1855.com: "J'entends que ces gens soient reconnus comme fraudeurs et condamnés comme tels"

1855.com: "J'entends que ces gens soient reconnus comme fraudeurs et condamnés comme tels"

Publié le :

Jeudi 02 Juillet 2015 - 17:37

Mise à jour :

Jeudi 02 Juillet 2015 - 17:51
©PRM/Sipa
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Les achats sur Internet cachent parfois de vastes escroqueries. C'est le cas du site de vente de vins en ligne 1855.com, qui aurait spolié près de 11.000 clients pour près de 40 millions d'euros.

Xavier Azalbert, chef d'entreprise parisien, ne décolère pas. Comme beaucoup de clients du site 1855.com, il pensait acheter des vins de grands crus à des prix modiques mais il a été victime d'une escroquerie. La société est soupçonnée d'avoir grugé près de 11.000 clients, qui n'ont jamais vu la couleur des grands crus qu'ils avaient commandés en primeur. Le préjudice est important: au moins 40 millions d'euros. Certains clients ont plus de 200.000 euros de perte. La société, en redressement judiciaire depuis octobre 2013, a été mise en liquidation en janvier dernier.

Pour sa part Xavier Azalbert a perdu plus de 9.000 euros dans l'affaire: les bouteilles qu'il avait commandées ne lui ont jamais été livrées. Il a porté plainte devant la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et entend "être soit remboursé, soit que son vin soit livré".

Il faut dire que l'arnaque était bien enrobée, la société proposait des dégustations de grands crus dans de grands hôtels avec des personnalités. Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon, les deux dirigeants, anciens d'HEC, semblaient parfaitement honnêtes et sincères.

"Ils ont menti à tout le monde, ils n'ont jamais été en contact avec les châteaux dont ils prétendaient vendre le vin", explique Xavier Alzalbert à FranceSoir. "On vous fait répondre par les employés, qu'on oblige à mentir, que vous serez livré la semaine prochaine, puis la semaine prochaine, puis la semaine prochaine... Ils n'ont même pas le courage de répondre au téléphone".

"Tout le monde a droit à l'erreur, mais lorsqu'elle est répétée, ce n'est plus une erreur. Ce n'est pas le principe de la vente sur Internet qui est à remettre en cause, ce sont les individus qui orchestrent ce genre d'arnaques qu'il faut sanctionner", estime Xavier Azalbert. Et d'ajouter: "J'entends que ces gens soient reconnus comme fraudeurs et condamnés comme tels".

Pour l'avocat d'Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon, il ne s'agit en aucun cas d'une escroquerie mais d'un "raté économique". Ses clients auraient été victimes de "l'establishment bordelais qu'ils ont voulu bousculer" avec leur nouveau système de vente. Selon lui, les négociants "remettaient à la vente les lots de vins réservés dès qu'il s'agissait de 1855.com", provoquant ainsi leur pénurie. Il met également en cause des "clients spéculateurs qui ne raisonnaient qu'en termes financiers".

 

 

Le site 1855.com, qui vendait du vin sur Internet, cachait en fait une vaste escroquerie.

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