécurité et à une reprise économique dont les effets tardent à se faire sentir au quotidien, tout commentaire est interdit dans les médias jusqu'à la clôture des bureaux de vote dimanche à 23H00 (22H00 GMT).

Silvio Berlusconi, dont la coalition droite/extrême droite était en tête dans les derniers sondages disponibles mais sans garantie d'obtenir une majorité, a cependant prévu de s'offrir plusieurs bains de foule à Naples, alors que c'est dans le Sud que le vote s'annonce le plus incertain.

Enchaînant les interviews vendredi soir, le vieux milliardaire a promis de créer 500.000 emplois dans ce Mezzogiorno défavorisé, avec l'appui d'Antonio Tajani, actuel président du Parlement européen, qu'il a choisi pour diriger le gouvernement en cas de victoire, puisqu'il est lui-même interdit de toute fonction publique jusqu'en 2019 après une condamnation pour fraude fiscale.

"Tajani a déjà pensé à un programme de fonds pour les infrastructures du Sud, à réaliser en utilisant les fonds structurels européens. A cela s'ajoutent nos mesures immédiates pour supprimer des impôts et des cotisations aux entreprises", a-t-il expliqué.

A Milan, son jeune allié Matteo Salvini, qui a fait de la Ligue autrefois sécessionniste un parti d'extrême droite sur le modèle du Front national français, ne s'est pas rangé derrière M. Tajani.

"A partir de lundi, c'est la Ligue qui gouvernera le pays", a-t-il assuré en reprenant les attaques contre les migrants et contre Bruxelles qui ont mis le feu à la campagne ces dernières semaines.

Devant ses partisans à Florence, le chef de file du centre gauche, Matteo Renzi, a raillé les vieilles promesses recyclées du magnat des médias et appelé au "vote utile" contre l'extrême droite, qui entre la Ligue et d'autres partis pourrait dépasser 20% des voix dimanche.

- Risques de paralysie -

"Je le dis aux électeurs de la gauche radicale et aussi aux modérés: seul le vote en faveur du PD garantit de ne pas laisser ce pays aux mains de Matteo Salvini", a-t-il averti, brandissant aussi la menace d'une alliance post-électorale entre la Ligue et les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S).

Ces derniers ont clôturé leur campagne vendredi soir avec un grand meeting à Rome.

"Ce soir, c'est la fin de la période d'opposition et c'est le début de la période gouvernementale" du M5S, a assuré Luigi Di Maio, le jeune candidat du Mouvement au poste de chef du gouvernement, devant des milliers de sympathisants.

Fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, le M5S avait créé la surprise en raflant un quart des voix en 2013 et pourrait devenir le premier parti du pays, même s'il lui faudrait probablement se résoudre à des alliances pour gouverner.

La publication des sondages est interdite dans les deux semaines précédant le scrutin. Les derniers disponibles, qui signalaient encore des millions d'indécis, plaçaient la coalition droite/extrême droite en tête avec 37% des intentions de vote (dont 17% pour Forza Italia, le parti de M. Berlusconi, et 13% pour la Ligue).

Venaient ensuite le M5S (28%), la coalition de centre gauche (27%, dont 23% pour le Parti démocrate de M. Renzi) et le mouvement de gauche Libres et égaux (6%).

Selon les experts, le seuil pour obtenir la majorité des sièges est de 40 à 45% avec le nouveau système électoral, qui combine scrutin proportionnel et majoritaire.

Inquiète des risques de paralysie politique de la troisième économie de la zone euro, l'Union européenne mise pour sa part sur un accord de grande coalition entre les familles pro-européennes, un "Renzusconi" déjà décrié en Italie et que les intéressés se sont bien gardé d'évoquer pendant la campagne.

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