Marseille: sous le feu des critiques, Gaudin se défend

Marseille: sous le feu des critiques, Gaudin se défend

Publié le :

Jeudi 08 Novembre 2018 - 14:44

Mise à jour :

Jeudi 08 Novembre 2018 - 14:51
Alors que les recherches ont repris sous les décombres des deux immeubles effondrés lundi, au coeur de Marseille, Jean-Claude Gaudin, cible de nombreuses critiques depuis la catastrophe, a défendu son action ce jeudi, et évacué toute idée de démission.
© GERARD JULIEN / AFP
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La rédaction de France-Soir

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"Démissionner? Vous pensez qu'un capitaine démissionne après une tempête?", s'est emporté le maire de Marseille lors d'un point presse ce jeudi 8 au sujet de l'effondrement de deux immeubles qui a coûté la vie à au moins six personnes. "Depuis plus de 20 ans, nous sommes porteurs avec mon équipe d'une ambition et d'une exigence fortes pour la rénovation de l'habitat ancien et indigne" à Marseille, a martelé Jean-Claude Gaudin au cours d'une conférence de presse, estimant que "l'heure (n'était) pas aux polémiques et à l'expression d'intérêts particuliers".

Reconnaissant que le chantier était "immense" dans la ville qu'il dirige depuis plus de 23 ans, il a tenu à faire savoir que "des milliers de logements sociaux ont été démolis, reconstruits et réhabilités depuis 2005". Et s'il reste beaucoup à faire, c'est surtout, selon le maire, dû à "un habitat qui est en outre majoritairement privé". Par conséquent: "L'intervention publique doit se confronter à des réglementations protectrices de la propriété". "J'en appelle à l'Etat pour que la réglementation évolue, pour faciliter et accélérer l'action publique", a-t-il conclu.

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Défendant aussi l'action de la mairie, son adjoint à la prévention des risques, Julien Ruas, a lui souligné que lors de la seule journée de mercredi, 51 signalements concernant des immeubles avaient été faits auprès de ses services, pour 37 interventions et 4 évacuations au total, au nom du "principe de précaution".

"Il y avait environ 40.000 logements indignes à Marseille, qui recouvrent une population d'environ 100.000 habitants, donc 13% du parc de résidences principales", a fait savoir Christian Nicol, ancien inspecteur général de l'administration du développement durable, auteur d'un rapport alarmant qu'il avait rendu au ministère du Logement en 2015. Selon lui, ces chiffres "n'ont pas beaucoup évolué", faisant de Marseille la ville européenne "qui a le plus de logements dégradés dans son patrimoine".

"En comparaison avec Paris où il y a eu cette forte volonté politique de faire bouger les choses après tous les incendies dramatiques qui avaient sévi dans la capitale, là, à Marseille, on ne sentait pas du tout cette politique ni même la conscience que tout le monde est assis sur une poudrière avec ce qui est arrivé aujourd'hui, qui aurait pu arriver avant, et qui malheureusement risque de se reproduire", a-t-il expliqué sur France info.

Et de conclure: "Ils étaient un peu tous dans le déni, parce que, ce qu'ils ont retenu de mon rapport quand je le leur avais présenté, c'est qu'ils n'étaient pas contents parce que je disais que ça n'allait pas alors qu'ils étaient persuadés qu'ils faisaient tout ce qu'il fallait".

Nul doute que la polémique suite à drame risque de se prolonger encore longtemps.

Voir:

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Jean-Claude Gaudin, cible de nombreuses critiques depuis la catastrophe, a défendu son action ce jeudi.


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