Saint James: rhum millésime 1765

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Saint James: rhum millésime 1765

Publié le :

Mercredi 27 Mai 2015 - 15:45

Mise à jour :

Mercredi 27 Mai 2015 - 16:51
Créés presque par hasard, les plantations et le rhum Saint James fêtent cette année leurs 250 ans. L'entreprise a été l'un des précurseurs dans la fabrication du rhum agricole, faisant du vulgaire tafia la boisson que nous connaissons aujourd'hui.
©Saint James
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La marque a un nom très anglophone, mais il s'agit pourtant d'une entreprise française depuis 1765. La distillerie de rhum Saint James fête cette année ses 250 ans. Une longévité étonnante dans la mesure où, à sa création, la plantation de canne à sucre et la distillerie n'avaient qu'un rôle accessoire.

A l'époque, un hôpital servant surtout à soigner les militaires se trouvait à Saint-Pierre, en Martinique, au pied du volcan la Montagne pelée. Le roi Louis XV charge des hommes d'église, les frères de la Charité, de s'en occuper. Pour subvenir aux besoins de l'hôpital, il leur confie également l'exploitation des plantations de cannes à sucre voisines.

Le résidu issu du raffinage du sucre, la mélasse, est utilisée pour produire une eau-de-vie de piètre qualité, le fameux tafia popularisé par les récits de piraterie. Mais les frères et leurs successeurs comprendront qu'un alcool de meilleure qualité peut être créé grâce à la canne à sucre, faisant de cette plantation l'une des pionnières du véritable rhum de Martinique.

Le nom de Saint James provient de la nécessité d'exporter le rhum. Il sera interdit de l'envoyer vers la France métropolitaine jusqu'au début du XIXe siècle, c'est donc le marché américain qui est visé. Or le nom du lieu-dit où est produit le rhum, "Trou-Vaillant", est difficilement prononçable en anglais. Les frères décident donc d'adapter dans cette langue le nom de Saint-Jacques, d'un lieu proche de la plantation. Le Rhum Saint James est né.

A la conquête de l'Europe

La petite distillerie subira les méandres de l'histoire de France, de la Révolution et de la Restauration. Mais à la fin du XIXe siècle, un négociant marseillais, Paulin Lambert, rachète plusieurs distilleries martiniquaises et fait passer à Saint James le cap de la révolution industrielle.

Pointilleux sur toutes les étapes de la production, il aura notamment l'idée d'instaurer des bouteilles carrées. Non pas par souci esthétique, mais pour pouvoir en entreposer plus sur un bateau. Il dépose en 1882 le nom de Saint James.

Il contribue également à faire de son rhum un produit plus haut de gamme. Il revendique être le producteur du premier rhum agricole (issue du jus de la canne plutôt que de la mélasse) des Antilles. Il installe même, sur les hauteurs de Saint-Pierre, une banderole de 30 mètres de long où figure le nom des "Plantations Saint James".

L'Europe se passionne alors pour ces produits exotiques, ce qui permet à Saint James de se faire connaître sur l'ensemble du continent et de devenir une référence.

Ce développement sera favorisé par une catastrophe naturelle. En 1902, la Montagne pelée entre en éruption. De nombreuses plantations de la région sont réduites en cendres mais celles de Saint James sont largement épargnées. La distillerie sera cependant transférée à Sainte-Marie, où elle se trouve encore aujourd'hui.

Entre 1955 et 1973, la société connaîtra des difficultés. Revendue par les héritiers de Paulin Lambert, elle sera cédée à plusieurs reprises. Mais son rachat par le groupe Cointreau lui permettra de rebondir. Trente ans après, Saint James est finalement acquis par un autre Français, La Martiniquaise, qui se revendique numéro-2 des spiritueux en France et dans les 10 premiers au monde.

Propriétaire notamment des whiskys Label 5, des vodkas Poliakoff ou du porto Cruz, le groupe affirme avoir connu une croissance de 60% ces cinq dernières années et compte 1.600 salariés.

Pour ses 250 ans, Saint James a réalisé deux cuvées spéciales. L'une, élaborée à partir de rhums âgés de 5 à 7 ans, est disponible en grande surface pour environ 30 euros. L'autre, vraisemblablement destinée aux passionnés de rhum, est élaborée à partir des meilleurs millésimes depuis 1885 et disponible chez les cavistes pour 800 euros.

 

 

Les rhums Saint James fêtent cette année leurs 250 ans.

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