Retraite: les avocats encore plus déterminés que la CGT?

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France-Soir
Publié le 24 janvier 2020 - 19:17
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Avocat, robe
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© Nicolas CLAICH / AFP
Les avocats ont jeté la robe depuis le 5 Janvier. La grève totale continue.
© Nicolas CLAICH / AFP

Les avocats ont le blues. Cette profession déjà fragilisée côtés revenus par la simplification des licenciements et des divorces (entre autres), voient dans la réforme des retraites l’ultime estocade. Depuis le 5 janvier l’ensemble de la profession est en grève. Et ne semble rien vouloir lâcher.

Les avocats sont vent debout face au régime des retraites et multiplient les manifestations. Le jeudi 9 janvier pouvait-on voir à Bordeaux 200 à 300 avocats jeter symboliquement leurs robes sous un tonnerre d’applaudissements. Geste faisant échos à celui des avocats du Barreau de Caen. Christine Feral-Schuhl, présidente du Conseil National des Barreaux, est en première ligne de ce mouvement de contestation et affirme que 100% des barreaux de France et d’outre-mer sont contre la réforme des retraites. 

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Pour qui les 80 millions?

Le régime de retraite actuel des avocats est autonome et excédentaire. Il fonctionne effectivement sans la moindre participation de l’Etat et est financièrement équilibré avec des réserves accumulées depuis 50 ans. De plus, l’Etat reçoit chaque année de cette caisse 80 millions d’euros pour le régime général. 

Selon plusieurs sources, la réforme impliquerait une hausse des cotisations et une baisse des retraites des avocats. Sous le régime autonome actuel des avocats, la retraite minimum se trouve autour de 1400 euros par mois, tandis qu’il est de 1000 euros dans le régime universel proposé.

Petits cabinets en danger

 A cela s’ajoute le fait que les cotisations versées par les avocats ayant des revenus inférieurs à 40 000 euros par an doubleraient pour atteindre 28% de leurs revenus. Un chiffre menaçant de fermeture les plus petits cabinets et pouvant forcer certains avocats à s’écarter des clients les moins rémunérateurs et à diminuer leurs activités gratuites ou quasi gratuites, par exemple dans le cadre de l’Aide Juridictionnelle. 

Le principe de l’universalité du régime des retraites mis à mal

Christiane Feral-Schuhl affirme que les professions libérales n’ont pas les mêmes garanties que les employés ni la sécurité de l’emploi des fonctionnaires.

 «Notre proposition, c’est Non au régime universel» affirme-t-elle à l’AFP au nom des 70 000 avocats français. Le régime dit autonome n’est pas un régime spécial précise-t-elle. «Notre système est vertueux car excédentaire, égalitaire et solidaire». Le régime universel crée selon elle «une inégalité très forte pour les indépendants» car ces derniers n’ont pas les congés payés, ni les 35 heures ou encore les indemnités chômage des salariés.

Crier plus fort

Au final, les avocats pointent du doigt le régime des pilotes de lignes et celui des policiers pour expliquer que des régimes spécifiques survivront à la réforme des retraites selon qui crie le plus fort.

Jusqu’ à quand? 

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