Déraillement TGV à Marseille: retour à la normale vendredi, enquêtes lancées

Déraillement TGV à Marseille: retour à la normale vendredi, enquêtes lancées

Publié le :

Samedi 25 Août 2018 - 17:06

Mise à jour :

Samedi 25 Août 2018 - 23:52
© CHRISTOPHE SIMON / AFP
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Par Olivier LUCAZEAU, avec Nicolas GUBERT à Paris - Marseille (AFP)

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Au lendemain du déraillement d'un TGV, la SNCF a estimé samedi qu'il faudrait sans doute attendre vendredi prochain pour un retour total à la normale à Marseille où la circulation des TER reste perturbée, tandis que trois enquêtes ont été lancées pour déterminer les causes de l'incident.

"On prévoit un retour normal du trafic plutôt vendredi matin. Aujourd'hui, le trafic TGV et Intercités est normal et il sera normal demain, pour acheminer les grands retours. Pour les TER, on a un trafic adapté avec un TER sur deux entre Marseille et Aubagne et un bus sur Marseille et Aix toutes les 30 minutes", a déclaré samedi à l'AFP Olivier Bancel, directeur des opérations et de la production chez SNCF Réseau et qui officie en tant que directeur de crise.

Il espérait pouvoir confirmer dimanche vers 17H00 un plan de transport identique pour la semaine à venir, avant un retour à la normale du trafic des TER vendredi.

Parti à 14H37 de Paris, le TGV 6045 était "sorti de la voie" à l'entrée de la gare Saint-Charles vendredi peu avant 18H00, sans faire de blessés ni parmi les 350 voyageurs, ni parmi les agents à bord, selon la SNCF.

Outre l'enquête interne de la SNCF et l'enquête judiciaire, des investigations ont été lancées par le Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) pour faire la lumière sur les raisons du déraillement, a souligné le ministère des Transports samedi.

"On n'en sait pas plus" en l'état, a déclaré M. Bancel, rappelant que les sept dernières voitures du train dont la motrice de queue ont déraillé et doivent faire l'objet d'opérations de relevage afin de rendre visibles les installations sur lesquelles l'accident s'est produit.

"C'est arrivé sur une zone où il y a des aiguilles (aiguillages, NDLR), à très faible vitesse -27 km/h, selon les premières constatations-, le train était à quai, quasiment", a précisé M. Bancel.

"On a deux TGV accolés, qui sont des TGV duplex, donc excessivement lourds et excessivement longs (...), il faut relever ça très, très méticuleusement, il ne faut pas que le train bascule", a indiqué le responsable, ajoutant que l'opération avait démarré dans la nuit de vendredi à samedi et "prendra(it) entre deux et trois jours", avant une durée similaire pour la remise en état des voies.

"C'est une opération longue et délicate. Nous ne travaillons qu'avec des vérins, la présence de caténaires et de fils électriques empêchant l'utilisation de la grue", a expliqué Jean-Aimé Mougenot, le directeur régional de la SNCF en région Paca, lors d'un point presse à la gare Saint-Charles où 100.000 personnes étaient encore attendues ce week-end.

Sept voies sur les 16 que compte la gare sont indisponibles pour la circulation des trains, "soit parce que le train fait obstacle, soit parce que les aiguilles ne sont pas disponibles, soit parce que nous avons besoin des voies autour pour acheminer les moyens de réparation et de dégagement", a souligné M. Bancel.

- 350 agents supplémentaires -

Suite à l'accident, la SNCF a mobilisé 350 personnes supplémentaires, "en plus des personnes normales", notamment pour prendre en charge les passagers, dans les gares, de Paris à Marseille, ou pour les informer, en ce week-end de retours de vacances. "Elles sont mobilisées le jour et la nuit, ça va durer au-delà de la remise en état des installations", selon M. Bancel.

Trente à 40 personnes ont été mobilisées pour le relevage et 20 à 30 pour la remise en état des voies, selon M. Mougenot.

Le premier et seul déraillement mortel d'un TGV remonte au 14 novembre 2015, quand onze personnes avaient perdu la vie lors du dernier test sur le tronçon de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale alsacienne. La rame d'essais avait percuté un pont à 243 km/h puis chuté de la ligne.

Le dernier déraillement d'un train sur le réseau français remonte à celui du RER B le 12 juin 2018. Plusieurs voitures d'une rame s'étaient couchées entre Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) et Courcelle-sur-Yvette (Essonne), sur la partie de la ligne gérée par la RATP, faisant sept blessés légers, après l'effondrement du ballast, fragilisé par plusieurs jours de fortes pluies.

Photo du TGV qui a déraillé vendredi à la gare Saint-Charles à Marseille le 25 août 2018

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