Covid-19 : les anti-hydroxychloroquine et une certaine science française sont-ils tombés bien bas ?

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Covid-19 : les anti-hydroxychloroquine et une certaine science française sont-ils tombés bien bas ?

Publié le 28/08/2020 à 11:49 - Mise à jour le 17/09/2020 à 14:37
jacqueline macou
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Auteur(s): Le Collectif Citoyen pour FranceSoir

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Nous attendons de la science française des articles de fond sur l’explication du virus et de la Covid-19 comme tous les autres pays en publient, hors des essais cliniques sur tel ou tel médicament. Il eut d’ailleurs été appréciable que le ministère de la Santé ou l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale) recense ses études, les analyse, les commente et publie un tableau résumé avec un langage compréhensible pour le commun des mortels.  Ce rôle a été enfin rempli par l'IHU du professeur Raoult qui publie en temps réel une méta-analyse des études sur son site internet.

Cet article a fait l'objet d'une mise à jour ce 17 Septembre 2020 suite à la demande du Conseil de l'Imperial College.

A ce jour les 2 annonces au plus haut niveau de cette dernière a été une « annonce » par le Directeur des AP-HP sur « l’efficacité du tocilizumab « qui a entrainé la démission collective du comité supervisant cette étude qui contredisait l’étude du fabricant Roche et l’étude Discovery qui a « disparu des radars » malgré de maintes promesses y compris de la présidence de la République sur des résultats début mai 2020.

Aussi pourquoi s’étonner d’une seconde étude de « potaches » franco-suisse aux « ras des pâquerettes » 

 

Les auteurs : ils sont 6

2 sont de jeunes PhD, et un thésard Suisses (dont le classement  n'est pas parmi les meilleures : Universités Médecine de Genève- Zurich-Bale- Berne). Leurs thèses portent sur les végétaux (2) et la biodiversité du sol (1).  (Anthony Guihur  Biologie Moleculaire des plantes et médecine, Université de Lausanne, Mathieu Rebeaud Biologie Moleculaire des plantes et médecine, University de Lausanne, Matthieu Mulot  Biodiversité des sols University of Neuchâtel)

Pourquoi et comment ont-ils abouti dans cette publication sur l’hydroxychloroquine restera un mystère, sauf à croire qu’il fallait donner une « couleur internationale à l’étude », après que ces mêmes personnes se soient illustrées dans une étude canular parue la semaine passée. De plus certains auteurs publient d'autres études dans la revue, Frontier, considérée comme prédatrice.

2 sont des thésards de Paris-Sud (1ère et 3ème année) dont les thèses sont sur l’alimentation et les polluants et sur l’alimentation et les cancers. Thibault Fiolet, Inserm Epidémiologie et santé de la Population Health, Yahya Mahamat-Saleh CESP INSERM.

Le dernier Nathan Peiffer-Smadja INSERM, Imperial College UK et Hopital Bichat Claude Bernard, APHP, est principalement un militant « résident » (Interne en français) chez AP-HP dont l’activité depuis 2010 n’est pas claire.  Son acte principal récent a été de promouvoir une pétition non aboutie (3261 signataires contre 5000 attendus en deux mois) contre le Dr Perronne.  De plus c’est un étudiant lié à  Yazdan Yazdanpanah, un des membres du Conseil Scientifique et historiquement proche du laboratoire Gilead.  Ce même labo est fabriquant du médicament Veklury/remdésivir, récemment approuvé par l’Agence du Medicament Européenne (EMA),  pour lequel se pose des questions sur de graves effets secondaires et aucun effet thérapeutique sur la vie des patients.  Pour finir sur Nathan Peiffer Smadja travaille aussi à l'Imperial College, université notoirement financée par la fondation Bill & Melinda Gates qui a apporté plusieurs centaines de millions de dollars de financement. Or il n'a été déclaré aucun lien d'intérêt institutionnel.

 

Au mieux cette publication est un « second canular » de thésards, au pire, mais nous ne pouvons y croire, l’AP-HP et l’INSERM auraient délégué la « sale besogne » à des 3ème couteaux.

En tout état de cause pas un des 6 auteurs n’a apparemment la moindre connaissance universitaire (ne parlons même pas de pratique) sur la Covid-19 ou sur l’hydroxychloroquine, en fait aucun d’eux n’a seulement commencé à travailler.

 

La méthode

L’étude se veut une « méta-analyse » sur le lien entre hydroxychloroquine et décès. A ce titre les auteurs ont pris en considération quelques études scientifiques, publiées ou non,  portant sur des patients atteints de Covid-19 et des traitements à base d’HCQ.

Au total 829 articles ont ainsi été identifiés. Et 29 ont été retenus sur 829, sans qu’il soit dit à un seul instant quels étaient les critères d’exclusion des 800 autres. Curieusement et par ailleurs, il est écrit que sur 829 articles, 564 ont été exclus (sans explication) et que 29 ont été retenus sans que l’on sache ce que sont devenus les 236 autres. 

On apprend par ailleurs que, de l’aveu même des auteurs, la grande majorité des études ont des biais.

Autrement dit, les auteurs disent qu’ils n’ont trouvé aucun papier sans biais pour supporter leur étude. La conclusion de l’étude reste donc double

  • Tous les articles sur l’HCQ à ce jour sont biaisés
  • Cette étude n’a donc aucune valeur par construction

En outre il manque les deux dernières études belge et italienne parues cette semaine qui ont fait l’objet d’un article précédent et qui concluent à l’efficacité de l’hydroxychloroquine.

 

L’étude

L’étude n’apporte rien de nouveau puisqu’il s’agit juste d’un calcul scientifique agrégeant 29 études passées, se contentant de faire « la moyenne des moyennes » de travaux antérieurs. Les études observationnelles à ce jour agrégeaient des données d’hôpitaux et de patients.

Et pour cause, les auteurs n’ont pas vu un patient et n’ont pas accès aux données des patients.

 

Ces « potaches » ont inventé la méta-analyse des méta-analyses

La beauté, ou la naïveté ou l’aveu sont décrits dans la section « qualité de l’étude » selon les auteurs mêmes : Sur les 29 études retenues les auteurs reconnaissent que 14 ont des biais modérés ou sévères, 11 ont des biais critiques, une autre a un biais de sélection et trois ont des « problèmes ».

Ils s’essaient à expliquer dans leur annexe les biais des études sans rentrer dans le détail des éléments importants comme le dosage ou la période d’administration ou tout simplement le type de patients à qui on a administré le traitement.

 

Les auteurs reconnaissent que les 29 articles retenus (sur 829) sont tous biaisés, tout en omettant leur propre biais de sélection (les auteurs sont auto-proclamés contre l’hydroxychloroquine et contre le Pr Raoult et multiplient les attaques ad hominen sur internet), ou de confirmation.  Il est même étonnant qu’aucun de leur directeur de thèse ne se soit penché sur ces éléments-là, ce qui amène des questions et un certain discrédit sur les méthodes, process et contrôle au sein des organismes de recherches menant à la publication d’articles.  

En outre les auteurs remercient un certain Dominique Meroux Data Scientist chez Ford pour la relecture du manuscrit ainsi que Drifa Belhadi ingénieur de recherche à l’hôpital Bichat APHP

 

Les résultats

L’étude se résume à faire tourner des outils logiciels et statistiques sur des travaux et études antérieurs.  Il n’y a pas un seul patient de nouveau et rien de plus à ce que l’on sait déjà.

4 points principaux :

  • Quel que soit la qualité de l’outil logiciel, s’il tourne sur 29 articles et que les auteurs reconnaissent que ces 29 articles ont tous des biais sérieux, à l’évidence « garbage in , garbage out ». Au moins c’est écrit dans l’article. Cependant ce biais important aurait dû attirer l’attention de la bio statisticienne ou du data scientist ayant revu l’article. Le garde-fou du relecteur pour éviter le biais d’expert ou de confirmation n’a visiblement pas fonctionné.
  • L’étude ne faisant qu’agréger des résultats antérieurs, à l’évidence elle se contente de « faire  la moyenne des moyennes » sans vérifier pour autant si les études choisies n’avaient pas elle-mêmes des problèmes avec ces agrégats mathématiques.
  • Il suffisait de donner les liens des 3 ou 4 études aux plus larges échantillons (Recovery, Lancet) et le lecteur en savait déjà 10 fois plus.
  • La vérification : Les auteurs reprennent les données de certaines études ayant des dosages différents sur des patients aux comorbidités différentes.  Rien que cela aurait dû faire l’objet d’une vérification de la part des relecteurs ou même des directeurs de thèse de ces étudiants).  Il ne reste qu’à poser la question à ces personnes sur leurs rôles.  Il est impensable que le garde-fou d’un médecin ayant vu des malades Covid-19 n’ait pas fonctionné quand on mélange des patients atteints de cancer avec des patients plus légers ou tout simplement des patients n’ayant même pas été diagnostiqués positifs à la Covid-19.  Ce n’est plus la tempête de cytokines qui affecte le patient, mais les auteurs sont visiblement affectés par une « tempête des bêtises » qui les asphyxie et les empêche de voir la lumière.  Ou tout simplement par un manque d’expérience ou plus simplement de l’incompétence.

En outre les résultats sont entachés d’erreurs qui ont été identifiées par la communauté d’experts qui joue un rôle citoyen de garde-fou.

 

Ce que ces citoyens scientifiques, qui veillent sur la toile, ont identifié est très grave et montre plus encore l’incompétence de ces auteurs : les chiffres utilisés pour leur méta-analyse ne sont pas pour certains les intervalles ajustés, ce qui scientifiquement discrédite complètement cet article.

Contactés par la rédaction de FranceSoir, Yazdan Yazdanpanah n'était pas disponible pour répondre, pas plus que l'auteur T. Fiolet de l'étude. 

 

Que des potaches sans compétence sur le sujet « s’amusent » à des publications qui n’apportent absolument rien en faisant tourner des logiciels sur les travaux des autres, ce n’est déjà pas glorieux scientifiquement parlant, et la question qui viendra à l’esprit de tous :  est-ce que tous les thésards travaillant sur des thèses n’ayant rien à voir avec la Covid-19 ont du temps de libre ?

Mais en sus, le faire sur ce sujet actuel Covid 19 est un manque de dignité, de courage et de conscience envers les patients du Covid-19 et les scientifiques qui eux font les vraies recherches.

Et nous n’osons imaginer qu’ils aient été "instrumentalisés" ou "influencés" par les entités qui les hébergent sans en cibler aucune.

Que L’express, Le monde, BFM et bien d’autres médias se laissent abuser par un tel article pose également question sur les motivations de ces chercheurs et le rôle de ces médias dans cette cabale avérée des traitements à base d’hydroxychloroquine. Verra-t-on les services de validation des info les newsguard, decodeurs, checknews aller à l’encontre des informations publiées dans leur propre média ?  A qui profite la désinformation sélective ? Sortir de ce biais ne sera pas chose facile.

Si l'on peut se permettre le grand révélateur de cette crise est l'intelligence collective qui est à la fois un garde-fou de la pensée unique mais en même temps une arme des plus puissantes contre la désinformation. 

Auteur(s): Le Collectif Citoyen pour FranceSoir


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