"Timbuktu": Abderrahmane Sissako: "Chaque dhjihadiste a son histoire "

"Timbuktu": Abderrahmane Sissako: "Chaque dhjihadiste a son histoire "

Publié le :

Mercredi 10 Décembre 2014 - 08:57

Mise à jour :

Mercredi 10 Décembre 2014 - 14:37
Abderrahmane Sissako était l'invité de France Inter ce mercredi. Le réalisateur mauritanien a parlé de son nouveau film, "Timbuktu", qui évoque, parfois avec humour et fraîcheur, les ravages du djihadisme dans le nord du Mali et fut un des favoris des critiques du dernier Festival de Cannes et qui sort dans les salles ce mercredi 10 décembre.
©Benoit Tessier/Reuters
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La sortie du film au moment de la libération de Serge Lazarevic

"C'est une coïncidence extraordinaire, une grande satisfaction comme si le film contribuait à ça, même si ce n'est pas le cas".

 

Les otages évoqués dans le film

"Ces otages dont on ne parle presque jamais et qui donnent de l'espace aux djihadistes. Quand on ne considère pas que l'acte djihadiste est contre l'humanité et les peuples c'est révoltant."

"Une femme flagellée quotidiennement, un jeune homme dont on coupe le bras ou le pied parce qu'il a volé un climatiseur; que des hommes qui viennent de quelque part, pas de l'intérieur, fassent cela il faut se révolter contre eux."

 

Le visage humain des bourreaux dans le film

"Evoquer la violence, dresser le portrait de quelqu'un qui fait un acte monstrueux est dur parce qu'il faut le rendre humain. C'est parce que ce sont des hommes que leur acte est barbare."

"Il faut ne pas tomber dans la caricature, montrer la fragilité des gens qui tombent dans un groupe."

"L'imam est le vrai visage et la voix de l'Islam. Toute religion est pardon, amour et compréhension. L'Islam est prise en otage."

"Ces combattants perdus sont un peu comme ce Normand qui atterrit à Istanbul et se retrouve en Syrie. Il faut élargir la vision de ce mal et ne pas le cantonner à une banlieue défavorisée."

 

Le mystère de l'engagement djihadiste

"C'est difficile quand un cinéaste doit parler d'une chose dont il n'est pas spécialiste. Mais je me dis que quand l'homme est capable d'enterrer un couple vivant ou de les lapider à mort parce qu'ils s'aiment, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans leur tête, on se demande ce qui s'est passé. Chaque dhjihadiste a son histoire."

"Je suis Mauritanien j'ai été éduqué dans cette religion là. Les gens ne veulent pas voir ça au nom de leur religion."

 

Timbuktu inspiré d'un fait divers réel

"Ce couple dans ce petit village du nord du Mali étaient des gens sans défense. Vous savez, on choisit sa proie comme une biche blessée."

"C'est terrifiant. Ce couple est un symbole. C'est incompréhensible."

 

L'interdiction du football

"Je crois très sincèrement qu'il n'y a pas que Serval qui a libéré Tombouctou, mais des hommes et des femmes qui sont capables de jouer au ballon sans ballon, une forme de résistance pacifique. Ils apportent une liberté prise en otage."

 

Famille d'éleveurs touaregs qui vivent hors de la ville

"J'ai trouvé cette fille dans un camp de réfugiés en Mauritanie, elle s'appelle Leila, elle est une lumière absolue. Elle symbolise la beauté, la fragilité, la pureté. C'est ça qui est atteint par ces obscurantistes."

 

Abderrahmane Sissako était sur France Inter ce mercredi.

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