Le pape prend la défense des migrants, le dossier de la pédophilie refait surface

Le pape prend la défense des migrants, le dossier de la pédophilie refait surface

Publié le :

Vendredi 25 Janvier 2019 - 04:25

Mise à jour :

Samedi 26 Janvier 2019 - 02:20
© Alberto PIZZOLI / AFP
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Par Kelly VELASQUEZ, Tupac POINTU - Panama (AFP)

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Le pape François a pris la défense des migrants qui ne sont pas, selon lui, porteurs du "mal social", vendredi en Amérique centrale, d'où partent régulièrement vers les Etats-Unis des caravanes de milliers de personnes fuyant la violence et la misère.

Au cours de cette même journée, le scandale des affaires de pédophilie au sein du clergé, absent jusqu'ici des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) au Panama, a refait surface.

Lors d'une conférence de presse, le porte-parole par intérim du Vatican, Alessandro Gisotti, a été interrogé pour savoir pourquoi ce dossier n'avait pas été abordé la veille par le pape lors d'une rencontre avec les évêques d'Amérique centrale.

Alessandro Gisotti a assuré que ce thème était "au cœur des préoccupations" de François, qui prépare pour fin février au Vatican une réunion mondiale de prélats très attendue sur "la protection des mineurs" au sein de l'Eglise.

"Il s'agira d'une occasion sans précédent d'affronter le problème et de trouver de vraies mesures concrètes pour que, lorsque les évêques repartiront de Rome vers leurs diocèses, ils soient en mesure de faire face à ce terrible fléau", a poursuivi le responsable du Vatican.

"Ce que je veux souligner, c'est qu'il n'est pas nécessaire qu'il (le pape) aborde ce sujet lors de chaque conférence avec les évêques ou à chaque fois qu'il y a des jeunes (...) Vous pouvez comprendre à quel point cette réunion (de février à Rome) est importante pour le pape", a-t-il ajouté.

En fin de journée, alors que le thermomètre affichait encore 36 degrés, le pape de 82 ans s'est rendu sur la scène géante montée au bord du Pacifique pour le chemin de croix.

Dans la tradition chrétienne, le parcours de la "Via Crucis" fait revivre le calvaire de Jésus, de sa condamnation à mort à sa crucifixion, sa mort et sa mise au tombeau.

"Nous voulons être l'Eglise qui favorise une culture qui sait accueillir, protéger, promouvoir et intégrer; qui ne stigmatise pas et, surtout, qui ne généralise pas, par la condamnation la plus absurde et la plus irresponsable, en identifiant tout migrant comme porteur de mal social", a déclaré François devant 400.000 personnes, selon les organisateurs.

- "Mur invisible" -

Des mots qui ont trouvé un écho particulier chez Herberth Cruz, étudiant salvadorien de 29 ans qui a fait 40 heures d'autocar pour venir au Panama. "Mes voisins ont dû émigrer à cause des gangs. On peut te tuer si tu passes par la mauvaise rue. Je ne pouvais pas aller à la messe dans ma paroisse car elle était sur le territoire d'une autre bande", a-t-il déclaré à l'AFP.

Chaque année, environ un demi-million de personnes d'Amérique centrale traversent le Mexique à la recherche du rêve américain, mais l'an dernier les migrants ont décidé de circuler en groupe, en caravanes misérables, provoquant la colère du président Donald Trump. L'année 2018 a également été marquée par l'exode massif de Vénézuéliens fuyant la crise économique et politique dans leur pays.

Dans la matinée, le chef des 1,3 milliard de catholiques dans le monde s'est rendu dans une prison pour mineurs à proximité de la capitale panaméenne.

"Avec la vie des gens, il semble plus facile de mettre des pancartes et des étiquettes qui figent et stigmatisent, non seulement le passé mais aussi le présent et l'avenir des personnes. Etiquettes qui, en définitive, ne font que diviser: ici il y a les bons et là-bas les mauvais; ici les justes et là-bas les pécheurs", a déclaré François devant les jeunes détenus du centre de détention de Pacora.

"Cette attitude pollue tout parce qu'elle élève un mur invisible qui laisse croire qu'en marginalisant, en séparant, ou en isolant, se régleront magiquement tous les problèmes", a-t-il poursuivi.

Peu avant, un des 180 détenus, qui "se voit dans une vie future être chef cuisinier", a raconté à François son parcours spirituel depuis son arrestation en 2016. "Je vous remercie de prendre le temps d'écouter un jeune privé de liberté comme moi, il n'y a pas de mots pour décrire la liberté que je ressens en ce moment. Merci pour ça", a-t-il dit au pape.

Ce même jeune a ensuite bénéficié d'une mesure de clémence des autorités: il a été libéré, comme huit autres détenus.

Dans un registre plus léger, en arrivant à la prison, Jorge Bergoglio a chanté "Joyeux anniversaire !" à une femme âgée qui avait attiré son attention dans la foule.

Le pape François lors de la cérémonie d'ouverture des Journées mondiales de la jeunesse à Panama le 24 janvier 2019.

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