"Ligue du LOL": des journalistes accusés de harcèlement en ligne notamment sur des jeunes femmes

"Ligue du LOL": des journalistes accusés de harcèlement en ligne notamment sur des jeunes femmes

Publié le :

Lundi 11 Février 2019 - 11:17

Mise à jour :

Lundi 11 Février 2019 - 18:37
© Oli SCARFF / AFP
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La rédaction de France-Soir

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le monde médiatique est secoué par les révélations sur un groupe Facebook intitulé "Ligue du LOL" comprenant notamment de jeunes journalistes, accusés d'avoir au tournant de la décennie multiplié les blagues douteuses franchissant la ligne du harcèlement à l'encontre d'utilisateurs de Twitter. Plusieurs victimes sont des jeunes femmes.

Ils étaient jeunes journalistes au tournant de la décennie et très influents sur un réseau social encore à ses débuts: Twitter. Quelques années plus tard, certains occupent des postes dans les rédactions de journaux nationaux ou culturels, mais tous parisiens, et voient aujourd'hui leurs anciennes publications, et surtout leurs anciennes victimes, refaire surface.

Des membres d'un ancien groupe sur Facebook appelé la "Ligue du LOL" sont aujourd'hui au cœur des critiques sur les réseaux sociaux pour des actes de harcèlement qu'ils auraient fait subir, sur ces mêmes réseaux sociaux, principalement entre 2009 et 2012.

Ce groupe "Ligue du LOL", s'il existait formellement sur Facebook, comptaient des membres surtout actifs sur Twitter. Composé à l'époque principalement de jeunes hommes dans la vingtaine ou la petite trentaine, travaillant dans le domaine de la communication, de la publicité ou des médias,  le groupe prenait parfois à partie, sur le ton de l'humour mordant et poussant à la dérision, d'autres utilisateurs de Twitter à l'époque où le réseau social avait une audience bien moindre. La force notamment des membres de la "Ligue du LOL"? Leur position privilégiée, bien qu'en début de carrière, dans des domaines professionnels fortement exposés et leur nombre d'abonnés qui se comptaient à l'époque en milliers et aujourd'hui en dizaines de milliers.

Mais derrière cet humour parfois douteux, il y a aussi des accusations de harcèlement de la part de jeunes femmes, le plus souvent des journalistes débutantes qui elles aussi étaient présentes sur Twitter, comme le rapporte un article du journal Libération (dans sa rubrique "CheckNews") qui rapporte des témoignages étayés, parfois confirmés par les membres de la "Ligue du LOL" qui tentent de relativiser.

Eléments embarrassants de ces accusations: ils visent des femmes journalistes pour leurs positions féministes (souvent défendues d'ailleurs par les journaux où les hommes incriminés travaillent aujourd'hui), voire pour leur physique, avec à la clé des commentaires ou des plaisanteries graveleuses et offensantes.

"Dès que je partageais un article féministe, ils débarquaient, et ramenaient dans leur sillage des dizaines d’internautes qui m’insultaient et appelaient parfois au viol. Les membres de cette ligue étaient tous suivis par plus de 5.000 personnes, des gens très contents de pouvoir déverser leur venin. Ils étaient complètement inconséquents" explique l'une des victimes. Qui précise que: "C’était des gens qu’on connaissait, qu’on avait déjà croisé à des soirées, avec qui on avait travaillé. C’était ça qui faisait que c’était d’autant plus dur".

Les principaux journalistes pointés du doigt, qui confirment d'ailleurs leur appartenance au groupe et ont pour certains publié des excuses publiques, se retrouvent donc aussi bien dans la presse généraliste (Vincent Glad et Alexandre Hervaud de Libération), culturelle (David Doucet des Inrocks ou Olivier Tesquet de Télérama) ou la presse spécialisée (Stephen Des Aulnois du Tag Parfait, site spécialisé dans la culture porno).

Du côté de la classe politique certaines réactions au sommet de l'Etat dénoncent ces journalistes qui se plaisaient à harceler leurs victimes sur les réseaux. "Ce n'est pas 'internet' qui est impitoyable, c'est ce qu'on en fait" a déclaré Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité femmes-hommes dimanche 10. Un message de dénonciation a cependant fait polémique: celui d'Aurore Bergé qui critique dans un tweet ces "mecs cools" qui s'avéraient être "des harceleurs". Or des internautes ont exhumé un tweet de la députée datant de 2010 (elle était alors chez les jeunes de l'UMP) où, interpellée à propos du comportement de la "Ligue du LOL" qui faisait déjà parler d'elle, elle avait répondu "je vous annonce très officiellement que je m'en fous".

Les membres de la "Ligue du LOL" ont harcelé leurs victimes sur les réseaux sociaux.

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