Le Velvet Underground à l'honneur à la Philharmonie de Paris (DIAPORAMA+VIDEO)

Hommage posthume

Le Velvet Underground à l'honneur à la Philharmonie de Paris (DIAPORAMA+VIDEO)

Publié le :

Mercredi 06 Avril 2016 - 16:36

Mise à jour :

Jeudi 07 Avril 2016 - 14:28
"New York Extravaganza": c'est le nom de l'exposition que consacre jusqu'au 21 août la Philharmonie de Paris, à la Cité de la Musique, au Velvet Underground. Un groupe de rock mythique, boudé de son vivant (1965-1970) car trop novateur pour son époque, et qui a connu le succès ensuite, une fois disparu.
©Gerard Malanga
PARTAGER :

Raphaëlle de Tappie

-A +A

Quarante-trois ans après la dissolution du Velvet Underground, la Philharmonie de Paris rend hommage au mythique groupe new-yorkais à travers une exposition psychédélique et multimédias.

Dans le New York des années 60, tout est permis. En pleine libération sexuelle et artistique, la ville se moque d'une Amérique d'après-guerre consommatrice à outrance. En décembre 1964, John Cale, musicien d’avant-garde gallois, rencontre Lou Reed, poète surdoué et dépressif. Le guitariste Sterling Morrison se joint à eux. Ensemble, ils répètent longuement en compagnie du percussionniste Angus MacLise.  La première partie de l’exposition présente tous ces protagonistes hauts en couleurs en images, en films et en sons. Le tout enrobé d’affiches, de courts métrages et de photos de l’époque. La marche de Martin Luther King, l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, les débuts d’Andy Warhol et du cinéma underground… le contexte est mis en place dans un ensemble fourre-tout qui symbolise bien l'esprit du groupe. Il y en a tellement que le spectateur ne sait plus où regarder.

Puis, en décembre 1965, le groupe fait la connaissance de l’androgyne Moe Tucker. Appelée en catastrophe pour remplacer Angus MacLise à la batterie, elle prend finalement sa place. Le Velvet Underground est né. Quelques semaines plus tard, le groupe est découvert par Andy Warhol. Immédiatement séduit par ce son brut et cynique, l’artiste propose de prendre en main sa carrière et l’emmène répéter à la Silver Factory, pépinière d’artistes branchés dont certains sont présentés dans une nouvelle salle de l'exposition, en photos et en sons. Tout ce petit monde évolue dans joyeux chaos autour du futur roi du Pop Art.

Sous l’impulsion de ce dernier, la mannequin et actrice Nico devient la chanteuse du Velvet Underground. Représenté par sa jolie tête blonde, le groupe enregistre son premier album, sobrement intitulé The Velvet Underground & Nico, plus tard surnommé par les fans "album à la banane",  en raison de la forme jaune et phallique qui orne la pochette, conçue par Andy Warhol lui-même.  Mais, désorienté par ses chansons froides et fatalistes, le public n'est pas au rendez-vous, explique au visiteur un film en noir et blanc qu'il peut regarder les yeux en l'air, confortablement installé sur une couchette.

En quête de changement, Lou Reed se sépare de Nico et s’éloigne d’Andy Warhol. En janvier 1968, le groupe sort son deuxième album, White Light/White Heat. Encore plus brut de décoffrage et expérimental que le premier, c’est un nouvel échec commercial. Dans ce contexte difficile, les tensions entre Reed et Cale s’accentuent et le second finit par prendre la tangente. Fatigué des expérimentations extrêmes et en quête de reconnaissance commerciale, Reed engage Doug Yule pour le remplacer. Ensemble, ils s’éloignent de l’effervescence new-yorkaise et sillonnent les routes d’Amérique du Nord, dans des sonorités plus douces et plus intimes. Preuve en est avec le troisième album du groupe, simplement intitulé The Velvet Underground, dont on peut écouter quelques extraits dans l'exposition.

Mais Lou Reed en a assez. Le 23 août 1970, à l’issue d’un concert donné au Max’s Kansas City de New York, il annonce son départ. Le Velvet Underground disparaît dans l’indifférence générale. Avant d’être porté aux nues quelques années plus tard par une figure de proue émergente de la pop: David Bowie. A partir de là, la donne change: des disques pirates émergent de tous les coins et des titres inédits apparaissent, poussant la presse à retourner sa veste sur ce groupe qu'elle avait si souvent étrillé. Loin de se limiter à la sphère musicale, l'influence du Velvet se propage jusqu'à devenir un symbole de la pop culture, inspirant dessinateurs de BD et artistes en tous genres, comme le prouvent les oeuvres exposées (un peut trop rapidement peut-être) comme autant de symboles de la revanche posthume du groupe. 

(Voir ci-dessous le clip de Venus in Furs, chanson extraite du premier album du groupe, The Velvet Underground & Nico, et un diaporama sur le groupe):

Infos pratiques

> The Velvet Underground, New York Extravaganza à la Philharmonie de Paris (Metro Ligne-5, Porte de Pantin) jusqu'au 21 août.> Ouvert du mardi au jeudi de 12h à 18h, le vendredi de 12h à 22h, le samedi et dimanche de 10h à 22h.> Tarif de base adulte plein tarif: 10 euros, tarif abonné: 8 euros, tarif réduit: de 5 à 8 euros.

 

Moe Tucker, Sterling Morrison, Lou Reed et John Cale à Los Angeles en 1966.

Commentaires

-