Attentat de Karachi: les enquêteurs privilégient la piste du terrorisme islamiste

Attentat de Karachi: les enquêteurs privilégient la piste du terrorisme islamiste

Publié le :

Mardi 08 Octobre 2019 - 09:03

Mise à jour :

Mardi 08 Octobre 2019 - 09:22
© Rehan ARIF / AFP/Archives
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Par AFP - Paris

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Dix-sept ans après l'attentat de Karachi, les enquêteurs français continuent de privilégier "la piste islamiste", et non celle de représailles à la décision de mettre fin à un pacte de corruption qui aurait permis de financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, selon une note consultée mardi par l'AFP.

Dans ce dossier tentaculaire, l'enquête antiterroriste est toujours en cours, tandis qu'un procès s'est ouvert lundi à Paris pour six protagonistes dans le volet financier de cette affaire.

Trois politiques, un industriel et deux intermédiaires sont soupçonnés d'avoir pris part à un système de commissions en marge de contrats d'armement, ayant donné lieu au versement de rétrocommissions -illégales - qui ont pu servir à financer la campagne de M. Balladur en 1995.

L'affaire de Karachi doit son nom à l'attentat qui avait fait le 8 mai 2002 quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN), et blessé douze autres dans la ville pakistanaise. Tous travaillaient à la construction d'un des trois sous-marins Agosta vendus à ce pays, sous le gouvernement Balladur (1993-1995).

Alors que l'enquête antiterroriste privilégiait initialement la piste d'Al-Qaïda, elle a commencé à explorer en 2009 la thèse de représailles à la décision de Jacques Chirac, tombeur d'Edouard Balladur à la présidentielle, d'arrêter le versement de ces commissions.

Or, dans une note de synthèse adressée en avril 2019 au juge d'instruction qui a repris le dossier, la DGSI affirme que "à ce stade des investigations, la piste islamiste comme explication de l'attentat de Karachi reste celle privilégiée".

"Le contexte de l'après-11 septembre 2001, l'intervention militaire française contre les talibans et plus généralement les menaces contre les intérêts occidentaux à cette époque et dans cette région du monde sont des éléments qui sont susceptibles d'accréditer cette thèse", souligne la DGSI, tout en concédant qu'"aucun élément nouveau n'a pu être recueilli sur les auteurs de cette action terroriste".

Avant de parvenir à cette conclusion, la note bat en brèche la pièce maîtresse de la thèse des représailles, les rapports Nautilus (du nom du sous-marin imaginé par Jules Verne), constitués de notes rédigées par un ancien des services de renseignement en 2002.

Pour la DGSI, ces rapports, seuls éléments reliant l'attentat à l'enquête sur la campagne d'Edouard Balladur, s'appuient sur des "sources non identifiées" et une "argumentation sans fondement objectif".

La police souligne que l'auteur des notes "lui-même reconnaît qu'il n'y avait aucune preuve d'un quelconque lien entre rétrocommissions et l'attentat, précisant qu'il s'agissait de son intime conviction, principalement basée sur les confidences d'anciens officiers de renseignement, non identifiés".

Le site de l'attentat, le 8 mai 2002, au cours duquel une voiture piégée, précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN), avait explo

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