Grève des routiers: les syndicats en décalage avec la réalité selon le patronat

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Grève des routiers: les syndicats en décalage avec la réalité selon le patronat

Publié le 29/09/2017 à 15:22 - Mise à jour à 15:59
© LOIC VENANCE / AFP/Archives
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Auteur(s): Victor Lefebvre

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Les syndicats de routiers ont dénoncé des échanges "tendus" et l'absence d'avancées après la réunion de jeudi concernant les ordonnances. Mais du côté du patronat, on minimise la situation. Contacté par "FranceSoir", l'OTRE évoque ainsi de simples "ambiguïtés" à lever, avec en filigrane la question d'un secteur qui ferait les frais d'une contestation générale de la réforme.

Les syndicats des routiers étaient réunis jeudi 28 au ministère des Transports, alors que la grève contre les ordonnances réformant le code du travail se poursuit dans le secteur. CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC se sont dits insatisfaits après cette réunion, la CGT évoquant un "coup de tonnerre" pour la profession, et FO "un patronat arc-bouté sur les ordonnances".

Mais du côté des patrons de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), on évoque au contraire un "climat clair" sans "clash", et une contestation qui dépasse la profession des routiers.

Au cœur des inquiétudes des syndicats, la question des primes, nombreuses dans le secteur (jours fériés, frais de déplacement, ancienneté) et qui représenteraient parfois plus de 1.000 euros sur la fiche de paie. Les organisations syndicales dénoncent la possibilité d'y déroger grâce à des accords d'entreprise que la réforme vise à renforcer par rapport aux accords de branche.

"Confusions" et "questions d'habillage", répond à FranceSoir Jean-Marc Rivera, secrétaire général de l'OTRE. Pour lui, il est acté que les éléments de rémunération et les minimums conventionnels sont sécurisés et maintenus dans le cadre de la convention collective. Et face aux "ambiguïtés" soulevées par les syndicats -notamment l'ancienneté qui au cas par cas peut être présentée comme une prime ou une majoration- "s'il faut réécrire, on est prêt à réécrire", affirme-t-il. Et d'assurer que maintenant que les points d'achoppement ont été identifiés, la prochaine réunion proposée pour mercredi 4 devrait permettre de régler les choses.

A se demander pourquoi les routiers bloquent routes et dépôts de carburant depuis quatre jour. Jean-Marc Rivera reconnaît des "interrogations légitimes" dans une profession à l'activité variée. Mais pointe également des éléments plus politiques voire polémiques.

Car les ordonnances auxquelles les syndicats sont globalement opposées "ne sont pas la spécificité du transport. (...) On peut se demander à un moment pourquoi il n'y a que ce secteur qui a été poussé en avant", interroge Jean-Marc Rivera, se bornant cependant à "constater" ce choix des syndicats et son impact sur le quotidien des Français.

Et d'évoquer également la communication musclée voire scandalisée des syndicats dans leur compte-rendu de la réunion de jeudi. "On ne s'est pas tapé dans le dos, mais il n'y a eu ni violence ni agressivité. Tout le monde a pu s'exprimer. J'ai lu que la CFDT aurait +claqué la porte+, mais il nous ont annoncé qu'ils devaient partir pour ne pas manquer leur train", affirme-t-il.

Auteur(s): Victor Lefebvre


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"On peut se demander à un moment pourquoi il n'y a que ce secteur qui a été poussé en avant", interroge l'OTRE.

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