90 000 soutiens pour le Collectif Santé en Danger. La résistance des soignants s’organise

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90 000 soutiens pour le Collectif Santé en Danger. La résistance des soignants s’organise

Publié le 14/08/2020 à 17:23 - Mise à jour à 17:25
Crédit photo : La Voix du Nord
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Auteur(s): FranceSoir

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Crée le 27 juillet par le médecin Arnaud Chiche, le Collectif Santé en Danger revendique 90 000 soutiens de tous horizons des milieux de la santé du secteur public et privé, mais aussi un grand nombre de leaders d’opinion.  Tout cela en 15 jours seulement. En plein milieu du mois d’août, leur objectif est de faire bouger les lignes car « la santé des Français ne part pas en vacances et qu’il y a urgence à agir ».  « Une urgence pas toujours partagée par les instances qui nous gouvernent ».

Arnaud Chiche est médecin anesthésiste réanimateur et réanimateur médical, et il assure la permanence des soins en prenant des gardes de nuit et de week-ends aux urgences et au SMUR. Il est donc en première ligne avec les patients. Ses actes peuvent être décisifs devant la vie ou la mort d’un patient, bien loin des médecins des plateaux télévisés. Il est sorti de l’anonymat devant les inepties qu’il a pu observer.

« La santé est en réanimation » nous dit-il.

 

A l’annonce des conclusions du Ségur de la santé, c’est le choc !

En amont, et durant la crise de la Covid-19, en coopération avec d’autres médecins et sa direction, Arnaud a réussi à mobiliser de nouveaux effectifs. Il s’est organisé avec ses équipes pour assurer le parcours de soins des patients. Ils en ont « bavé », comme tout le monde et se sont investis sans fléchir. A cette occasion, il a aussi été le témoin du courage incroyable des soignants.

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Les conclusions du Ségur de la santé annoncées et une seconde vague de crise Covid-19 se profilant, Arnaud Chiche crée le collectif Santé en Danger pour répondre au fait que le focus n’est pas total, des corps de métier ont été exclus, les revendications non satisfaites et un protocole signé par les syndicats.

 « C’est un premier faux pas ! Et, la covid-19 va continuer à s’acharner pendant des années. Nous allons tous craquer ! » dit Arnaud Chiche, remonté contre le nombre de revendications non satisfaites.

Le collectif n’a que deux objectifs :

  • Regrouper tous les professionnels de la santé pour porter leurs revendications, leur offrir de la visibilité, les défendre et protéger tout patient.
  • Obtenir un Ségur 2, au mois d’août, dès la rentrée, au plus tard.

Un groupe Facebook leur sert de support.  Chaque jour, ce nombre croît. Il comprend des professionnels de santé - nos soignants (tout corps de métier, du public, comme du privé) - ainsi que les présidents de 17 associations et collectifs, 12 syndicats, 10 députés, sénateurs, conseillers.

La réaction d’Arnaud Chiche est à la hauteur des enjeux du métier qu’il pratique depuis bientôt 15 ans en tant que médecin anesthésiste réanimateur et réanimateur médical « Les choix sont binaires » dit-il.  

« Je sais ou je ne sais pas, quand je sais je fais quand je ne sais pas je demande conseil »

Quand par exemple je dois faire administrer une dose d’antibiotiques a un patient, si je ne connais pas la dose, je me renseigne auprès d’un ou deux collègues.

Pourquoi le gouvernement ne fait-il pas la même chose ?

Et, il rajoute : « mon combat n’est pas politique, mais il est vraiment dans l’intérêt des patients avant tout pour que l’histoire que l’on vient de vivre ne se répète pas ».  Je suis sorti de l’anonymat afin de fédérer tous les acteurs du milieu médical et que ceux-ci soient entendus lors d’un second Ségur.

Il y a urgence à agir, la santé ne s’arrête pas en plein milieu du mois d’août. J’attends une réponse rapide du gouvernement à nos demandes qui sont des plus légitimes alors que l’on nous annonce une seconde vague de virus.

 

La santé n’a pas de vacances et n’attend pas

Le collectif Santé en Danger a porté son action à l’attention du gouvernement cependant la réponse n’a pas été encore à la hauteur des attentes et des besoins dictés par la situation. Mais, c’est le 15 août en pleine période estivale.

« Arrêtons d’être naïf. Est-ce que le Covid regarde Google Agenda quand il décide de frapper ?

Pourquoi le gouvernement attendrait après le 15 aout, c'est les vacances sénatoriales, législatives et du gouvernement ?  Est-ce que le soignant qui est fatigué, se dit le 15 août, ce n’est pas grave si je suis fatigué.  En réalité, le soignant n’a pas le droit d'être fatigué le 15 août ou à un autre moment. »

« Je suis au chevet de la santé et le monde de la santé est en réanimation. 

Quand on est dans la chambre d'un patient en réanimation, on ne sort de la chambre que quand ce dernier est stabilisé.  Si on doit rester dans la chambre pendant 24h on le fait. »

Hier le collectif a donné 48 heures au gouvernement pour le recevoir ou en tout cas organiser une entrevue même si elle est informelle parce que le temps presse pour la santé des patients, celle des familles, des enfants.

 

Des lits d’hôpitaux qui manquent en pleine canicule

C’est une période de canicule et que les lits d’hôpitaux viennent à manquer, en général quelques jours après les pics de chaleur. Arnaud nous dit avoir appelé hier Patrick Goldstein, du Samu 59 pour lui demander de l’aide car en gériatrie, il n’y a plus de place pour les personnes âgées.

Ce sont les conséquences du confinement, car les maladies chroniques ont été très déstabilisées. Et on ne le ressent que maintenant.  Il y a toutes ces pathologies comme l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance respiratoire, le diabète, qui souffrent de la canicule.  On a créé un décalage de 3 à 4 mois avec le confinement.

« En 2020, le système de santé ne devrait pas représenter un morceau de pain, sur lequel chacun se jette pour en avoir une miette » nous dit Virginie Huzinger responsable des relations presses du collectif

En nous aidant, vous aiderez les patients.

 

 

A propos du Collectif Santé en Danger  

« Santé en Danger » est un collectif apolitique et non syndiqué qui regroupe tous les professionnels de santé de terrain, désireux de faire évoluer le système de santé pour en faire une priorité nationale.

Le collectif est né sous l’impulsion d’un médecin anesthésiste réanimateur le Dr Arnaud Chiche, entouré d’une équipe pluri professionnelle du monde de la santé, déçue par les propositions du Ségur et ambitionnant davantage pour les professionnels et les patients.

Ce collectif efface les barrières historiques public - privé - libéral pour être une force de proposition rassemblée, organisée et opérationnelle.

Le Collectif demande :

1. Une réouverture rapide des négociations du Ségur et son élargissement aux professions non représentées

2. La prise en compte de toutes les revendications

3. Une présence aux échanges pour participer à la construction du système de santé pour :

• Une meilleure prise en compte des réalités de terrain

• Une meilleure reconnaissance et valorisation de toutes les professions de santé

• Une prise en compte uniforme de la pénibilité de la permanence des soins, hospitalière et de ville

 

A propos d’Arnaud Chiche

Arnaud est médecin anesthésiste-réanimateur et a des compétences en infectiologie ; 44 ans et trois enfants. Il a travaillé en réanimation au centre hospitalier de Tourcoing avant de rejoindre la polyclinique d’Hénin- Beaumont (Groupe ANHAC, Pas-de-Calais).

Actuellement, il occupe également d’autres fonctions de responsabilités institutionnelles : référent infectieux, coordonnateur de la gestion des risques, référent sécurité médicamenteuse. Il a même créé un groupe appelé CLeanic, chargé du développement durable de la clinique où il travaille. Il est à noter qu’il effectue toujours des gardes en SMUR et aux Urgences du centre hospitalier de Tourcoing pour l’hôpital public. A cette occasion, il intervient fréquemment dans les EHPAD auprès des patients âgés.

https://collectif-sed.org/

 

 

Auteur(s): FranceSoir


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