Soupçons de corruption: le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi interrogé par la justice en Suisse

Soupçons de corruption: le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi interrogé par la justice en Suisse

Publié le :

Mercredi 25 Octobre 2017 - 11:15

Mise à jour :

Mercredi 25 Octobre 2017 - 15:00
© Fabrice COFFRINI / AFP
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Par AFP

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Nasser Al-Khelaïfi, président de beIN Media et du Paris SG, était entendu mercredi à Berne par la justice suisse, qui le soupçonne d'avoir corrompu Jérôme Valcke, ex-N.2 de la Fifa, pour l'attribution des droits de diffusion de deux Coupes du monde.

C'est en qualité de patron de beIN Media que le Qatari de 43 ans doit s'expliquer. Ce proche de l'émir du Qatar est arrivé en toute discrétion mercredi matin, échappant aux caméras qui l'attendaient à l'extérieur.

"Nous avons commencé à interroger le prévenu vers 9h45 (heure française/7h45 GMT)) ce matin", a indiqué André Marty, porte-parole du ministère public de la Confédération (MPC), à la vingtaine de journalistes, dont l'AFP, présents devant le bâtiment.

"Cela va prendre des heures, pour des raisons de traduction mais aussi en raison des nombreuses questions que nous avons et des réponses que nous souhaitons avoir de la part du prévenu", a poursuivi M. Marty, précisant que le président du PSG était arrivé vers 9h30 (heure française).

Puis, au moment de la pause d'une heure à la mi-journée, le porte-parole a indiqué: "C'est bien possible que ça dure plus qu'un jour. Dans ce cas une nouvelle date devrait être fixée avec les avocats et le prévenu, et il se pourrait bien que ce ne soit pas pour demain (jeudi)".

Interrogé sur les conditions de l'audition, M. Marty a dévoilé: "Il y a une bonne douzaine de personnes présentes dans la pièce, entre les avocats de toutes les parties concernées (ce qui suggère la présence d'un avocat de la Fifa, ndlr), le prévenu et deux procureurs du MPC".

- Villa sarde saisie -

L'affaire a éclaté le 12 octobre, quand la justice suisse a révélé l'ouverture d'une enquête pour "corruption privée" présumée dans l'attribution des droits médias des Coupes du monde 2026 et 2030, visant Al-Khelaïfi, corrupteur présumé, et Valcke, corrompu présumé.

Mais ce n'est pas le début de l'histoire. Le MPC a en réalité lancé sa procédure le 20 mars 2017, une enquête qui a conduit à une opération "coordonnée", menée simultanément en France, en Grèce, en Espagne et en Italie.

Pour le volet français, le 12 octobre, les bureaux parisiens de la chaîne de télévision qatarie beIN Sports ont été perquisitionnés par les services du parquet national financier (PNF) français.

Le lendemain, une villa à Porto Cervo, marina de carte postale en Sardaigne, estimée à 7 M EUR, a été perquisitionnée et saisie par la police italienne. Cette dernière soupçonne que cette résidence "constitue le +moyen de corruption+ utilisé par Nasser Al-Khelaïfi (...) à l'encontre (de Jérôme Valcke) pour acquérir les droits télévisés" incriminés.

Nasser Al-Khelaïfi ne s'est pas exprimé publiquement jusqu'ici. Me Francis Szpiner, son avocat, avait expliqué mercredi dernier à l'AFP que son client "contestait toute corruption" et "souhaitait être rapidement entendu à sa demande par le ministère public de la Confédération suisse".

Les grandes lignes de défense de celui que tout le monde appelle "Nasser" dans le milieu du ballon rond sont néanmoins connues.

- Nasser "est tranquille" -

Son entourage affirme depuis le début que beIN Media n'avait pas de concurrent pour les zones Afrique du Nord et Moyen-Orient. Et un porte-parole du groupe audiovisuel a soutenu à l'AFP que le contrat passé était "le plus avantageux possible" pour la Fifa.

Valcke a déjà été entendu par la justice suisse et s'est également défendu de tout délit ou toute infraction. "Je n'ai rien reçu de Nasser", a clamé dans L'Equipe le Français de 57 ans, déjà suspendu, par la Fifa, pour dix ans de toute activité liée au football, pour d'autres affaires.

"Nasser" n'est pas seulement visé par la justice civile suisse. La justice interne de la Fifa a dévoilé le 13 octobre l'ouverture d'une enquête préliminaire le concernant le boss de beIN Media.

Comment "Nasser" vit-il cette situation? Il faut se contenter des déclarations de ceux qui le côtoient au PSG, comme l'entraîneur Unai Emery qui a confié ce mercredi devant la presse au camp d'entraînement du club en région parisienne: "Il était dimanche avec nous à Marseille (pour le clasico du championnat de France), nous avons parlé avant le match et un peu après. Nous parlons de foot. Moi-même et l'équipe avons toute confiance dans le président. Il est tranquille".

"Nasser" n'est pas seulement visé par la justice civile suisse. La justice interne de la Fifa a dévoilé le 13 octobre l'ouverture d'une enquête préliminaire le concernant le boss de beIN Media.


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