Accusé d'agressions sur mineurs, un ex-champion reconnaît "la quasi-totalité" des faits

Accusé d'agressions sur mineurs, un ex-champion reconnaît "la quasi-totalité" des faits

Publié le :

Lundi 21 Janvier 2019 - 15:24

Mise à jour :

Lundi 21 Janvier 2019 - 19:00
© MEHDI FEDOUACH / AFP
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Par AFP - Bordeaux

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Vincent Leroyer, ex-champion de France de natation et ex-manager du Rouen Hockey Club (RHC), accusé de viol et d'agressions sexuelles entre 1986 et 1996 sur cinq jeunes hockeyeurs, a reconnu lundi devant la cour d'assises de la Gironde "la quasi totalité des faits", sauf les pénétrations sexuelles.

Placé sous contrôle judiciaire depuis le 7 avril 2014, l'ancien sportif de haut niveau, âgé de 60 ans, comparaît libre pour des accusations d'"agressions sexuelles" et de "viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime". Il risque jusqu'à 20 ans de réclusion.

"Je reconnais la quasi totalité des faits à l'exception des actes de pénétration anale", dont l'accuse l'une des cinq parties civiles, a-t-il affirmé d'une voix claire et posée dans sa première déclaration au président de la cour Jérôme Hars.

Les jeunes garçons, dont deux frères, étaient âgés au moment des faits de 8 à 13 ans.

L'accusé a tenté d'expliquer, avec parfois des sanglots dans la voix, plus d'une centaine d'agressions sexuelles, fellations ou masturbations durant dix ans, qu'il décrit aujourd'hui comme des "actes répréhensibles" qu'il voyait à l'époque comme des manifestations de son "affection" à l'égard des jeunes hockeyeurs dont il avait la responsabilité en tant que manager de club.

Il s'est présenté devant la cour d'assises bordelaise comme un "enfant adultérin", élevé dans "un univers clos" par une mère célibataire de quatre enfants "très sévère, autoritaire" et même capable de violences physiques et psychologiques.

Il a évoqué "une vie familiale complexe et non normée", perturbée par les agressions sexuelles dont selon lui, il a été victime de la part de son frère.

Le président s'est alors étonné qu'il n'ait pas mentionné, lors de l'enquête de personnalité menée par les experts, les agressions sexuelles dont lui-même avait été victime dans son enfance. "Ces faits-là je les ai enterrés" tant ils sont "douloureux", a-t-il murmuré.

L'ancien champion de natation a également tenté de justifier les accusations dont il fait l'objet par "un complexe physique", explicité par le président Hars, la petite taille de son sexe. Une anomalie anatomique qui n'a pas été décelée lors des expertises, selon le président, mais qui selon l'accusé le perturbe depuis l'adolescence. "C'est pour moi, a-t-il dit, une source de honte et de frustration".

Au président qui relevait qu'il n'avait pas eu la "moindre relation conjugale avant l'âge de 44 ans" l'accusé a expliqué que sa sexualité "a toujours été source de douleur".

Le procès est programmé sur trois jours et doit s'achever mercredi à la mi-journée.

Un officier de police devant la salle d'audience aux Assises de la Gironde où est jugé Vincent Leroyer pour viols et agressions sexuelles sur mineurs le 21 janvier 2019


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