Edouard Philippe et les marchés publics du Havre épinglés par Médiapart

Edouard Philippe et les marchés publics du Havre épinglés par Médiapart

Publié le :

Mercredi 11 Avril 2018 - 14:01

Mise à jour :

Mercredi 11 Avril 2018 - 14:15
© BERTRAND GUAY / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Selon Médiapart, l'organisation des "500 ans du Havre" aurait laissé un trou de plus d'un million d'euros et des prestataires locaux impayés. Le projet organisé sous la houlette d'Edouard Philippe, avait été attribué à la société Artevia, depuis placée en redressement judiciaire. Mais le système d'attribution de ce marché public pose plusieurs questions, notamment quant aux relations entre l'actuel Premier ministre et le PDG de la société.

Des attributions de marchés suspectes, des acteurs proches d'Edouard Philippe que l'on retrouve à plusieurs niveaux, une entreprise qui rafle les appels d'offres malgré une trésorerie incertaine. Et au bout, un trou de plus d'un million d'euros.

Médiapart affirme dans une enquête publiée ce mercredi 11 que l'organisation des "500 ans du Havre" en 2017 sous la houlette d'Edouard Philippe alors maire de la ville, aurait laissé de nombreux prestataires locaux incapables d'obtenir leur dû.

Au cœur de ce micmac événementiel où coule l'argent public, une société: Artevia. Celle-ci avait été désignée par le Groupement d'intérêt public (GIP) présidé par Edouard Philippe pour organiser le plus gros de l'évènement culturel. Pour cela elle disposait d'une enveloppe de plus de 15 millions d'euros. Mais un an après, elle est en redressement judiciaire avec 5 millions d'euros de dettes.

Voir: Royal de Luxe - les géants sont de retour pour célébrer les 500 ans de la ville du Havre

Cela alors que, rapporte Médiapart, l'appel d'offre lancé par le GIP stipulait que le "producteur délégué" (Artevia donc) devait afficher un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros par an sur les trois années précédentes, afin de s'assurer qu'il pourrait payer ses prestataires.

Un chiffre dont était bien éloignée Artevia, en difficultés financières depuis 2011 et qui a connu depuis des déboires comme des évènements à la fréquentation plombée par les attentats. Elle a toutefois pu obtenir le marché public en se groupant avec d'autres entreprises en meilleures santé. Sauf que le contrat prévoit qu'il n'est pas possible pour les prestataires lésés de se retourner contre ces autres sociétés. Un paradoxe qui laisse donc de nombreuses entreprises locales dans l'impossibilité d'être payées.

Autre élément troublant, le fait que l'organisation a été confiée à une seule entreprise au lieu de limiter les risques de non-paiement en multipliant les acteurs. Une mission de préfiguration pour examiner l'opportunité de cette méthode avait bien été lancée. Sauf qu'a l'issue d'un appel d'offres, elle a été confiée à... Artevia.

A en croire Médiapart, les causes de la présence récurrente de cette entreprise seraient à chercher du côté de la proximité entre Edouard Philippe et son PDG Alain Thuleau, introduit par Jacques Attali avec qui il a collaboré à de nombreuses reprises. "Les trois hommes ont travaillé ensemble, main dans la main, à l’occasion des « LH Forum » (Le Havre Forum), ou «Forum de l’économie positive»", note Médiapart.

Par ailleurs, le directeur artistique des 500 ans du Havre, également associé d'Artevia, reconnaît que l'attribution du marché aurait été actée de manière assez officieuse: "On a eu un très bon contact avec Édouard Philippe. On a dîné ensemble. Et peu de temps après, il m'a appelé pour me proposer d'organiser les 500 ans du Havre". Il n'aurait même pas réalisé à l'époque qu'il existait d'autre concurrents qu'Artevia pour ce projet.

Edouard Philippe était maire du Havre lors de l'attribution suspectes de ces marchés publics.

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