Manifestation contre les agressions sexuelles à Ajaccio

Manifestation contre les agressions sexuelles à Ajaccio

Publié le 05/07/2020 à 20:03 - Mise à jour à 21:28
© FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Auteur(s): Par AFP - Ajaccio

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Entre 400 personnes selon les autorités et 600 selon les organisatrices ont manifesté dimanche à Ajaccio, après un premier rassemblement le 21 juin à Bastia, pour dénoncer les agressions sexuelles visant les femmes, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dimanche à 18H00, à Ajaccio, à l'appel du mouvement #IwasCorsica né sur Twitter, les manifestants, principalement des jeunes femmes arborant un tee-shirt blanc barré de l'inscription "I was", ont rallié la préfecture depuis le palais de justice en brandissant des pancartes "Prenez nos plaintes", "Non, c'est non", ou "Violeur, à toi d'avoir peur", et criant notamment "nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère !"

Entre cris et larmes, elles scandaient, derrière leurs masques anti-coronavirus, "police, justice, classement sans suite, vous êtes complices".

Le maire (DVD) d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, était présent en queue de cortège afin de "soutenir cette démarche pour que la manifestation de la vérité puisse se faire", a-t-il dit à l'AFP.

Un train avait été affrété gratuitement pour amener et ramener les manifestantes de Bastia (Haute-Corse) et Corte.

Anaïs Mattei, l'une des organisatrices des deux manifestations, ainsi que deux représentantes d'associations de défense des femmes ont été reçues par le préfet de Corse après la manifestation, à la demande de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes hommes.

Le collectif #IwasCorsica, en passe d'être créé, a remis ses revendications au préfet: parmi elles, une formation de la police "pour traiter correctement les plaintes", une présence renforcée de psychologues et infirmières formées aux violences sexuelles dans tous les lycées et collèges, et la création d'un "brevet de la non violence" en classe de 3e, a détaillé à l'AFP Anaïs Mattei.

La jeune femme a également précisé avoir réuni "15 témoignages de personnes prêtes à porter plainte".

"Ce seront des plaintes individuelles, mais nous allons aller ensemble, lundi ou mardi, au commissariat de Bastia pour déposer ces plaintes", a-t-elle annoncé.

Une enquête a été ouverte début juin suite à la diffusion d'une liste de noms d'agresseurs potentiels et a donné lieu à "48 plaintes pour diffamation en Haute-Corse", a indiqué à l'AFP la procureure de Bastia Caroline Tharot.

Une autre plainte pour diffamation a été enregistrée en Corse-du-Sud, selon une source proche de l'enquête.

Une "plainte pour un viol qui aurait été commis l'été dernier en Haute-Corse" a en outre, été déposée par l'une des quatre animatrices de la page @IwasCorsica sur Twitter, a ajouté Mme Tharot.

Samedi, une opération de collage de messages en langue corse et en français a été menée dans les rues de Paris, en soutien aux victimes de violences sexuelles de l'île, opération médiatisée par plusieurs photos sur les réseaux sociaux.

On pouvait notamment lire "mai piu zitte" (+plus jamais silencieuse+ en corse), "un si micca sola" (+vous n'êtes pas seules+) ou encore, en français, "Corse: île des justes, pas des violeurs".

Le mouvement #Iwas est apparu aux Etats-Unis le 1er juin et s'est répandu depuis à travers le monde avec des dizaines de milliers de témoignages.

Auteur(s): Par AFP - Ajaccio


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Des collages parisiens en soutien aux victimes de violences sexuelles en Corse, le 5 juillet 2020

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