L'addiction au porno n'existe pas

L'addiction au porno n'existe pas

Publié le :

Dimanche 28 Juin 2015 - 14:40

Mise à jour :

Dimanche 28 Juin 2015 - 15:19
Selon deux neuroscientifiques américains, il n’est "pas approprié d'appeler le porno une addiction dans une perspective scientifique". Il s'agit d'un autre type de problème.
©Thomas R. Koll/Flickr
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L’addiction au porno en tant que telle n’existe pas. C’est en tout cas ce qu’assure une étude réalisée par les neuroscientifiques américains Nicole Prause et Vaughn Steele récemment parue dans la revue Biological Psychology.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont suivi 122 hommes et femmes dont la moitié se disant addicts au porno ou/et aux photographies érotiques. Les chercheurs ont enregistré leur activité cérébrale en s’intéressant à leur "potentiel évoqué", soit la modification du potentiel électrique produite par le système nerveux en réponse à une stimulation externe. Cette mesure prise au niveau du cuir chevelu est censée s’accroître quand un sujet se concentre très fort.

Or, alors qu’ils regardaient des images sexuellement explicites, les participants qui s’identifiaient eux-mêmes comme addicts au porno affichaient un niveau plus bas. Ainsi, cette étude "fournit clairement la preuve que le porno ne constitue pas une addiction comme les autres", explique Nicole Prause au Medical Daily.

Ceux qui se décrivent comme des "addicts au porno" peuvent avoir des problèmes légitimes résultants de leurs habitudes de vie mais, neurologiquement parlant, ils n’ont pas la même relation à la pronographie qu’un addict à une drogue, par exemple. L’obsession du sexe ou du porno ne peut donc pas être traitée de la même manière. En conclusion, il n’est "pas approprié d'appeler le porno une addiction dans une perspective scientifique",  poursuit Nicole Prause.

Mais ces travaux risquent de ne pas plaire à tout le monde. Surtout pas à ceux "qui cherchent à ce que l’addiction au porno devienne un diagnostic médical officiel", note The Daily Best, ainsi qu'aux "thérapeutes qui traitent le porno en suivant le schéma de l’adiction", ou encore "à certains groupes religieux dont l'intérêt est que ce concept continue d'exister", explique le journal.

"La dernière fois que les neuroscientifiques Nicole Prause et Vaughn Steele ont publié un article sur l'addiction au porno, ils ont reçu six menaces d'actions en justice, plusieurs demandes de rétractation et des emails anonymes leur suggérant de se suicider", rappelle-t-il d’ailleurs.

"Beaucoup de gens ont mal compris nos recherches, pensant que nous disons que les gens font semblant d’avoir ces problèmes (…) Mais nous n’avons jamais prétendu ça", justifie alors Nicole Prause afin de prévenir d’éventuelles critiques (ou de nouvelles menaces).

Jusqu’ici, le terme"d’addiction" sexuelle ou pornographique a toujours été refusé par l’American Psychiatric Association (APA), fautes de preuves suffisantes.

 

Selon certains scientifiques, l'addiction au porno en tant que telle n'existerait pas.


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