"It Follows": une horreur est si vite arrivée

"It Follows": une horreur est si vite arrivée

Publié le :

Mercredi 04 Février 2015 - 08:52

Mise à jour :

Vendredi 06 Février 2015 - 16:28
Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer, le film d'épouvante américain "It Follows", qui sort ce mercredi 4 février sur les écrans français, est remarquable par la qualité de sa réalisation, de son scénario et de son interprétation.
©Metropolitan FilmExport
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Jean-Michel Comte

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C'est un film d'épouvante et un film d'ados. Mais pas comme les autres, genre Destination finale. Non, It Follows, deuxième film du jeune réalisateur américain David Robert Mitchell, est un film d'horreur ordinaire pas ordinaire.

Car une horreur est si vite arrivée... Jay, une jeune fille de 19 ans apparemment sans histoires, bascule dans le cauchemar après avoir accepté de coucher avec son petit ami à l'arrière de sa voiture. "Cette chose, elle va te suivre", lui dit-il en la quittant. Et d'ajouter: "ne va pas dans les endroits sans issue de secours"...

Cette "chose"? En faisant l'amour, Jay a attrapé une sorte de malédiction, dont son amant s'est débarrassé en la lui transmettant. Désormais, Jay est suivie par des sortes de morts-vivants qui apparaissent à l'improviste, prennent l'aspect à chaque fois d'une personne différente, connue ou inconnue d'elle, qui avance lentement vers elle et que, bien sûr, les autres ne voient pas.

Avec sa soeur et ses copains, Jay va essayer de fuir. Mais peut-on fuir cette "chose"? A moins de s'en débarrasser à son tour. Mais alors, qui va accepter de coucher avec elle?...

Le scénario de ce film singulier peut s'interpréter de diverses façons: la contamination du sida ou des MST par le sexe, mais aussi la viralité des réseaux sociaux (Jay, en fuyant, s'isole peu à peu du reste du monde et reste avec un petit noyau d'amis), l'angoisse de la jeunesse au moment de basculer dans la vie adulte, etc.

"Ce que je crains, c'est que si je commence à donner des explications, je gâche la magie du film", souligne le réalisateur. "Mais je pense que la période où l'on découvre sa sexualité peut être effrayante. On est alors traversé par toutes sortes d'angoisses. Et il me semblait que c'était intéressant de s'y pencher sous un autre angle".

Il explique que l'idée du film lui est venue "d'un cauchemar que je faisais régulièrement quand j'avais 10 ans --et que pas mal de gens font, à mon avis--, où j'avais l'impression d'être suivi par une présence".

Après un premier film intimiste en 2010, La légende des soirées pyjamas (The Myth of the American Sleepover), chronique adolescente sur la jeunesse américaine, David Robert Mitchell a particulièrement soigné ici la réalisation, la lumière, l'atmosphère étrange et dérangeante, l'enchaînement des scènes, l'équilibre entre l'angoisse et l'humour noir, entre l'attente que quelque chose arrive et son apparition (ou pas), le jeu des jeunes acteurs entre insouciance et affolement. La scène choc d'introduction du film est particulièrement réussie tout comme, vers la fin, une formidable séquence dans une piscine fermée et déserte.

Le jeune réalisateur (40 ans), qui se dit influencé par David Lynch, David Cronenberg, John Carpenter ou Roman Polanski, devient déjà un habitué des festivals: Semaine de la Critique à Cannes, Toronto, Deauville, Sundance, et récemment le Festival du film fantastique de GérardmerIt Follows a obtenu du Grand Prix et le Prix de la critique.

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

 

 

Pour Jay (Maika Monroe), c'est l'angoisse...


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