Comme l'EI, les forces irakiennes adoptent le drone armé

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Par AFP
Publié le 16 mars 2017 - 17:59
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Après les jihadistes, c'est au tour des forces irakiennes de recourir aux drones.
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© ARIS MESSINIS / AFP
Après les jihadistes, c'est au tour des forces irakiennes de recourir aux drones.
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Dans un fourgon blindé à Mossoul, le colonel Hussein Mouayad scrute les images d'un drone transportant deux grenades. Après les jihadistes, c'est au tour des forces irakiennes de recourir à ces objets transformés en armes volantes.

Depuis le lancement à la mi-octobre de l'offensive pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique (EI), les combattants extrémistes n'ont cessé d'utiliser de petits drones pour larguer des bombes sur les soldats.

"Les habitants scrutaient le ciel", craignant les drones de l'EI, explique à l'AFP le colonel Mouayad, veste noire sur son uniforme bleu-gris de la police fédérale.

"Maintenant, c'est l'ennemi qui garde tout le temps les yeux rivés vers le haut. Il nous frappait une fois, nous on peut le frapper jusqu'à quatre fois avec un seul drone", poursuit fièrement le quadragénaire à la moustache noire.

Car avec le début des opérations pour reconquérir Mossoul-Ouest il y a près d'un mois, les drones de reconnaissance aériens des forces irakiennes sont désormais équipés de grenades de 40 mm.

Cette "nouvelle tactique militaire" s'est avérée très efficace, selon le lieutenant-général Raëd Chaker Jawdat, de la police fédérale.

Elle permet "d'éviter les civils et les infrastructures" tout en assénant des "coups directs" à l'ennemi: "des dizaines de terroristes ont été tués et blessés, les mouvements des jihadistes ont été paralysés", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Dans le fourgon du colonel Mouayad, quatre écrans de télévision sont accrochés aux parois. Sur le plancher, un quadricoptère noir doté d'hélices fixées à l'extrémité de quatre bras en croix est prêt à l'emploi.

- "Frappes très précises" -

Sous un siège en cuir noir, une dizaine de petits engins explosifs oblongs, coiffés à une extrémité d'un dôme argenté muni de sa goupille, et de l'autre... la jupe grillagée d'un volant de badminton.

"C'est pour garder l'équilibre, durant la chute", confie le colonel.

Brûlant cigarette sur cigarette, il scrute nerveusement les images retransmises en direct par un drone armé qui survole lentement les rues ravagées de Mossoul-Ouest.

L'appareil s'immobilise au dessus d'une voiture blanche garée près du front. "Un véhicule qui apporte un soutien logistique, qui sert à transporter des combattants ou de la nourriture", commente l'officier.

Il n'y aura toutefois pas de frappes dans l'immédiat en raison de la présence dans les parages d'un appareil capable de brouiller le fonctionnement des drones, utilisé par les forces irakiennes pour se protéger de l'EI.

Le colonel exhibe plusieurs vidéos filmées lors de bombardements précédents: les munitions tombent au ralenti, vraisemblablement sur un groupe de combattants rassemblés devant une mosquée, ou encore sur des voitures, avant que n'apparaisse un minuscule nuage de fumée grise.

"Mossoul-Ouest est très peuplée, les rues y sont très étroites, l'objectif avec ces drones c'était d'avoir des frappes très précises pour viser les terroristes et éviter les habitants", poursuit M. Mouayad.

Il refuse de dévoiler le nombre exact de drones dont disposent ses services, et qui peuvent transporter jusqu'à quatre grenades.

"Jour et nuit, il y a toujours 12 drones dans le ciel, prêts à frapper, 24 heures sur 24", assure-t-il.

- Drones "améliorés" -

Pour allonger leur durée de vol, les appareils de reconnaissance ont été dotés d'une batterie supplémentaire. Ils sont désormais capables de parcourir jusqu'à 8 km, contre moins de 5 km auparavant.

Dans la cour d'un bâtiment ravagé du quartier d'Al-Danadan récemment repris aux jihadistes, le capitaine Baraa Mohamed Jassem, des Forces d'intervention rapide, unité d'élite du ministère de l'Intérieur, observe en silence un drone de reconnaissance qui s'apprête à décoller.

Lui aussi confirme que ses services ont "amélioré" des drones, à l'origine des modèles disponibles dans le commerce, pour permettre aux appareils de larguer des explosifs.

"On a emprunté l'idée à Daech", acronyme en arabe de l'EI, reconnaît-il.

Depuis plusieurs mois, les services de propagande du groupe jihadiste diffusent des images, filmées par des caméras embarquées, d'obus ou de grenades lâchées avec précision par des drones sur des blindés de l'armée irakienne, des rassemblements de soldats ou des convois de 4x4.

"Il est probable que ce genre d'opération devienne plus fréquent et plus mortel", mettait en garde fin janvier dans un rapport le groupe de réflexion américain Combating Terrorism Center (CTC).

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