TOC: comment s'en défaire?

Troubles Obsessionnels Compulsifs

TOC: comment s'en défaire?

Publié le :

Jeudi 29 Mars 2018 - 17:36

Mise à jour :

Jeudi 29 Mars 2018 - 18:02
Lorsqu'ils deviennent un obstacle à une vie de famille ou professionnelle, les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC) empêchent ceux qui en sont victimes de vivre correctement. Pour "France-Soir", le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer livre ses conseils pour parvenir à s'en défaire.
©Capture d'écran YouTube
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Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction

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Lorsque les TOC sont douloureux et qu’ils vous empêchent de vivre naturellement au quotidien, il faut penser à une prise en charge. Traditionnellement appelés Troubles Obsessionnels Compulsifs, ils touchent 3 à 5% de la population et concernent autant les femmes que les hommes. Ils se manifestent souvent à la fin de la petite enfance et au début de l'adolescence puis s’amplifient. N’oublions pas les cas où ils arrivent après une gestation chez des patientes au syndrome prémenstruel.

Ils sont souvent présents et handicapants mais peuvent également être plus softs et moins énergivores. Les TOC pour lesquels les professionnels sont les plus sollicités sont ceux dus à l’angoisse de contamination (angoisse de maladies, de la malpropreté, du contact avec certaines personnes ou certains objets). Il existe des rituels d’ablution.

Il existe également les TOC qui consistent à vérifier systématiquement (vous craignez de ne pas avoir fermé votre voiture), ceux de symétrie ou de rangement (vérifier que tout se trouve bien précisément à la pace à laquelle vous les voyez) mais aussi les TOC dits de "ruminations mentales" (pensée envahissante, un souci, des propos, qui peinent à disparaître).

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Tant chez les adolescents que les jeunes enfants, on perçoit souvent ce que nous, psychanalystes, appelons "pensée magique" ("Si je traverse les dalles noires sans toucher le blanches ma vie sera heureuse") ou des révocations d’idées avec des ritournelles d'action, c’est à dire reproduire un comportement associé à une idée négative en la modifiant par un autre geste lui reflétant une pensée, elle, positive. Il s’agit toujours d’un TOC.

Les TOC s’expliquent par des idées pénétrant l’esprit avec une forte récurrence, autrement dit une obsession qui ne disparaît pas jusqu’à ce que l’on trouve ce geste, étrange, particulier, nommé rituel: changer un ustensile de place ou encore vérifier dix fois que la serrure de la maison est fermée. Ceux qui ont des TOC ont la certitude que ce seul geste calmera l’anxiété de leurs pensées. Les gens qui ressassent veulent éloigner une idée qui les éprouve en essayant de prouver par a+b qu'elle ne fonctionne pas. Là encore, il s’agit d’un TOC.

En revanche, les rituels des petits enfants pour trouver les bras de Morphée, ces habitudes qui les rassurent ne symbolisent-elles pas des TOC? Dans ce cas précis, il ne s’agit que de repères qui organisent les jours les uns après les autres et leurs mécanismes. Cela est un besoin pour leur propre évolution. Dans la même veine, lorsque vous voyez un jeune marcher sur le rebord de la route pour fuir les lézards ou les escargots, il ne s’agit que d’un enfant en train de s’amuser.

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Enfin, il y a les TOC qui pourrissent totalement l’existence lorsqu’ils deviennent un obstacle à une vie de famille ou une vie professionnelle. Il faut alors penser à un traitement approprié très rapidement. Une thérapie comportementale et cognitive (TCC) devient une indication. Nous proposons des exercices afin de maîtriser et dominer ces idées fixes qui anéantissent la qualité de la vie. Nous offrons des outils à ces personnes. La finalité est qu’il faut que le sujet perde la "contrainte" de faire ce qui lui paraît inutile mais "obligatoire" à ces yeux ici et maintenant.

Quand il s’agit de phobies, il faut bien expliquer au sujet que le fait d’éviter ces situations phobogènes est la pire des choses. En effet, éviter une autoroute au profit d’une route nationale ne fera que renforcer la peur des routes et autoroutes en général. Au contraire, le fait de se confronter petit à petit aux phobies permettra très lentement mais surement de pouvoir à nouveau pratiquer ce que vous ne faisiez plus.

Concernant les TOC, il s’agit du même processus: on va ennuyer l’esprit en modifiant l’ordre que le sujet s'est fixé. S'il a besoin de faire ce que son cerveau lui ordonne encore (toucher une poignée de porte, vérifier l’heure), nous allons lui demander de regarder la trotteuse de sa montre de se forcer à attendre cinq minutes puis s’il a encore besoin de le faire, nous pousserons ce temps à six minutes, etc.

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Ce que l’on appelle communément les manies du jour, obsessions ou lubies, obsessions que nous avons tous à dose modérée, considérée comme non envahissante, ne sont pas dérangeantes. Il est inutile de passer votre temps à essayer de vous en séparer, cela se fera tout seul.

Si vous ressentez la nécessité de mettre vos fourchettes dans tel ou tel angle, si vous voulez que la même chaîne tourne en boucle ou que vous trouvez que le cadre au-dessus de votre lit n’est pas droit, faites la peau à vos TOC! Pratiquez ce qu'ils détestent, détruisez-les!

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.

Les Troubles Obsessionnels Compulsifs touchent 3 à 5% de la population et concernent autant les femmes que les hommes.

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