Italie: les différents scénarios après les législatives

Italie: les différents scénarios après les législatives

Publié le :

Lundi 05 Mars 2018 - 06:56

Mise à jour :

Lundi 05 Mars 2018 - 07:38
© Tiziana FABI / AFP
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Par Ljubomir MILASIN - Rome (AFP)

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Les Italiens ont voté dimanche, à droite et pour les forces antisystème, mais sans parvenir à dégager une majorité claire, selon les premières indications, ce qui laisse envisager plusieurs scénarios possibles, selon les experts.

- Victoire de la coalition droite-extrême droite -

"Il est peu probable que l'un de ces trois prétendants puisse arriver à la majorité absolue, mais il y en a un, un seulement, qui pourrait y arriver. C'est la droite", a récemment déclaré Roberto D'Alimonte, directeur du département sciences politiques de l'université Luiss de Rome.

La coalition rassemble quatre partis, dont Forza Italia (FI, centre droit) de Silvio Berlusconi et la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, qui sont également engagées dans une compétition interne.

Cette coalition est en tête avec environ 37% des voix, la Ligue (16,7%) devançant FI (14%), selon la dernière projection réalisée par la chaîne de télévision publique RAI.

Si ces chiffres sont confirmés, la coalition n'aura pas la majorité parlementaire nécéssaire pour gouverner mais son principal dirigeant sera Matteo Salvini... à condition que M. Berlusconi tienne sa parole et se range bien derrière lui.

- Grande coalition -

Bruxelles misait sur une sorte de +grande alliance+ à l'allemande entre FI et le Parti démocrate (PD, centre gauche), mais les chiffres actuellement disponibles ne permettent pas de l'envisager.

Selon des estimations des différents instituts de sondage et médias, le PD et FI ensemble restent encore loin de la majorité parlementaire.

Pire, même s'ils réussissaient à convaincre d'autres partis europhiles et non anti-système, ils resteraient toujours loin de la majorité.

- Coalition anti-système -

Une autre coalition hypothétique, démentie par les intéressés avec encore plus de vigueur, pourrait à l'opposé réunir les +eurosceptiques+: la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (populistes).

Cette coalition hypothétique donne des sueurs froides à Bruxelles mais c'est la seule alliance qui disposerait de suffisemment d'élus pour avoir une majorité parlementaire stable, même si elle risque de rencontrer de fortes oppositions au sein des deux partis.

Selon des projections réalisées au milieu de la nuit, La Ligue et le M5S auraient 355 sièges à la Chambre des députés (majorité 316) et 168 au Sénat (majorité 158).

- Pas de majorité parlementaire -

Si aucune majorité ne se dessine, le président de la République, Sergio Mattarella, devrait laisser en place le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni (centre gauche), qui n'a pas besoin de demander la confiance du nouveau Parlement, pour gérer les affaires courantes. Le temps éventuellement de convoquer de nouvelles élections.

Reste que la procédure va prendre du temps. Les deux chambres se réuniront pour la première fois le 23 mars pour élire les deux présidents et constituer les groupes. Alors seulement, M. Mattarella entamera ses consultations.

Pas de quoi surprendre l'Italie qui a appris à vivre dans l'incertitude: elle a connu plus de 60 gouvernements depuis le début de la République en 1946.

Une personne vote, le 4 mars 2018 à Rome, lors des élections en Italie

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