Education: les bons et mauvais points de la France

Education: les bons et mauvais points de la France

Publié le :

Mardi 24 Novembre 2015 - 15:48

Mise à jour :

Mardi 24 Novembre 2015 - 16:20
Selon un rapport de l'OCDE paru ce mardi, pour ce qui est de son éducation, la France oscille entre "Bien" et "Peut mieux faire". Si elle est bien lotie niveau maternelles, attractivité à l'étranger ou encore étude des fondamentaux, elle reste à la traîne en matière d'apprentissage, salaires de ses enseignants et dépenses de l'Education nationale.
©Académie Toulouse/Flickr
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Niveau éducation, la France oscille entre "Bien" et "Peut mieux faire". Tel est le bilan de la note de la France du rapport "Regards sur l'Education 2015" réalisé par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) paru ce mardi 24. Parmi les points positifs, notre école maternelle, très plébiscitée, l'apprentissage approfondi des fondamentaux, l'augmentation du niveau de formation et l'attractivité du pays pour les étudiants étrangers. Les points négatifs visent quant à eux le nombre de jours de classe, inférieur à ceux des autres pays de l'OCDE, les diplômes d'université qui rapportent moins qu'ailleurs, les dépenses d'éducation inferieures à la moyenne ou encore le bas salaire des enseignants.

En France, l'école maternelle est bien faite, félicite le rapport. Car tout comme en Belgique, au Danemark, en Espagne, en Islande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, 95% des 3-4 ans y vont, contre 74% pour la moyenne des pays de l'OCDE. Cette scolarisation "précoce" est notamment bénéfique pour les enfants issus de l'immigration, notent les auteurs du document.

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, la France fait partie des pays qui consacrent le plus d'heures de cours du primaire à l'apprentissage des fondamentaux. Ainsi, 37 % du temps d’instruction est consacré à "la lecture, l’expression écrite et la littérature" (contre 22 % en moyenne dans l’OCDE) et 21 % aux mathématiques (contre 15 % ailleurs). L’écart s'amoindrit en revanche au collège où 46 % du temps d’instruction obligatoire est consacré au français, aux mathématiques et aux langues étrangères en France, contre 39 % en moyenne chez nos voisins.

Autre bon point pour nous: "la France a comblé le retard qu'elle avait sur un grand nombre de pays de l'OCDE concernant le niveau de formation de sa population". Ainsi, aujourd'hui 44% des jeunes de 25 à 34 ans sont diplômés du supérieur (contre 41% pour la moyenne de l'OCDE), alors qu'ils n'est que 20% chez les 55-64 ans (contre 25% pour la moyenne OCDE). Le succès des cycles courts –IUT et STS en tête– y est pour beaucoup. Ils représentent 40% de nos diplômés du supérieur, contre 17% dans le reste de l’OCDE. 

Dernier point positif et pas des moindres: la France attire largement les étudiants étrangers. Avec 6% d'étudiants qui la choisissent pour poursuivre leurs études, elle arrive en troisième place, à égalité avec l'Australie, derrière le Royaume-Uni (10%) et les Etats-Unis (19%).

Malgré tout, de nombreux points restent encore à améliorer, note le rapport. Le premier concerne le nombre moyen de jours d'école par an, "le plus bas de tous les pays de l'OCDE". Et ce, en dépit de la réforme des rythmes scolaires. Ainsi, du fait de leurs vacances scolaires et de leurs semaines de 4,5 jours, les élèves français vont à l'école 162 jours par an, contre 185 jours en moyenne pour les autres écoliers des pays de l'OCDE. "On continue malgré tout à interroger (sur) les nouveaux rythmes (4,5 jours contre 4 jours avant, NDLR), la fatigue qu’ils induisent… Manifestement, on se trompe de débat", remarque Eric Charbonnier, expert à l’OCDE en charge des questions éducatives.

Malgré tout, force est de constater que si la France est le pays qui compte le plus petit nombre de jours de classe par an, il est aussi l'un de ceux qui totalise le plus d'heures de cours, au primaire comme au collège. "En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le temps total d’instruction obligatoire par an s’établit à 804 heures dans l’enseignement primaire, contre 864 heures en France, et à 916 heures au collège (contre 991 heures en France)", indique le rapport qui critique également nos diplômes du supérieur.

Car si les titulaires d'un master gagnent en moyenne le double d'un titulaire du seul bac, le niveau de diplôme influe ici moins qu'ailleurs sur le salaire. Le manque de gain est particulièrement évident pour les titulaires d'une licence (bac +3). Par ailleurs, la France croule sous l'inactivité de ses jeunes hommes. Dans notre pays, le taux d'hommes de 15 à 29 ans qui ne travaillent pas, ou ne sont ni étudiant ni en formation est de 15,1% contre 13,2% pour l'OCDE. Ce taux grimpe même à plus de 18% pour les 20-24 ans.

Autre faiblesse de notre supérieur, les filières professionnelles françaises, où les jeunes poursuivent peu quand ils n'ont pas du mal à accéder à un poste qualifié. Car en France, les filières professionnelles sont bien plus mal vues qu'ailleurs. Ainsi, on remarque que le taux de chômage des bacheliers pro français est de 14% contre 12% pour celui des bacheliers généraux.

La France pèche aussi par rapport à ses dépenses d'éducation, bien inférieures à la moyenne. Tout niveau d'études confondues, le pays consacre 8,8% de ses dépenses publiques totales à l'Education, contre 11,6% pour la moyenne des pays de l'OCDE.

Enfin, les enseignants français, quelque soit le niveau auquel ils enseignent, gagnent moins que la moyenne des enseignants de l'OCDE. Sans surprise, les professeurs de primaire sont les plus mal lotis, avec un salaire inférieur de 11,5% à la moyenne. 

 

Au primaire, les élèves français sont ceux qui ont le moins de jours de cours de l'OCDE. (Image d'illustration).


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