Les cocoricos de FranceSoir : la bille de biscuit Pap et Pille, une production 100% française

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Les cocoricos de FranceSoir : la bille de biscuit Pap et Pille, une production 100% française

Publié le 19/10/2020 à 19:52 - Mise à jour à 20:08
@papetpille
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Auteur(s): Yan Labêche pour FranceSoir

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Leur rencontre ressemble à un conte de fées. 3 semaines après s’être vus à Lille, Raibed et Fatiha se marient et entament un tour du monde. De leurs expériences, jaillit une idée lumineuse : créer une bille de biscuit, nouvelle forme de snacking bon marché. Après la grande distribution et leur site marchand, ils s’attaquent au monde entier.

« Il faut faire attention, sinon ca va cramer, explique Raibed Tahri à sa femme Fatiha. Plus bas la température ! ». Dans leur usine d’Evires en Haute-Savoie, les deux infirmiers sont plongés dans « leur petite entreprise qui ne connaît pas la crise » : la production de billes de biscuits. Une idée si lumineuse qu’elle a reçu plusieurs prix (Start Up Contest, Meilleure Innovation Franprix, etc..) même si le Covid-19 a bien failli les emporter !

Au départ, le couple qui revient de plusieurs années de voyages reçoit une demande pour un mariage. « Pouvez-vous nous faire des biscuits du monde entier ? ». Leur livre de recettes à la main, ils se lancent dans l’aventure mais c’est de la vue d’un pop corn caramélisé que va naître Pap et Pille. « Je ne voulais pas faire des cornes de gazelles qui sont toujours trop grosses à mon avis, indique Raibed. On voulait faire original. Un gâteau qui soit simple à manger, comme du snacking. Ce petit pop corn était là entre nous deux et on s’est dit que ce serait bien d’avoir ce format en biscuit. On en a ri avec Fatiha et on y a passé plusieurs jours. On est arrivé à combler la commande en faisant tout à la main. Ca nous a pris des jours et des nuits. » Les mariés et convives sont ravis. Les demandes affluent mais le couple n’est pas en mesure de suivre. Il leur faut réfléchir à améliorer leur process de fabrication, comme leur indiquera leur expert comptable lors de la création de leur société en février 2019.

Une production 100% française

« On a appelé partout en France et à l’étranger. Personne ne pouvait faire des billes de biscuit. On était obligé de réfléchir à de véritables machines qui puissent nous aider à fournir. » Au bout de 8 mois, et avec l’aide d’un frère, ingénieur à PSA, le résultat est concluant. Les billes de biscuit, sortent de l’usine fraichement créée. Pour réussir l’aventure, le couple met en vente leur maison, investissent 20 000 euros en capital et 250 000 en investissement dans la fabrication des machines. Une agence les aide à trouver leur nom : Pap et Pille.  Au menu : cornes de gazelles, coco du Brésil ou noisette de Turquie. A l’instar de Michel et Augustin, ils veulent que le storytelling de leur marque reflète leurs personnalités. «Nous voulions qu’il y ait des personnages qui nous ressemblent. On voulait partager notre histoire avec le plus grand nombre. »

Une histoire qui commence il y a 35 ans dans le Doubs pour Raibed. De parents algériens et de condition modeste, les études sont mises en avant. « Ce sont des valeurs que mes parents illettrés nous ont inculqués. J’étais présent très jeune avec ma mère à la cuisine. La question du genre ne se posait pas. J’aimais préparer à manger pour pouvoir partager. Encore aujourd’hui quand je ne suis pas bien, je vais en cuisine. Ca me permet de me vider la tête. »

Après son bac, il commence une école d’infirmiers de 3 ans. Pour la dernière année, il a besoin de rassembler un peu de fonds. Il devient serveur avant de passer en cuisine. Il aime tellement ça qu’il acquiert un CAP Cuisine. Ses deux diplômes en poche, comme de nombreux frontaliers, il va bosser en Suisse. Son choix : le milieu carcéral auprès de la population d’origine arabe ou maghrébine. C’est ce métier qui le poussera à donner une formation à Lille qui va changer sa vie

Un coup de foudre et des voyages

Le ciel est bas ce jour là dans le Nord et Raibed, bien préparé, entame de partager son expérience. Et là, une flèche de Cupidon l’atteint ! « Une fille au premier rang m’a rendu fou. C’était comme une décharge électrique. A la pause, on en a parlé et elle avait eu la même sensation. » 5 jours après, il la demande en mariage. 21 jours plus tard, les voilà mariés et en route pour leur premier voyage en République Dominicaine. En mode roots, ils font la connaissance d’une famille qui leur apprend à faire des biscuits à la coco, typique de l’île. « J’aime beaucoup le concept d’aller chez l’habitant. La perception du pays, de sa culture et de sa gastronomie sont incroyablement instructifs. »

Le rythme de voyages devient effréné. Deux mois d’intérim en tant qu’infirmiers et 1 mois de crapahutage. Les destinations s’enchaînent : Grande-Bretagne, Maroc, Chine, Thaïlande, Brésil, Seychelles, Québec, Turquie, Japon, Inde, Mexique,… De ces voyages, ils reviennent avec un livre de recettes bien fournie. Bloquée à la maison avant l’arrivée de leur enfant, Fatiha et Raibed fournissent des repas jusqu’à l’émergence de Pap et Pille.

Septembre 2019, Raibed prend son bâton de pèlerin. Il démarche et arrive à placer son snacking à Leclerc, Super U, Intermarché et Carrefour Provencia. La marque Franprix les remarque et ils deviennent innovation de l’année. Toujours en avance, les Tahri travaillent sur des compositions salées. Avec près de 10000 euros mensuels de commande, tout semble rouler et l’avenir leur paraît serein. Quand tout à coup, le Covid-19 vient troubler cette progression exponentielle de ventes.

Sauvés par le digital 

« Du jour au lendemain, plus aucune commande. Zéro ! Les supermarchés ont tout arrêté. J’avais toutes les échéances sur les bras et aucun moyen de rembourser. » De plus, Fatiha doit s’occuper de sa famille pendant cette période et Raibed est rappelé sur le front en tant qu’infirmier. Il attrape le Covid et l’avenir semble bien sombre. C’est le digital qui va les sortir de la torpeur du moment. Une agence digitale leur fait de la promo, relance leur site digital et il retrouve le chiffre d’affaires avant coronavirus. Leur instagram atteint 10 000 followers et des people (Laurent Wauquiez, Moundir, Vanessa Demouy) promeuvent leurs produits. Ils préparent aussi avec Meet My Mama des ateliers de cuisine bientôt diffusés sur le web.

L’affaire semble reprendre un second souffle avec un chiffre d’affaires mensuel oscillant entre 20 et 40 000 euros mensuel. Ils s’ouvrent le marché des DOM TOM mais aussi à l’international. Misant sur une levée de fonds de 400 000 euros, le couple Tahri se dit fiers de ce produit français qui ne demande qu’à conquérir le monde.

 

Yan Labêche est journaliste pour FranceSoir

Auteur(s): Yan Labêche pour FranceSoir


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