Attentats de Paris: Hasna Aït Boulahcen, cousine d'Abaaoud, sera inhumée au Maroc

Souhait de la famille

Attentats de Paris: Hasna Aït Boulahcen, cousine d'Abaaoud, sera inhumée au Maroc

Publié le :

Vendredi 29 Janvier 2016 - 13:05

Dernière mise à jour :

Vendredi 29 Janvier 2016 - 13:09
La famille d'Hasna Aït Boulahcen, morte lors de l'assaut contre l'appartement de Saint-Denis, après les attentats du 13 novembre, va pouvoir enterrer sa dépouille. Selon l'avocat de sa mère, ses proches voudraient la faire inhumer au Maroc, dont elle était originaire.
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©Eric Feferberg/AFP
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La justice a entendu la détresse de la famille d'Hasna Aït Boulahcen. Alors que les proches de la jeune femme, décédée lors de l'assaut du RAID contre l'appartement "conspiratif" de Saint-Denis, le 18 novembre dernier, ont réclamé mercredi 27 que la dépouille leur soit restituée, les juges d'instruction en charge de l'enquête sur les attentats de Paris ont délivré jeudi 28 le permis d'inhumer. La jeune femme, qui serait mêlée aux massacres du 13 novembre et était la cousine de l'organisateur présumé des attaques, devrait être enterrée au Maroc.

C'est en tout cas le souhait de la famille d'Hasna Aït Boulahcen relayé par l'avocat de sa mère, maître Fabien Ndoumou, cité par Le Parisien. Cette jeune femme de 26 ans au parcours chaotique, née à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et ayant eu des attaches en Moselle, était ainsi originaire du Maroc. Tout comme son cousin, Abdelhamid Abaaoud, l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre et décédé lui aussi lors de l'assaut.

Depuis ce 18 novembre tragique, le corps de la jeune femme est toujours à l'institut médico-légal de Paris alors que "la religion musulmane exige que le corps soit enterré au plus tard 24 heures après sa mort", s'est insurgé mercredi l'avocat de sa famille. "Hasna est en train de se momifier", a-t-il avancé devant quelques journalistes, dénonçant: "la jeune femme se retrouve derrière (une) glace, elle n'est pas là pour faire une exposition".

Hasna Aït Boulahcen a été au départ présentée comme une kamikaze, la première à s'être faite exploser en Europe. L'enquête a toutefois permis de déterminer qu'elle est morte étouffée par les décombres après qu'une partie de l'immeuble se soit effondré, soufflé par la déflagration d'une ceinture d'explosifs. Celle-ci aurait toutefois été déclenchée par Abdelhamid Abaaoud, qui a participé aux massacres du 13 novembre en ouvrant le feu sur des terrasses parisiennes, ou un complice, dont le cadavre n'a pas encore été identifié.

Selon les enquêteurs, Hasna Aït Boulahcen aurait pourtant joué un rôle prépondérant dans la cavale de son cousin, l'organisateur présumé des attentats, en lui trouvant notamment la "planque" de Saint-Denis où tous deux, ainsi qu'un complice, ont finalement été débusqués. Sa famille considère toutefois que la jeune femme est elle aussi une victime du terrorisme, et qu’elle était sous la pression de son cousin.

Le 18 novembre, alors que le RAID encerclait les lieux, une vidéo a capturé un échange de mots entre la police et la jeune femme. "Il est où ton copain?", lui demande à plusieurs reprises un policier, ce à quoi elle répond à chaque fois "ce n'est pas mon copain!" d'un ton où certains ont entendu de la peur, d'autres de la détermination. Puis elle avait ajouté, suppliante, quelques instants plus tard: "laissez-moi sortir s'il vous plaît, laissez moi sortir monsieur".

 

Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

"Hasna est en train de se momifier", à l'institut médico-légal de Paris, où sa dépouille est conservée depuis sa mort, le 18 novembre dernier.