Avec la holding de Deripaska, la Russie revient à la Bourse de Londres

Avec la holding de Deripaska, la Russie revient à la Bourse de Londres

Publié le :

Mercredi 08 Novembre 2017 - 13:09

Mise à jour :

Mercredi 08 Novembre 2017 - 13:15
© Olga MALTSEVA / AFP/Archives
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Par AFP

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La holding du milliardaire russe Oleg Deripaska, En+, a débuté officiellement sa cotation mercredi à la Bourse de Londres, la première introduction sur ce marché d'une société russe depuis le lancement de sanctions contre Moscou.

Premier actionnaire du géant de l'aluminium Rusal et présente dans l'électricité, En+ avait annoncé début octobre son intention d'entrer en Bourse sur le London Stock Exchange, avec une cotation officielle à partir du 8 novembre. Mercredi, elle est également entrée en Bourse à Moscou.

Il s'agit de la première entrée en Bourse d'une société russe sur le marché londonien depuis l'introduction des sanctions occidentales contre la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne, en 2014.

Peu avant 09H00 GMT, l'action En+ cotait 13,25 dollars, soit 5,36% de moins que son prix d'introduction fixé le 3 novembre à 14 dollars, qui a valorisé la société à hauteur de 8 milliards de dollars et lui a permis de lever 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros).

Le prix d'introduction avait été fixé dans le bas de la fourchette de 14 à 17 dollars annoncée auparavant, signe que les investisseurs ne se sont pas rués sur l'action.

"De manière générale, l'opération peut être considérée comme un succès, même si le prix a été fixé au bas de la fourchette", estime Dmitry Polevoy, économiste spécialiste de la Russie à la banque ING.

La place londonienne était très prisée des entreprises russes pour entrer en Bourse dans les années 2000, marquées par une forte croissance en Russie. Cet attrait s'est réduit depuis l'introduction de sanctions occidentales visant l'économie russe, dans la foulée de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014.

-importance symbolique-

"Alors que les sanctions ciblaient certaines entreprises et certains secteurs en particulier" dont En+ ne fait pas partie, "elles ont largement contribué à réduire l'appétit des investisseurs pour les actifs russes", estime William Jackson, économiste chargé des marchés émergents chez Capital Economics.

"Par conséquent, la vente d'actifs russes à des étrangers a une importance symbolique, puisqu'elle indique que l'attitude (vis-à-vis de la Russie) se réchauffe un peu".

Le directeur général d'En+ Maxime Sokov avait affirmé que cette entrée en Bourse était "la plus importante dans le secteur des métaux, des mines et des services publics dans le monde à ce jour", se réjouissant de "continuer à consolider tous les aspects de notre activité".

Il a présenté la capitale britannique comme "un centre financier respecté dans le monde entier et un hub mondial pour les secteurs de l'énergie et les métaux".

Cette double cotation à Londres et Moscou "va renforcer notre profil au sein de la communauté financière internationale, favoriser nos projets de désendettement et donner aux nouveaux investisseurs une chance de participer à une histoire enthousiasmante en terme de rendements et de croissance", avait-il souligné début octobre.

En 2014 déjà, il avait dit au quotidien économique russe Vedomosti l'intention du groupe de "devenir un animal maigre et musclé, qui a besoin de peu de nourriture et est prêt à sauter au bon moment".

Oleg Deripaska, 49 ans, fait partie des oligarques qui se sont enrichis dans les années suivant la chute de l'URSS et dont l'influence a diminué après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Sa fortune est estimée par Forbes à 6,5 milliards de dollars.

Présente surtout dans les métaux avec une participation dans le géant de l'aluminium Rusal et la production d'électricité, En+ a enregistré un chiffre d'affaires de près de 10 milliards de dollars en 2016.

Pour la place de Londres, cette cotation est une bonne nouvelle car le marché des introductions en Bourse a tourné au ralenti fin 2016 et début 2017. Il repart depuis quelque peu même si les investisseurs hésitent parfois à se lancer au vu de la volatilité du marché.

Le milliardaire russe Oleg Deripaska lors du Forum économique (SPIEF), à Saint-Petersbourg le 1er juin 2017


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