Coronavirus: une autre façon de lire les chiffres sur l'épidémie de Covid-19

Coronavirus: une autre façon de lire les chiffres sur l'épidémie de Covid-19

Publié le 29/03/2020 à 11:15 - Mise à jour à 15:20
© Loic VENANCE / AFP
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Auteur(s): Xavier Azalbert- Directeur de la Publication

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POINT DE VUE - Covid-19: 37 575 cas confirmés en France, hier Samedi 28 Mars; 2314 décès à ce jour. Des chiffres et encore des chiffres. Comment les lire?

 

NOUS SOMMES TOUS CONNECTÉS A 3.57 DEGRÉS LES UNS DES AUTRES

En 1929 le hongrois Frigyes Karinthy émettait la théorie des six poignées de mains qui nous mettaientt à six degrés de relations d’une autre personne sur la planète. En 1967 Stanley Miligran, un psychosociologue faisait une expérience pour vérifier cette théorie en confiant une lettre à 300 américains et leur demandant de la faire parvenir à la même personne dont il leur précise l’identité, le lieu de résidence et la profession.  Ces 300 personnes ne devaient pas utiliser la voie postale mais confier la lettre à quelqu’un susceptible de connaître une personne susceptible de connaître elle-même une personne…. Susceptible de connaitre le destinataire. A l’issue de l’expérience la lettre était passée en moyenne par 5 à 6 individus avant d’arriver à bon port.

Il y a une dizaine d’années, Microsoft dans une étude sur les réseaux sociaux, confirmait ce chiffre à 6,6 dans une étude sur 240 millions d’utilisateurs de sa messagerie instantanée.

Plus récemment, Facebook à travers son réseau social établissait ce chiffre à 4,74 puis le ramenait à 4,57.  Donc nous serions à 3,57 intermédiaires les uns des autres dans le monde.

 

 

RAMENÉ AU COVID 19 : NOUS SOMMES À UNE PERSONNE QUI CONNAIT UNE PERSONNE TOUCHÉE.  A LA FIN DE LA SEMAINE, NOUS CONNAITRONS TOUS UNE PERSONNE TOUCHÉE

Si l’on ramenait cette théorie au COVID-19 avec les chiffres actuels de 37 575 personnes touchées, cela veut dire que nous sommes à 1,5 degrés d’une personne contaminée. En d’autres termes, nous sommes à 1 personne qui connait une personne qui est directement touchée.

A la vitesse de prolifération du virus et prenant en compte l’évolution actuelle (au 28 mars 2020 sur la base des chiffres publiés par https://www.santepubliquefrance.fr/ dans moins d’une semaine nous pourrions être à un degré.  

Pour ce qui est du nombre de décès, l’évolution actuelle permet de projeter que nous sommes à 2,5 degrés. Ce qui veut dire que nous sommes à 2,5 personnes qui connaissent une personne qui est décédée du Coronavirus.  À la vitesse de propagation du virus, si nous conservons la même courbe dans 7 jours, nous serons à entre 2,0 degrés d’une personne décédés.  

 

ACCOMPAGNER UN PROCHE A SA DERNIERE DEMEURE, UNE ETAPE DEJA DOULOUREUSE EN SOI RENDUE IMPOSSIBLE ET PRESQUE INHUMAINE EN CETTE PERIODE

Charles et Jeanne, Mulhouse, leur père est décédé la première semaine du confinement et ils ont du faire la douloureuse expérience d’affronter les forces de l’ordre pour amener leur père à sa dernière demeure.

Mercredi était le premier jour de confinement, cependant c’était le jour où je devais amener mon père à sa dernière demeure. En temps normal, c’est toujours un moment délicat et difficile mais se retrouver en face d’une personne d’une force de l’ordre vous expliquant que ce n’est pas possible pour des raisons sanitaires c’est un moment délicat. Ma sœur, avocate, a expliqué aux forces de l’ordre que étant socialement distant du mètre et n’étions que deux et que nous respections la loi et son esprit.

 

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Auteur(s): Xavier Azalbert- Directeur de la Publication


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