Earth Hour 2016: il faut "montrer que la société reste mobilisée", estime Pascal Canfin (WWF)

Mobilisation planétaire

Earth Hour 2016: il faut "montrer que la société reste mobilisée", estime Pascal Canfin (WWF)

Publié le :

Mercredi 16 Mars 2016 - 16:01

Mise à jour :

Vendredi 18 Mars 2016 - 21:58
A l'occasion de la 10e édition de l'opération Earth Hour, des milliers de villes seront plongés dans le noir samedi soir pendant une heure afin de montrer leur engagement pour la planète. Pour Pascal Canfin, le directeur exécutif de WWF France (l'ONG à l'origine de l'évènement), cette manifestation en faveur du climat permet "de maintenir la pression pour que l'Accord de Paris se traduise en actions". Il répond aux questions de "FranceSoir".
©Jean-Sébastien Evrard/AFP
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Amandine Zirah

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L'heure est bientôt à la mobilisation. Dans quelques heures, des milliers de villes vont éteindre les éclairages de leurs monuments pendant une heure pour montrer leur engagement en faveur de l'environnement. Organisé par WWF, cet évènement planétaire, qui mobilise tous les ans des millions de personnes, se tient cette année trois mois après la conférence sur le climat (COP21). L'occasion de célébrer les avancées dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique comme celles du traité de Paris.

 

>Le 19 mars à 20h30, des millions de personnes à travers le monde vont éteindre la lumière pendant une heure à l'occasion de la 10e édition de l'Earth Hour (une heure pour la planète). Quels sont les objectifs?

"Trois mois après la COP21, l’objectif d’Earth Hour est clair: maintenir la pression pour que l’Accord de Paris se traduise en actions, en décisions et en mesures concrètes, cohérentes et impactantes pour le climat. Montrer que la société reste mobilisée et demande à ce que les engagements pris à tous les niveaux et par chaque acteur soient tenus. Il s’agit également d’un moment de sensibilisation aux enjeux climatiques et à la capacité d’action de chacun. En 2015, nous comptions 172 pays mobilisés pour Earth Hour, cette année, nous en comptons 178 et près de 50 villes en France éteindront leurs monuments les plus connus".

>Trois mois après la COP21, pensez-vous que l'opération prendra cette année une toute autre ampleur? Les dangers climatiques, mis sur la table à Paris en novembre et décembre dernier, ont-ils, selon vous, sensibilisé d'avantage de personnes?

"Cette année, Earth Hour se déroule effectivement dans un contexte spécial. Lors de la COP21, bien que marquée par les différentes attaques terroristes qui ont secoué le monde, la société civile était au rendez-vous et a su exprimer ses attentes et sa mobilisation. Une dynamique s’est mise en place. Que ce soit au Bourget avec les négociateurs, lors du Sommet des 1.000 Maires à l’Hôtel de Ville de Paris ou bien avec les entreprises… plus de 10.000 engagements ont été pris et recensés.

"Au-delà de la COP21, de multiples événements climatiques ont souligné la réalité de l’urgence climatique. Ainsi 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée. Les attentes des citoyens pour désormais avancer rapidement en matière de lutte contre le changement climatique ne doivent pas être déçues: cohérence, ambition et actions doivent être au rendez-vous".

>Etes-vous satisfaits de l'accord pris lors de la conférence sur le climat? Comment s'assurer que les Etats vont bien respecter leurs engagements?

"En décembre 2015 à Paris, 195 pays ont signé le premier accord universel sur le climat. C'est une avancée importante! Cet accord est ambitieux notamment avec un objectif de revenir +bien en dessous des deux degrés+ de réchauffement. Or, pour le moment, les engagements des Etats mènent sur une trajectoire de trois degrés. Il faut donc non seulement que les Etats respectent leurs engagements mais les renforcent.

"Même si l'Accord en lui-même n'est pas juridiquement contraignant, les Etats sont malgré tout poussés à respecter leurs engagements. Il y a tout d'abord une +contrainte politique+. Ceux qui ne joueraient pas le jeu perdraient en crédibilité auprès des autres pays, d’autant plus que le cadre de transparence et de vérification des engagements prévus par l’accord est, lui, contraignant pour tous. On voit par ailleurs, une +pression judiciaire+ qui a déjà commencé à s’accroître au-delà de l’accord lui-même sur les Etats et les entreprises".

>Pour vous, quel serait le scénario catastrophe?

"La succession des +records+ climatiques et des catastrophes à travers le monde nous rappellent sans cesse l’urgence d’agir pour le climat. La pire des choses serait que la parenthèse COP21 se referme et que l’on continue comme avant. Les engagements doivent être tenus et rapidement consolidés pour faire de 2016 l’année de la cohérence. Citoyens, collectivités locales, entreprises, associations, ONG, pouvoirs publics… chaque acteur de la société doit accélérer le mouvement".

>Cette grande manifestation en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique se veut aussi festif. A Lyon, par exemple, différentes animations auront lieu. Le côté ludique peut-il permettre de rallier les plus indifférents à la cause de la protection de la planète?

"Earth Hour est la plus grande mobilisation internationale pour le climat. Passer uen mode action n’est pas uniquement un appel aux décideurs, chacun de nous peut le faire. Les activités que nous déployons lors d’Earth Hour a pour mission de le démontrer.

"L’an dernier à Paris, nombreux ont été les danseurs venus sur l’Energy Floor afin de produire de assez d’énergie pour symboliquement rallumer la Tour Eiffel. Cette année, les Lyonnais pourront produire de l’énergie en pédalant pour diffuser de la musique ou projeter un film, calculer leur empreinte écologique ou comparer leur émission de CO2. Le message est le même, chacun peut agir pour le climat à son niveau, en faisant les bons choix et en restant mobilisé".

>Vous avez récemment pris les rênes de WWF France. Quelles sont les principales missions de cette année 2016?

"Le WWF a trois missions: alerter sur l’état écologique de notre planète, protéger les espèces et les espaces menacés et transformer les politiques publiques comme les pratiques des entreprises. L’année 2016 suit la COP21, elle doit donc être l’année de la cohérence sur le climat. C’est aussi l’année de la loi biodiversité, 40 ans après la première loi de protection de la nature. Nous avons un rôle de vigie pour que ce soit une loi de progrès et non une régression sous l’effet des lobbies. Nous travaillons également avec 35 entreprises pour qu’elles réduisent leurs impacts sur le climat ou luttent contre la déforestation. Le WWF est la première ONG de protection de l’environnement au monde et c’est une grande fierté de la diriger en France". 

 

"En 2015, nous comptions 172 pays mobilisés pour Earth Hour, cette année, nous en comptons 178 et près de 50 villes en France éteindront leurs monuments les plus connus", a affirmé Pascal Canfin.

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