Critique— "First Man, le premier homme sur la Lune": Ryan Gosling dans la peau de Neil Armstrong (vidéo)

Critique— "First Man, le premier homme sur la Lune": Ryan Gosling dans la peau de Neil Armstrong (vidéo)

Publié le :

Mardi 16 Octobre 2018 - 06:22

Mise à jour :

Mercredi 17 Octobre 2018 - 09:32
CRITIQUE – Ryan Gosling interprète l'astronaute Neil Armstrong dans "First Man, le premier homme sur la Lune", qui sort ce mercredi. Le film est réalisé par Damien Chazelle, le réalisateur de "La La Land" qui avait obtenu six Oscars l'an dernier.
©Universal Pictures
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Jean-Michel Comte

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SORTIE CINÉ – Un héros qui n'avait pas conscience de l'être: c'est ainsi qu'est décrit l'astronaute Neil Armstrong par le réalisateur Damien Chazelle dans son nouveau film First Man, le premier homme sur la Lune, qui sort sur les écrans français ce mercredi 17 octobre.

Ce n'est pas vraiment un biopic mais un film qui raconte les quelques années qui ont précédé la mission Apollo 11 et le plus bel exploit de l'histoire de l'humanité, ce 21 juillet 1969 quand l'homme a marché sur la Lune pour la première fois. Ryan Gosling interprète ce Neil Armstrong passé à la postérité et décédé en 2012 à l'âge de 82 ans.

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Le film commence par des images impressionnantes d'un vol d'avion-fusée expérimental en 1961. Neil Armstrong, pilote d'essai au sang-froid remarquable mais que ses supérieurs jugent "un peu distrait", atterrit dans le désert de Mojave en Californie après avoir frôlé la mort.

L'année suivante, il intègre l'équipe des astronautes de la Nasa. Les Américains ont besoin d'hommes solides, à la fois pilotes et ingénieurs, pour rattraper leur retard sur les Soviétiques dans la conquête spatiale. Ce seront les programmes Gemini et Apollo.

Pendant ces sept années d'entraînement, d'efforts et d'angoisses, Neil Armstrong verra plusieurs de ses collègues et amis mourir en mission. Pendant ces années, lui-même tentera d'être un mari aimant et un père attentif pour ses deux jeunes fils, après avoir vécu le drame de la mort de sa fille Karen, décédée d'un cancer à l'âge de trois ans. Et pendant ces années, en levant la tête vers le ciel il verra la Lune semblant le narguer et l'attendre…

"Certes, il y a d’autres films qui racontent ce moment de l’Histoire, mais je voulais savoir ce que cet homme avait dû endurer au cours de toutes ces années précédant la mission", explique le réalisateur Damien Chazelle, couvert d'éloges pour son précédent film La La Land et qui, ici, se révèle plus classique, plus sobre, plus modeste –à l'image du personnage de Neil Armstrong.

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Il a voulu mêler la légende et l'intime, la grande Histoire et la vie familiale de ce héros discret, le "bon de géant pour l'humanité" et le "petit pas pour l'homme". Parallèlement aux scènes de la conquête spatiale –très réalistes et très réussies–, le réalisateur montre un Neil Armstrong qui, dans la vie de tous les jours, doute parfois de l'opportunité de sacrifier à sa carrière une partie de sa vie familiale. "Pour en savoir plus, j’ai dû enquêter sur la vie familiale de Neil: cette histoire devait se dérouler entre la lune et la cuisine, l’immensité de l’espace côtoyant la dimension prosaïque de la vie quotidienne. J’ai choisi de tourner ce film comme le ferait un témoin, espionnant à la fois les missions spatiales et les moments les plus intimes de la famille Armstrong".

Dans cette description de la vie privée de l'astronaute, sa femme Janet prend une grande place. Interprétée avec beaucoup de caractère et de sensibilité par Claire Foy (vue récemment dans le film de Steven Soderbergh Paranoïa), elle confiait à une de ses amies: "J'ai épousé Neil parce que je voulais une vie normale".

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Le film est adapté du livre de James R. Hansen Le premier homme: à la découverte de Neil Armstrong (Ed. Robert Laffont), paru en 2005, biographie autorisée de Neil Armstrong, qui avait aussi donné son aval pour en tirer un film quand les producteurs lui en ont parlé avant sa mort en 2012. Depuis, ses fils Rick et Mark ont eux aussi donné leur accord quand le film a été tourné.

On est loin de la poésie, de l'inventivité, de l'envergure, de l'enchantement de La La Land et, paradoxalement, Damien Chazelle retombe sur Terre dans cette histoire de conquête spatiale racontée de manière classique et épurée, sans envolées mélodramatiques ni violons. Le film est un peu long (2h20, mais il fallait résumer huit années de conquête spatiale) et manque parfois d'un peu de souffle historique.

Mais il évite le piège des images d'actualité de l'époque et vaut surtout par ces moments d'émotion presque furtifs, qui montrent un Neil Armstrong auquel l'interprétation délicate et sobre de Ryan Gosling donne une image de héros discret, tout en retenue, qui ne sourit jamais, presque étonné d'être entré dans l'Histoire.

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Neil Armstrong (Ryan Gosling) en route pour la mission Apollo 11, avec Michael Collins (à gauche) et Buzz Aldrin (à droite).


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