A Poissy, le maire écrit aux médecins pour qu'ils prescrivent moins d'arrêts maladie

A Poissy, le maire écrit aux médecins pour qu'ils prescrivent moins d'arrêts maladie

Publié le :

Mercredi 13 Avril 2016 - 12:42

Mise à jour :

Mercredi 13 Avril 2016 - 12:44
Pour "faire des économies", le maire LR de Poissy Karl Olive a écrit aux médecins de sa ville pour leur demander de faire preuve de "retenue" dans les prescriptions d'arrêts maladie aux agents municipaux. L'élu met en avant des questions d'économies et argue ne pouvoir "tolérer plus longtemps" des interruptions de travail de "complaisance".
©Gile Michel/Sipa
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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La démarche a provoqué un tollé. Le maire LR de Poissy (Yvelines), Karl Olive, a "invité" les médecins généralistes de sa commune à plus de "vigilance" lorsqu'ils octroient un arrêt de travail à ses agents municipaux, suscitant la colère de certains praticiens, a-t-on appris mardi 12 de sources concordantes.

"S'il est communément admis que moins de 5% des agents abusent des arrêts maladie, que moins de 1% des médecins prescrivent des arrêts dits de +complaisance+, il est toutefois indispensable de réduire au maximum ces pratiques que je ne saurais accepter plus longtemps", explique l'édile dans une lettre datée du 25 mars et révélée par L'Humanité.

M. Olive "invite" donc les médecins à "faire preuve d'une vigilance accrue" et à orienter les agents dont l'arrêt maladie semble directement lié à leur travail vers "la médecine préventive", habilitée "à appréhender les capacités fonctionnelles requises pour un poste".

Objectif, explique l'élu à l'AFP: "faire des économies". Selon lui, l'absentéisme de ses agents s'élève à "22 jours par an et par personne, au niveau de la moyenne nationale pour les collectivités locales", mais bien au-delà des "onze jours par an et par personne dans le privé".

Ce qui représente pour sa collectivité "20.000 heures par an et un coût de 2 millions d'euros". En outre, assure-t-il, un agent en arrêt maladie n'est pas remplacé, ce qui "dégrade le service public".

La lettre a été adressée, selon la mairie, à 45 praticiens.

Dans une lettre au maire en date du 8 avril, dont l'AFP a pu prendre connaissance, 17 généralistes ont fait part de leur "sidération" et dénoncé une "remise en cause inédite et inadmissible de (leur) indépendance professionnelle".

"La Sécurité Sociale se charge déjà de +surveiller nos prescriptions+ de kinésithérapie, de transports sanitaires, d'arrêts de travail, parfois au-delà du supportable", soulignent-ils.

"Mon sang n'a fait qu'un tour", a expliqué à l'AFP le docteur Martine Engerrand, médecin depuis 1980 et signataire de cette lettre: "Je n'avais jamais vu ça".

"Il n'y a pas de stigmatisation à l'endroit des médecins généralistes et de mes agents", se défend le maire: "Je dis qu'il y a peut-être des arrêts de travail qui peuvent être évités".

 

Dans une lettre au maire, 17 généralistes ont dénoncé une "remise en cause inédite et inadmissible de (leur) indépendance professionnelle".

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