Rugy "blanchi"? Pas pour Médiapart qui dénonce une "mascarade"

Rugy "blanchi"? Pas pour Médiapart qui dénonce une "mascarade"

Publié le :

Mercredi 24 Juillet 2019 - 12:11

Mise à jour :

Mercredi 24 Juillet 2019 - 12:21
© Lionel BONAVENTURE / AFP
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La rédaction de France-Soir

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Mediapart a fermement contesté l'interprétation par François de Rugy des rapports de Matignon et de l'Assemblée nationale sur ses dîners fastueux et la rénovation de son logement de fonction. L'ancien ministre s'est déclaré mardi 23 "blanchi" dans les deux cas.

François de Rugy s'est déclaré "blanchi" de toutes les accusations pesant contre lui, mardi sur France 2. Il assure que l'enquête des services de Matignon concernant ses travaux au sein du ministère de la Transition écologique et solidaire et celle de l'Assemblé nationale concernant les dîners "fastueux" organisés Hôtel de Lassay ont confirmé qu'il n'avait commis aucune faute.

Une interprétation que dénonce Mediapart, qui précise que les rapports en question n'ont pas contesté les affirmations de ses articles.

Voir: Dédouané par des enquêtes, Rugy s'estime "blanchi"

Concernant la rénovation de son logement au ministère

"L’enquête conclut que les «règles de la commande publique ont été globalement respectées» en matière de mise en concurrence des fournisseurs – Mediapart n'avait pas affirmé le contraire. Mais elle émet de sérieux doutes sur les coûts jugés trop élevés de certains travaux", rapporte le site d'information.

Il rappelle le montant des travaux, 64.523 euros, dont près de 17.000 euros pour un dressing et plus de 16.000 euros de peinture des moulures. S'il n'y aurait donc pas eu d'infraction dans l'exécution de ce marché, Mediapart pointe la contradiction avec la directive de Matignon sur l'exemplarité des ministres, laquelle stipule: "Il convient de limiter l’usage des deniers publics au strict accomplissement de la mission ministérielle". Par ailleurs une nouvelle circulaire signée par Edouard Philippe ordonne désormais aux ministres d'obtenir "l'approbation du secrétariat général du gouvernement" avant d'engager des travaux d'un montant supérieur à 20.000 euros dans leurs logements de fonction.

"Le rapport révèle aussi que certaines demandes de François de Rugy ont été jugées déraisonnables par ses services", précise Mediapart.

Concernant les dîners Hôtel de Lassay

Mediapart rapporte que sur les 12 dîners pointés du doigt, l'enquête relève que neuf ont été considérés comme n'étant pas privés. Mais il juge également que le coût des prestations, "excessif" par rapport "à ce qui peut être considéré comme raisonnable" pour des dîners présentant "un caractère familial ou amical". Le site affirme par ailleurs que de nombreux témoignages affirment que ces dîners n'avaient aucune thématique, contredisant le rapport de l'Assemblée nationale.

Un texte d'ailleurs qualifié de "mascarade" par Yann Philippin, journaliste de Mediapart. Le document "épais de cinq petites pages – dont seulement deux consacrées aux dépenses de François de Rugy elles-mêmes", précise Mediapart, a été rédigé par le secrétaire général de l’Assemblée nationale et de la présidence. Celui-ci est subordonné au président de l'Assemblée nationale, François de Rugy donc au moment des fameux dîners.

Cet "enquêteur" n'aurait ni interrogé l'ensemble des invités cités par Mediapart, ni "pu consulter la moindre facture d’achat détaillée de nourriture, la plupart des pièces comptables accessibles n’étant que «des mandats à caractère global», «non rattachables à une réception en particulier»".

"À lire le rapport de Michel Moreau, on comprend qu’il a surtout travaillé à partir des listes d’invités que François de Rugy a bien voulu lui communiquer", tacle Mediapart.

François de Rugy reste par ailleurs suspecté d'avoir payé ses cotisations à Europe Ecologie – Les verts (déductible des impôts) avec son indemnité représentative de frais de mandat, pratique interdite par le règlement de l'Assemblée.

François de Rugy a à plusieurs reprises dénoncé des "mensonges" du site d'information et annoncé porter plainte pour diffamation.

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Mediapart juge que les rapports de Matignon et de l'Assemblée nationale n'ont pas "blanchi" François de Rugy.

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