EXCLUSIVITE : Et si Didier Raoult avait raison ? Traiter et laisser prescrire - partie 3

EXCLUSIVITE : Et si Didier Raoult avait raison ? Traiter et laisser prescrire - partie 3

Publié le 22/07/2020 à 16:09 - Mise à jour à 17:00
Guy Courtois
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Auteur(s): FranceSoir

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Extraits du chapitre 4 sur 22 – Traiter et laisser prescrire, du livre de Guy Courtois : Et si Didier Raoult avait raison ?  

Guy Courtois est l’auteur de « Et si Didier Raoult avait raison ? Les coulisses d’un scandale international. » un ouvrage qui s’intéresse à la crise sanitaire mondiale que nous vivons encore.  

FranceSoir propose en exclusivité cette semaine, la lecture du chapitre 4 découpé sous forme de plusieurs articles publiés à raison d’un par jour.

SYNTHÈSE DU CHAPITRE 4

Faut-il traiter en période de crise ? Même si nous n’avons pas une totale certitude ?

Didier Raoult ne se pose pas la question et traite à Marseille.

Pour autant, ils sont nombreux à exprimer des réticences vis-à-vis de cette approche.

 

1- LE MANQUE DE CONFIANCE ACCORDÉE À LA MÉDECINE LIBÉRALE EST DOMAGEABLE

La mise à l’écart de la médecine libérale au profit des structures hospitalières a accentué la pression sur ces dernières. Les conséquences sanitaires en résultant auraient pu être évitées.

 

2- LES ENJEUX SONT IMPORTANTS AUTOUR DE LA LIBERTÉ DE PRESCRIPTION DES MÉDECINS.

Le retrait de la liberté de prescription aux médecins généralistes fait naître la colère et l’incompréhension au sein du corps médical.

Aux États-Unis, tout porte à croire que les médecins ont conservé leur liberté de prescription.

Le calvaire des médecins n’est pas terminé car la liberté de prescription est une nouvelle fois attaquée, via la problématique de l'azithromycine.

Mais que dit le Serment d’Hippocrate ?

 

3- L’ESSENCE MÊME DU MÉTIER DE MÉDECIN EST BAFOUÉE ET MISE À MAL.

Quand les menaces accompagnent le respect du Serment : les médecins sont déchirés entre venir en aide aux malades ou se plier aux règles nationales.

Interdire l’hydroxychloroquine mais autoriser le Rivotril provoque l’incompréhension et l'indignation des médecins.

 

Didier Raoult avait raison ; il fallait laisser aux médecins leur droit fondamental de prescrire librement et aux patients leur droit fondamental de choisir comment être soigné. Nous devrions être libres de prendre nos décisions, en tant que médecins ou en tant que citoyens et citoyennes.

 

 

Partie 1  - Partie 2

Extrait du Chapitre 4 - partie 3

L’article 12-2 modifiée par le décret du 26 mars stipule en effet que : « La spécialité pharmaceutique PLAQUENIL©, dans le respect des indications de son autorisation de mise sur le marché, et les préparations à base d'hydroxychloroquine ne peuvent être dispensées par les pharmacies d'officine que dans le cadre d'une prescription initiale émanant exclusivement de spécialistes en rhumatologie, médecine interne, dermatologie, néphrologie, neurologie ou pédiatrie ou dans le cadre d'un renouvellement de prescription émanant de tout médecin28. » La décision du ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran est motivée par les recommandations du Haut Conseil de la santé publique qui ne préconise l’usage de l’hydroxychloroquine que pour les cas graves, et si aucune autre molécule à effet antiviral n'est disponible[1]. En effet, il est stipulé que « En présence de signes de gravité, un traitement peut être envisagé : utilisation dans ce contexte d’une molécule à effet antiviral attendu (association fixe Lopinavir Ritonavir, voire le Remdesivir dans les cas les plus sévères) ou, à défaut de l’hydroxychloroquine[2]. » Pour les autres cas, il est recommandé de ne rien prescrire de particulier.

 

C’est ainsi que toutes les dispositions juridiques qui étaient valables auparavant concernant la prescription des médicaments et « la faculté pour le médecin, en vertu de sa liberté de prescription encadrée mais réelle, de sortir du cadre stricto sensu de l’AMM, même en l’absence de RTU sont écartés grâce à la capacité conférée au gouvernement par la loi ayant déclaré l’état d’urgence sanitaire »[3]. De ce fait, à l’heure actuelle la responsabilité à la fois « professionnelle (civile, pénale et disciplinaire) » des médecins de ville prescrivant l’hydroxychloroquine pour des malades du Covid-19 est très clairement engagée.

 

Évidemment cette décision a suscité de vives réactions, tant dans la sphère médicale que politique. Martine Wonner, ex-députée LREM (La République en Marche), affirme : « Il y a un effet réel de cette association entre l'hydroxychloroquine et l'azithromycine quand le médecin prend toutes les précautions de l'évaluation d'une éventuelle pathologie cardiaque sous-jacente, car l'hydroxychloroquine peut très occasionnellement entraîner des troubles cardiaques. C'est une erreur de ne pas le proposer aux personnes positives[4]. » Marine Le Pen s’est indignée sur Twitter en postant le 12 avril : « Rien n’obligeait le gouvernement à prendre un décret pour interdire aux médecins de pouvoir prescrire l'hydroxychloroquine ! C'est un choix que je considère erroné. Faisons confiance aux médecins de ville[5]! » Le Docteur Maudrux s’est lui aussi offusqué de cette décision, qui « bafoue la liberté de prescription »[6].

 

En outre, en réaction à ces décrets, des médecins ont décidé de se réunir afin de protester pour que soit rétablie la liberté de prescription des médecins libéraux. Violaine Guérin fondatrice, avec d’autres, de ce collectif raconte : « C’est un mouvement qui s’est créé de façon extrêmement spontanée, suite aux décrets successifs qui ont été publiés et qui ont fini par restreindre totalement la liberté de prescription des médecins libéraux ; ces décrets n‘ont pas touché les médecins hospitaliers. Ça a été un choc, je pense que cela a créé beaucoup d'émotion parce que c'est la première fois, dans l'histoire de la médecine en France, que l’on s’attaque à cela[7]. »

Ce collectif est aussi à l’origine de procédures juridiques visant à abolir ces décrets. En effet un « un référé-suspension devant le Conseil d’État de l’article 12-2 du décret 2020-337 du 26 mars 2020 »[8] a été rédigé et défendu par les membres de l’association. Dans ce même communiqué de presse les médecins s’offusquent de cette décision, et considèrent que cette limitation portée à l’interdiction de prescrire « méconnaît gravement » les éventuels intérêts de l’hydroxychloroquine tout en « violant » des « dispositions du code de la santé publique » pour des situations de crise sanitaire[9].

 

Par ailleurs, en Italie est né un mouvement similaire à celui initié par les médecins français, intitulé « Terapia Domiciliare Covid ». Créé par l’avocat italien Erich Grimaldi, ce mouvement souhaite que les médecins libéraux puissent aller soigner directement les malades chez eux, et qu’ils puissent prescrire librement[10]. Il rassemble plus de 20 000 membres. Ce mouvement fait suite à l’appel représentant de très nombreux médecins italiens[11]. Toutefois, la problématique est assez différente à la situation en France car les Italiens ont eu, à un certain moment, le droit de prescrire. En Suisse la molécule est aussi réservée aux milieux hospitaliers, comme le déplore Jean Dominique Michel sur son blog[12].

 

Mais nombre de médecins ne sont pas contentés d’exprimer leur mécontentement. Faisant fi des recommandations et des obligations gouvernementales, ces médecins ont tout de même décidé de prescrire. C’est le cas du collectif « Laissons les médecins prescrire », qui a mené une étude rétrospective sur 88 sujets en mêlant trois approches thérapeutiques[13]. Il a mis en avant l’intérêt de la prescription de l’azithromycine seule et de l’association azithromycine-hydroxychloroquine. En effet, le collectif rappelle dans le rapport d’étude publié le 30 avril, que le triptyque gouvernemental n’est aucunement suffisant. Il ne suffit pas de « PROTÉGER – TESTER – ISOLER », il est aussi urgent de « TRAITER ». En somme, il faut appliquer la « méthode Raoult » qui repose, justement sur ces quatre étapes.  Pourquoi une telle atteinte à la liberté de prescriptions, alors que les données de pharmacovigilance[14] demandée par l’ex députée LREM Martine Wonner ne permettent pas de conclure sur la dangerosité de l’hydroxychloroquine ? Le rapport indique en effet que le 30 mars Martine Wonner a demandé officiellement les données de pharmacovigilance du Plaquenil au directeur général de l’ANSM, Dominique Martin et à Christelle Carbonnell, sa directrice adjointe. Les résultats de cette demande sont inclus dans le rapport[15].

 

Les médecins de cette association tiennent à rappeler quelques règles de bon sens, notamment le fait que l’usage de cette molécule doit évidemment être correct, en prenant en compte tous les risques et bénéfices et en respectant les contre-indications. L’accent est également porté sur l’importance d’écarter toute automédication[16]. Il règne donc une forte incompréhension car « Les médecins de terrain connaissent parfaitement cette molécule utilisée depuis de nombreuses années dans le traitement de certaines [maladies][17]. » Toutefois, le rapport met en évidence le regret des médecins de ne pas pouvoir donner des résultats plus significatifs, ce qui aurait été le cas avec la programmation initiale. L’étude aurait dû être menée sur 1000 médecins Covid+[18], mais le collectif n’a pas pu poursuivre l’étude en raison du décret limitant la liberté de prescription de l’hydroxychloroquine[19].

Fin de l'extrait

Pour en savoir plus sur le livre.

Il est possible consulter le site Internet qui présente l’ouvrage :

https://www.enquetecovid.com/

[1] « Encadrement des prescriptions du traitement à la #chloroquine du Pr Raoult, un scandale d’état ? », France, Caducee, 26 mars 2020.

[2] « Coronavirus SARS-CoV-2 : recommandations thérapeutiques », France, Haut Conseil de la santé publique, 24 mars 2020.

[3] BALOUP L., « Covid-19, hydroxychloroquine et prescription hors AMM », France, Lucas Baloup Avocats à la Cour de Paris, 14 avril 2020.

[4] « Parole de députés confinés : Martine WONNER », France, LCP Assemblée nationale, 17 avril 2020.

[5] LEPEN M., [@MLP_officiel] « Rien n’obligeait le gouvernement à prendre un décret pour interdire aux médecins de pouvoir prescrire l'#hydroxychloroquine ! » [Tweet], Twitter, 12 avril 2020.

[6] « Encadrement des prescriptions du traitement à la #chloroquine du Pr Raoult, un scandale d’état ? », France, Caducee, 26 mars 2020.

[7] COURTOIS G. et PULLIAT M., « "Laissons les médecins prescrire" : la résistance des médecins libéraux s’organise », France, FranceSoir, 20 mai 2020.

[8] « UN RÉFÉRÉ DEVANT LE CONSEIL D’ÉTAT », France, Laissons les médecins prescrire, 11 avril 2020.

[9] Ibid.

[10] « Lazio, ok clorochina da medici familia », Italie, ANSA, 8 mai 2020.

[11]  « Covid-19 e prescrizione farmaci, vittoria dell’avvocato Grimaldi », Italie, Quotidiano Napoli, 7 mai 2020.

[12] MICHEL J-D., « Laissons les médecins-généralistes prescrire l’hydroxychloroquine ! », Anthropo-logiques, 30 mars 2020.

[13] GUERIN V., & al., « Étude rétrospective chez 88 sujets avec 3 approches thérapeutiques différentes », France, Laissons les médecins prescrire, 30 avril 2020.

[14] Voir l’explication donnée par le Rapport d’étude sur la pharmacovigilance : rapport d’étude page 36.

[15] Ibid.

[16] Ibid.

[17] Ibid.

[18] Ibid.

[19] COULOMB D., « Étude à l'appui, un collectif de médecins plaide pour la liberté de prescrire en ville l'hydroxychloroquine contre Covid-19 », France, Le Quotidien du Médecin, 30 avril 2020.

 

Auteur(s): FranceSoir


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