"Les veuves": les ex-femmes de gangsters passent à l'action (video)

"Les veuves": les ex-femmes de gangsters passent à l'action (video)

Publié le :

Mardi 27 Novembre 2018 - 07:41

Mise à jour :

Mercredi 28 Novembre 2018 - 11:54
CRITIQUE – Tiré d'une série télé britannique des années 80, le film "Les veuves", de Steve McQueen, le réalisateur de "12 Years a Slave", sort mercredi. Il raconte l'histoire de quatre veuves de gangsters qui ne se connaissaient pas mais prennent en main leur destin.
©20th Century Fox
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Jean-Michel Comte

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SORTIE CINÉ – Quatre femmes, veuves de gangsters morts dans un braquage raté, décident d'unir leurs forces pour terminer ce que leurs maris avaient commencé: c'est le scénario –un peu invraisemblable mais très féministe– du film Les veuves, qui sort ce mercredi 28 novembre sur les écrans français.

Veronica (Viola Davis), femme au niveau de vie aisé, ancienne dirigeante syndicale, habite dans un appartement chic à Chicago et se fait conduire par un chauffeur. Elle est mariée à Harry Rawlings (Liam Neeson), un criminel professionnel dont elle ignore semble-t-il les coupables activités.

Elle va les découvrir à la suite d'un braquage raté dans lequel son époux périt avec les trois gangsters qu'il avait engagés. Elle hérite d'un carnet détaillé dans lequel figure le plan du prochain hold-up prévu par les gangsters décédés.

L'histoire pourrait s'arrêter là mais le mari devait une grosse somme d'argent à un groupe de gangsters dirigé par un politicien noir, qui la menace et lui donne un mois pour lui rembourser son argent. Sans ressources, elle décide alors de contacter les veuves des trois complices de son mari, et leur propose d'effectuer elles-mêmes le hold-up prévu par leurs hommes.

Deux d'entre elles (Michelle Rodriguez et Elizabeth Debicki), elles aussi démunies et ruinées, acceptent de tenter le coup. La troisième ne se manifeste pas dans l'immédiat. Mais une amie (Cynthia Erivo), coiffeuse et mère célibataire qui n'a pas froid aux yeux, va les aider.

Les quatre néo-braqueuses, de milieux et d'origines différents, n'avaient rien en commun et ne se connaissaient pas mais s'unissent pour prendre leur destin en main…

C'est le quatrième film du réalisateur britannique Steve McQueen, après Hunger (2008), Shame (2011) et surtout son film sur l'esclavage 12 Years a Slave qui obtint l'Oscar 2014 du meilleur film. Les veuves est adapté d'une série télé britannique des années 80, Widows, qu'il regardait quand il était adolescent. "Le fait que ces femmes parviennent à réaliser ce dont personne ne les croyait capables m’a marqué très profondément, d’autant plus qu’à cette époque je me sentais moi-même sous-estimé. Longtemps après, lorsque je suis arrivé à Hollywood, j’ai été frappé par la quantité d’actrices talentueuses qui n’avaient pas de travail. J’ai alors pris la décision de me lancer, une fois mon projet sur l’esclavage terminé, dans la réalisation d’un film axé sur les personnages féminins".

L'idée d'une équipe féminine de braqueuses fait penser au film Oceans's 8, mais ici l'histoire a comme décor Chicago –théâtre de ségrégation raciale, de violence, de corruption, de magouilles politiques– et comme toile de fond une élection municipale qui va influer sur le hold-up (avec Robert Duvall et Colin Farrell dans le rôle de deux politiciens blancs véreux opposés à leur adversaire noir criminel).

Viola Davis, Oscar 2017 de la meilleure actrice pour Fences, de Denzel Washington, tient avec conviction le rôle principal de ce film à suspense, aux côtés d'un Liam Neeson qui, malgré les flash-backs, a un petit rôle –puisqu'il meurt au début– mais se montre toujours aussi à l'aise dans l'action, comme il l'était récemment dans The Passenger. 

Les invraisemblances et rebondissements en cascade qui nourrissent habituellement une série télé à épisodes se succèdent ici un peu trop vite dans un film de deux heures –qui ne manque donc ni de rythme ni de suspense, surtout vers la fin (on ne va pas spoiler, mais il se passe beaucoup de choses…).

On ne boudera cependant pas son plaisir: le scénario est bien ficelé, les dialogues parfois musclés, les scènes d'action impeccables (le braquage du début, les poursuites en voiture). Et surtout les femmes refusent de jouer les victimes –c'est dans l'air du temps.

Lire les critiques:

Ocean's 8: allez les filles! (la critique garantie sans spoiler)

Fences: le théâtre filmé de Denzel Washington (vidéo)

The Passenger: train d'enfer pour Liam Neeson (vidéo)

Viola Davis mène la révolte des veuves.


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