Escalade de la violence à Gaza malgré les efforts d'apaisement

Escalade de la violence à Gaza malgré les efforts d'apaisement

Publié le :

Mardi 13 Novembre 2018 - 11:46

Mise à jour :

Mardi 13 Novembre 2018 - 12:07
© MAHMUD HAMS / AFP
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Alors que le Hamas et Israël avaient multiplié les signes de détente depuis plusieurs semaines, une surprenante opération militaire de Tsahal dans la Bande de Gaza a mis le feu au poudre dimanche. Aux tirs de roquettes du Hamas répondent les frappes aériennes israéliennes.

L'escalade de violence entre Israël et le Hamas qui enflamme actuellement la Bande de Gaza et ses alentours proches est aussi soudaine que difficilement compréhensible. Il s'inscrit en effet dans un période de relative détente entre l'Etat hébreu et le mouvement islamiste qui contrôle l'enclave palestinienne. A cela s'ajoute une surprenante opération des forces spéciales israéliennes à Gaza qui s'est conclue dimanche 11 par la mort d'un officier de Tsahal et de sept Palestiniens.

Une opération commando au sein de l'enclave palestinienne qui aurait eu pour but de cibler un commandant plutôt anonyme des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas. Un lieutenant-colonel israélien a été tué dans l'échange de coups de feu, et un autre officier blessé, a fait savoir Tsahal, l'armée israélienne, qui a parlé d'une simple opération de renseignement. Les forces armées de l'Etat hébreu ont rapidement nié tout enlèvement de soldat israélien par les combattants du Hamas.

Le tout alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se trouvait en France pour les commémorations de la fin de la Grande Guerre.

Lire aussi - Les tirs de roquettes palestiniennes et les frappes israéliennes continuent à Gaza

En réaction a cette incursion israélienne, le Hamas a tiré des roquettes en direction d'Israël. Tirs de roquettes qui ont provoqué des représailles aériennes de l'Etat hébreu selon la triste et bien connue litanie de l'escalade entre les deux belligérants.

Les opérations se sont poursuivis lundi 12 et ce mardi 13 sans qu'un apaisement des tensions ne pointe. Dans la nuit, le Hamas et son allié le Djihad islamique avaient d'ailleurs annoncé une mobilisation de leurs forces. Dans la soirée de lundi, l'aviation israélienne a détruit le siège d'Al-Aqsa TV, la chaîne du mouvement islamiste, ainsi qu'un ancien hôtel abritant les bureaux de services de sécurité en plein centre de la ville de Gaza.

Ce n'est que ce mardi 13 au matin que les hostilités semblent avoir pris fin. Le Hamas n'a pas tiré de roquettes en direction de l'Etat hébreu qui, malgré la poursuite de sa mobilisation militaire, n'a pas conduit d'opération aérienne contre la bande de Gaza.

Malgré les crispations des derniers mois, les violences qui ont débuté dimanche soir sont survenues de manière inattendue, rappelant la volatilité de la situation même dans une période de relative accalmie. En effet, depuis deux semaines Israël et le Hamas semblaient être sur le chemin d'un certain apaisement des tensions. D'un côté, le mouvement palestinien avait mis entre parenthèse la "Marche du retour" qui a déjà coûté la vie à plus de 200 Gazaïous depuis fin mars tandis que les autorités israéliennes ont ainsi récemment autorisé le Qatar à acheminer des fonds dans la bande de Gaza. Un argent bienvenue pour le Hamas, exsangue financièrement.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement qui ne sont plus rétribués que sporadiquement depuis des mois. L'opération s'inscrit plus largement dans les efforts déployés, notamment par le voisin égyptien et les Nations unies, en vue d'une trêve durable entre Israël et le Hamas.

Voir:

Gaza: une grave confrontation rapproche Israël et le Hamas de la guerre

Une surprenante opération militaire de Tsahal dans la Bande de Gaza a mis le feu au poudre dimanche.


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