Immunité diplomatique: comment un dealer camerounais peut narguer les policiers français

Immunité diplomatique: comment un dealer camerounais peut narguer les policiers français

Publié le :

Mercredi 20 Décembre 2017 - 16:40

Mise à jour :

Mercredi 20 Décembre 2017 - 16:49
© PATRICK KOVARIK / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le fils d'un personnel de l'ambassade camerounaise vivant à Villejuif et suspecté d'être un trafiquant de drogue a été interpellé vendredi. Mais il a dû être relâché en raison de l'immunité diplomatique dont-il bénéficie. Il en profite même pour narguer et insulter les policiers lorsqu'ils les croisent, rapporte, "Le Parisien".

Il peut vendre de la drogue en toute tranquillité, et même insulter les policiers. Un dealer présumé opérant dans la cité Duclos de Villejuif, interpellé vendredi 15, a dû être relâché car il est couvert par l'immunité diplomatique. Les policiers ont même du lui rendre l'argent saisi, rapporte Le Parisien.

Agé de 20 ans, ce Camerounais serait le fils d'un personnel technique de l'ambassade, en l'occurrence du jardinier. Ce qui suffit pour être (presque) intouchable et dont il profiterait pleinement.

Vendredi, des policiers de la brigade des stupéfiants ignorant son statut mais le soupçonnant d'organiser de petites livraisons de cannabis l'ont interpellé à son domicile, ont saisi plusieurs téléphones portables et près de 500 euros en liquide. Mais l'homme a alors fait valoir son immunité diplomatique.

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Contraint de le relâcher, les policiers doivent également supporter les provocations du dealer présumé: "Baissez les yeux p… ! Vous êtes chez moi ici, vous ne pouvez rien contre moi ! Je suis intouchable bande de p…", raconte le quotidien.

Les agents diplomatiques, le personnel administratif et technique d’une ambassade ainsi que leurs familles bénéficient en effet d’une immunité complète. Ils ne peuvent donc être ni arrêtés, ni détenus. Son domicile ne peut faire l'objet d'une perquisition sauf autorisation du chef de la mission diplomatique (source ministère des Affaires étrangères).

En cas de crime grave, les fonctionnaires consulaires de carrière et leurs familles peuvent être interpellés, mais le jeune Camerounais n'appartient pas à cette catégorie et le trafic de stupéfiants est un délit, pas un crime.

La seule possibilité pour qu'il puisse être interpellé serait donc la levée de cette immunité diplomatique. Cela peut être demandé par le ministère français des Affaires étrangères aux autorités camerounaises, mais elles sont libres de refuser.                              

Le trafiquant présumé peut narguer les policiers car il bénéficie de l’immunité diplomatique.

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