De plus en plus de morts en France, et ce n'est pas fini (DOCUMENT)

De plus en plus de morts en France, et ce n'est pas fini (DOCUMENT)

Publié le :

Jeudi 10 Mars 2016 - 12:04

Mise à jour :

Jeudi 10 Mars 2016 - 12:11
©Régis Duvignau/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'année 2015 a été marquée par une forte hausse (+7%) de la mortalité en France. La faute conjuguée d'une forte épidémie de grippe et de la canicule qui ont sévit l'an passé? Pas du tout, à en croire une étude de l'Ined, qui annonce une tendance de fond car la génération très nombreuse du baby-boom arrive " aux âges où l’on meurt".

La génération du '"baby-boom" est arrivée au bout du chemin. C'est pourquoi "le nombre de décès va augmenter en France dans les prochaines années", annonce une étude publiée mercredi 9 par deux chercheurs de l'Institut national d'études démographiques (Ined).

Une prévision à laquelle les faits donnent déjà raison: avec 587.000 décès en 2015, la mortalité a connu une augmentation record de 7% par rapport à 2014. Elle a ainsi atteint un niveau comparable à celui des très meurtrières épidémies de grippe de 1962 et 1969 et qui n'avait plus été atteint depuis un demi-siècle. Un fait en soi remarquable mais qui marque également la fin d'une relative période de stabilité, autour de 550.000 morts par an, qui aura duré près de 70 ans, entre 1946 et 2014. "C’est étonnant car au cours de la même période, la population a augmenté de plus de moitié et elle a vieilli", commente Gilles Pison, coauteur de l’article et professeur au Muséum national d’histoire naturelle.

Mais, ce pic en 2015 ne pourrait-il être qu'un événement exceptionnel lors d'une année marquée par, à la fois, une forte épidémie de grippe et une canicule? Pas à en croire les auteurs de l'étude, qui y voient le début d'une tendance de fond. "Les générations nombreuses nées pendant le baby-boom, entre 1946 et 1973, arrivent à leur tour aux âges où l’on meurt", expliquent-ils, désignant ainsi la cause principale de l'excès de mortalité annoncé.  

Ils avancent même le chiffre de 770.000 décès par an en France aux alentours de 2050. Mais celui-ci n'est toutefois pas une nouveauté puisqu'il corrobore les grandes lignes des courbes de prévisions déjà publiées par l'Insee en 2003 et 2010.

(Lire ci-dessous l'étude de Gilles Pison et Laurent Toulemon parue dans Population et Sociétés n°531, Ined, mars 2016)

 

Les auteurs de l'étude annoncent qu'il y aura 770.000 décès par an en France aux alentours de 2050.


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