Efficacité des mesures, un point de vue factuel? Des différences régionales importantes.

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Efficacité des mesures, un point de vue factuel? Des différences régionales importantes.

Publié le 18/05/2020 à 09:14 - Mise à jour à 11:23
Tumisu de Pixabay
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Auteur(s): FranceSoir

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ANALYSE : Le gouvernement et les experts ont cafouillé et tergiversé tant dans les éléments de langage que dans les décisions prises, mais aussi dans les actions qui en découlent. La polémique sur les masques, le dépistage, le confinement n’a pas fini d’alimenter les conversations. Les pays ont apporté des réponses différentes à la gestion de la crise en cours.  La France n’est pas la meilleure élève, ayant tout d’abord tardée à reconnaitre le caractère dangereux du virus.  Le temps n’est pas à la comparaison cependant, un regard factuel permet de mieux appréhender les débats qui continuent à courir en France sur les diverses mesures liées aux raisons du confinement et aux mesures à prendre en ce déconfinement.

Un cardiologue qui était aux Seychelles pendant la crise nous relatait les mesures de détection qu’il avait vécu dans ce pays en y arrivant en février : prise de température à l’arrivée puis, plus tard encore pendant le séjour.  Voyant la crise se développer il décidait d’écourter son voyage et rentrait donc en France le 23 mars. A son arrivée à l’aéroport, aucun geste de distanciation physique, pas de mesure de détection.  Ses questions légitimes :

Comment se fait-il qu’un petit pays comme Les Seychelles avec un système médical reconnu moins performant que le nôtre arrive à mettre en place dès février des mesures de « bon sens » ?

Beaucoup d’experts sont passés sur les plateaux télés exprimant que les masques, puis les tests, n’étaient pas importants.  Le temps de leur intervention étant toujours compté, il  était délicat de poser la question : Quelle base factuelle utilisez-vous pour mentionner ces éléments.  Le professeur Raoult, plus connu pour sa bithérapie, a eu du mal à se faire entendre sur le dépistage et son importance. L’hypothèse est que le dépistage massif et précoce, associé aux traitements AZ + HCQ, fonctionne.  Cependant, plusieurs études récentes montreraient que HCQ ne fonctionnerait pas sans se prononcer sur la bithérapie  Le 15 mai encore, nous écrivions à ce sujet en émettant des réserves sur l’interprétation des résultats des études.

De son confinement, un français, passionné d’information faisait un travail de collecte de données sur les sujets des tests et des traitements. Il partageait son travail avec des journalistes, des personnalités politiques sans aucun retour, bien sûr il n’est pas du sérail. Sauf une personnalité, médecin, ancien ministre qui fut interpellé par l’approche de ce citoyen et un média collaboratif. Après validation des données, nous vous présentons ici l’analyse et l’impact du dépistage massif sans appel ainsi que les faits liés au traitement.

Le dépistage – 4 fois plus de tests PCR dans les Bouches-du-Rhône que dans la France entière : 2,6 fois plus de tests PCR par million d’habitants en région PACA que dans le reste de la France. 

Dans le graphe, on peut voir l’évolution des tests PCR par million d’habitants dans le département 13, les régions PACA, ARA, IDF et pour la France entière.  Les tests ont été rapportés au nombre d’habitants dans chaque unité régionale afin de pouvoir les comparer. En PACA, l’évolution des tests a été massive entre le 22 mars et le 14 mai. 42793 tests par million d’habitants alors que pour la France il n’y en a que 9795 /million d’habitants. Afin d’asseoir l’analyse, elle a été conduite à 3 dates différentes.  On peut observer qu’au début du confinement, PACA faisait déjà plus de test (565/million d’hab) que la France (317) et qu’il y a eu une accélération par la suite.

A toutes les périodes, le département 13 et la région PACA ont des pratiques de tests PCR/dépistages plus systématiques.  Le département 13 a pratiqué plus de tests qu'en Allemagne.

Taux de mortalité par million d’habitants : le taux en région PACA significativement inférieur à la moyenne nationale

Même si les taux de mortalité restent généralement bas, en PACA ce taux de 163 décès par million d’habitants est inférieur à la moyenne nationale de 265, ou même à l’île de France 543.
Un phénomène est à remarquer : dans les Bouches-du-Rhône, le taux de mortalité est supérieur.  Une hypothèse est liée au fait que l’IHU a attiré des patients pour se faire tester et la densité d’hôpitaux dans le département 13 est supérieure à celui de la région PACA.

 

Taux de mortalité par tranches d'âge

Quand on descend au niveau de l’âge, on observe que le taux de mortalité général est significativement inférieur en PACA 14.8% par rapport à l’Ile-de-France 22.2% au 16 mai 2020.  De plus le taux de décès chez les plus de 69 ans est inférieur à celui de l’Ile-de-France pour toutes les périodes. 

Le dépistage permet d'identifier et de traiter plus rapidement ce qui entraine un taux de mortalité inférieur.

 

Comparaison des taux de mortalité par région et traitements avec ceux de l'Allemagne

Au 16 mai 2020, le taux de mortalité national est de 21.6% (ratio décès sur testés positifs). Pour pouvoir comparer avec les approches de traitements, nous avons ajouté le taux de mortalité hors ephad 16.4% (France hors Ephad).  Ce taux est de 14.3% dans les Bouches du Rhône, tous hôpitaux confondus (APHM et IHU).  Il est plus faible que la moyenne nationale de manière significative.

Quand on regarde maintenant les traitements utilisés et ici les données sont au niveau de la ville de Marseille. Le taux de mortalité, toute personne positive, tous hôpitaux confondus, est de 3.1%.  Ce taux passe à 8.6% pour les personnes n’ayant pas reçu le traitement HCQ et AZ. Ce qu’il y a d’intéressant à noter c’est que ce taux est de 0.5% pour les patients ayant reçu le traitement HCQ et AZ.

Pour mémoire le taux de mortalité en Allemagne est de 4.5%. 

A Marseille, le taux de mortalité est inférieur à celui de l’Allemagne, probablement car le dépistage massif et le traitement donné tôt à un effet ESSENTIEL.

 

En conclusion

Pour conclure, nous avons calculé un indicateur permettant d'évaluer et de comparer les mesures : cet indicateur est le ratio « taux de mortalité/léthalité » par rapport au « taux de mortalité/léthalité France hors ephad ».  Nous avons utilisé le taux de mortalité hors ephad car celui-ci est inférieur au taux de mortalité national et nous cherchons avant tout à montrer les relativités qui permettent de comprendre les forces en présences.

En Allemagne, le taux de mortalité est 4 fois moins important qu’en France (27%).

A Marseille avec le protocole HCQ+AZ et le dépistage, le taux est 30 fois moins important que sur la France entière. 

Corriger l'analyse du biais lié à la politique des tests à Marseille est délicat, en cherchant le facteur correctif des personnes positives à Marseille sans HCQ et AZ (ramener les 8.63% au 16.4% national hors Ephad), on trouve un facteur correctif de 1.9.  En utilisant ce facteur correctif sur les personnes positives et traitées (0.52% *1.9) = 0.98%.  Le ratio devient donc 15 au lieu de 30.  Ce qui est tout de même très important.     

Pour les personnes des Bouches du Rhône, tous hôpitaux et tous traitements confondus, le ratio par rapport à la France entière et de 87%. Pour les personnes non traitées au HCQ et AZ ce taux est de 53%, sûrement dû au dépistage massif qui permet d’identifier et d’isoler les patients. Ces différences sont significatives mais peuvent être expliquées principalement par la politique de dépistage (dénominateur).

Il est donc raisonnable de conclure que

Le large dépistage conduit dans les Bouches du Rhône permet de mettre les personnes positives sous traitement plus rapidement.  Cela les rend ainsi moins contagieuses, pour se traduire en conséquence par une diminution du taux de mortalité chez les personnes hospitalisées.

 

 

Note : Le terme taux de mortalité est utilisé ici même s'il n'est pas rapporté à la population totale locale.  En effet il y a eu d'important flux migratoires, d'une région à l'autre juste avant le confinement, estimés à 12% des résidents parisiens et 6% des Francais par un sondage IFOP.    

Auteur(s): FranceSoir


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