Les grandes figures de la saga Brexit

Les grandes figures de la saga Brexit

Publié le :

Lundi 21 Janvier 2019 - 07:55

Mise à jour :

Lundi 21 Janvier 2019 - 07:58
© OLI SCARFF / AFP/Archives
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Par Edouard GUIHAIRE - Londres (AFP)

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Depuis la genèse du Brexit jusqu'au rejet de l'accord de sortie de l'UE mardi soir par les députés, ils ont contribué à forger le destin du Royaume-Uni ces dernières années. Voici les grands acteurs de cette saga historique:

David Cameron

Il restera dans les livres d'histoire comme le Premier ministre par qui est arrivé le Brexit. C'est lui qui, en 2013, avait promis d'organiser cette consultation pour tenter de calmer la frange eurosceptique de son parti conservateur et devant la montée du parti europhobe et anti-immigrés Ukip.

En 2016, ce conservateur pragmatique, fustigé par l'opposition travailliste pour sa politique d'austérité, mène campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Il tire les conclusions du résultat du référendum en annonçant sa démission, après six ans au pouvoir.

Il s'est depuis retiré de la vie politique pour écrire ses mémoires. Dans une rare intervention le 16 janvier, il a déclaré qu'il ne regrettait pas d'avoir organisé le référendum mais qu'il regrettait profondément le résultat et les difficultés qui ont suivi.

Nigel Farage

Député européen, ancien chef de l'Ukip, Nigel Farage a fait du Brexit le but ultime de sa vie politique.

Cet ancien trader a été élu "Britannique de l'année 2014" par le Times après avoir victorieusement conduit son parti lors des élections européennes. Mais son image controversée, ses propos sur les malades du sida dont il faudrait interdire l'entrée au Royaume-Uni, l'écartent de la campagne officielle pro-Brexit en 2016.

Pas du genre à se taire, Farage mène sa propre campagne et crée la controverse avec des affiches de campagne exploitant à fond le thème de l'immigration. Il quitte l'UKip après le référendum en estimant avoir "accompli (sa) mission".

Il s'est toutefois dit prêt à revenir sur la scène politique avec un nouveau parti.

Boris Johnson

L'ancien maire de Londres a été l'un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum de juin 2016. Avant de renoncer à s'engager dans la compétition pour prendre la tête du gouvernement et gérer la sortie de l'UE.

Devenue Première ministre, Theresa May décide de le nommer ministre des Affaires étrangères pour s'attirer les faveurs du camp pro-Brexit. Mais Boris Johnson n'a eu de cesse de lui savonner la planche en critiquant sa stratégie dans les négociations avec Bruxelles, avant de claquer la porte pour devenir un de ses opposants les plus farouches au sein des conservateurs.

Charismatique, populaire et politicien habile, "Bojo", a aussi une personnalité clivante qui lui vaut nombre d'inimitiés et son bilan en tant que chef de la diplomatie, critiqué, ne plaide guère en sa faveur. Il est régulièrement cité comme un candidat à la succession de Theresa May.

Theresa May

Après avoir tièdement milité pour le maintien dans l'UE lors de la campagne référendaire, Theresa May, un peu faute de concurrence, succède en juillet 2016 à David Cameron avec une mission vertigineuse: mettre en oeuvre le Brexit dans un pays profondément divisé sur la question.

Travailleuse, disciplinée, cette ancienne ministre de l'Intérieur s'y attelle avec une résilience qui force l'admiration de ses détracteurs, malgré les critiques incessantes sur sa stratégie, y compris au sein de son propre parti.

En décembre, elle réchappe à un vote de défiance organisé par des députés conservateurs hostiles à l'accord de Brexit puis survit en janvier à une motion de censure déposée par l'opposition travailliste. La question de son maintien à la tête de l'exécutif reste toutefois d'actualité après le rejet massif par les députés de l'accord qu'elle avait négocié avec Bruxelles.

Gina Miller

C'est la victoire judiciaire remportée par cette femme d'affaires qui a contraint le gouvernement à consulter le Parlement sur le processus de sortie de l'UE.

Cette procédure judiciaire a fait d'elle une héroïne nationale pour les uns, une paria pour les autres, certains adversaires l'accusant de vouloir déjouer le résultat du référendum de juin 2016 sur le Brexit.

Elle continue aujourd'hui son combat et mène campagne pour "mettre fin au chaos" du Brexit et fournir "des informations impartiales" aux Britanniques.

Jeremy Corbyn

Chantre de la gauche radicale, le chef des travaillistes, principal parti d'opposition au Royaume-Uni, a été accusé de n'avoir pas fait assez pour empêcher le Brexit. Pas forcément étonnant de la part de cet eurosceptique, plus à l'aise sur les questions intérieures.

Le rejet de l'accord de Brexit est l'opportunité qu'il attendait pour lancer l'offensive contre Theresa May: il a immédiatement déposé une motion de censure contre le gouvernement, dans l'espoir d'obtenir de nouvelles élections législatives, mais celle-ci a été repoussée par les députés.

Jeremy Corbyn plaide pour un maintien dans l'union douanière et la garantie que les travailleurs continuent de bénéficier des protections sociales en cours dans l'UE.

Il a refusé de discuter avec Theresa May pour résoudre le casse-tête du Brexit tant que l'exécutif n'aura pas exclu l'éventualité d'une sortie sans accord, synonyme de rupture brutale des liens tissés entre Londres et l'UE.

David Cameron fait une déclaration devant le 10 Downing Street avant d'aller présenter sa démission à la reine Elizabeth II, le 13 juillet 2016 à Londres


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