Air France: l'intersyndicale prête à "un fort durcissement du conflit"

Air France: l'intersyndicale prête à "un fort durcissement du conflit"

Publié le :

Jeudi 30 Août 2018 - 09:48

Mise à jour :

Jeudi 30 Août 2018 - 14:40
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Par Clément VARANGES - Paris (AFP)

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Les syndicats d'Air France repartent à la bataille: après 15 journées de grève pour les salaires au premier trimestre, ils se sont dit prêts jeudi à durcir le conflit pour obtenir gain de cause.

Ils fustigent l'immobilisme de la direction,en l'absence du nouveau patron d'Air France KLM, Ben Smith, attendu fin septembre.

"L'attitude totalement irresponsable des dirigeants d'Air France amène les organisations syndicales à conclure que seul un fort durcissement du conflit (...) est susceptible de forcer ces dirigeants à y mettre définitivement un terme", écrivent dans un communiqué commun les syndicats CGT, FO, SUD, SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF, SNPL et Alter.

L'intersyndicale "rendra publiques sous peu les actions qu'elle proposera à l'ensemble du corps social de la compagnie Air France pour rattraper et mettre fin définitivement au blocage des salaires", poursuit le texte.

"Ça fait quatre mois qu'on n'a pas fait grève, qu'on attend d'être joints pour négocier. Mais il y a eu zéro prise de contact de la direction", a déploré Françoise Rédolfi (Unsa PNC), interrogé par l'AFP en marge d'un comité central d'entreprise de la compagnie aérienne.

"Ils jouent la montre", a-t-elle commenté, regrettant l'absence à cette réunion du nouveau directeur général du groupe, Ben Smith, nommé le 16 août et qui doit prendre ses fonctions d'ici le 30 septembre.

"L'annonce faite le 16 août dernier de l'arrivée de M. Benjamin Smith au poste de directeur général d'Air France-KLM n'a absolument pas réglé la question du rattrapage de nos salaires bloqués de 2012 à 2017", écrivent les syndicats dans leur communiqué, disant faire "le constat amer qu'ils sont les seuls à qui l'on oppose l'absence du nouveau DG de la holding Air France-KLM (alors qu'il est déjà nommé) comme excuse hypocrite à l'immobilisme salarial".

"Le conseil d'administration nous disait qu'il n'était pas compétent pour traiter de la question des salaires mais pour négocier celui de Ben Smith, il n'y a eu aucun problème", a taclé Jérôme Beaurain (Sud-Aérien) en référence à la rémunération du nouveau patron du groupe, qui pourrait atteindre 4,25 millions d'euros, soit plus du triple de celle de son prédécesseur Jean-Marc Janaillac.

"Chez KLM, ils sont en train de négocier des augmentations. Pourquoi ce n'est pas possible chez Air France ?", s'est interrogé Laurent Le Gall (CFTC).

- Nouveau rendez-vous -

Une nouvelle intersyndicale doit se réunir le 7 septembre pour déterminer les "modalités" d'action, a-t-il indiqué, notant cependant une "réponse intéressante" de la direction au cours du comité central: "Ils nous ont fait savoir que le conseil d'administration donnera pour mission à Benjamin Smith de traiter la question salariale et d'aller peut-être plus loin dans la redistribution des salaires, en se penchant sur la répartition entre investissements et rémunération du personnel."

Les syndicats réclament un rattrapage général de 5,1% des salaires, correspondant à l'inflation 2012-2017.

Fin juillet, l'intersyndicale avait annoncé qu'avec ou sans PDG pour succéder à Jean-Marc Janaillac, qui avait démissionné en mai, le conflit pour les salaires reprendrait en septembre. Le syndicat de pilotes SNPL avait surenchéri par la suite en menaçant de "15 jours de grève" si la négociation avortée sur les salaires ne reprenait pas.

L'intersyndicale, composée de neuf organisations de pilotes (SNPL et Alter), d'hôtesses et de stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), avait déjà mené 15 journées de grève entre le 22 février et le 8 mai qui ont coûté 335 millions d'euros au groupe.

Le titre Air France-KLM s'enfonçait dans le rouge à la bourse de Paris jeudi à la mi-journée. A 12H00 (10H00 GMT) l'action lâchait 5,88% à 8,68 euros.

Depuis le début de l'année, l'action de la compagnie a perdu plus de 36% de sa valeur.

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